‹ Le pâturage en forêtChapitre 55 sur 89 · PAGE 1) ME · texte numérisé non relu

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ries et souffre toujours de la faim en rentrant au bercail. Dans l'intérêt de l’agriculture et de la sylviculture, mai doit ouvrir l’enforestation, octobre doit la clore. A ce moment, en effet, le gazon

flétri par les premières gelées printanières a perdu toute sa valeur

nutritive; les feuilles, en tombant, couvrent le brin d'herbe, et les semences des arbres forestiers, se détachant de leur support, viennent en contact avec le sol et germent à l’envi. Le pasteur a usé pendant six mois de la forêt; celle-ci a besoin d’un repos d’égale durée, pour que les animaux fouisseurs el les annélides ameublissent et aèrent à nouveau le sol, pour que les glands et les faines puissent germer en paix dans les halliers encore debout; enfin, pour que le gibier à plume et à poil, chassé de la plaine par la suppression des récoltes et de l’abri, puisse trouver une paisible retraite dans les fourrés obscurs ou dans les vides parsemés de lierre.

Régions de basses montagnes. — Pour des motifs identiques,

l’enforestalion doit être comprise entre mai et septembre. Cest

une période de pâturage nécessaire et suffisante de cinq mois.

Régions de hautes montagnes. — Cette période s’abaisse à quatre

mois dans les hautes montagnes, de juin à septembre.

3° Nombre de têtes de bétail à admettre sur l’unité de surface.

La détermination du nombre de têtes de bétail à admettre sur l'unité de surface repose sur ce que les auteurs forestiers ont ap-

pelé la possibilité en herbe de la forét ; mais la question, épuisée en ce «

qui concerne le droit, resle entière en ce qui concerne le fait. Aussi,

en l'absence de tout renseignement, les agents forestiers se bor: M

nent-ils à limiler à deux bêtes par hectare l'introduction du bétail en forêt, quelles que soient les ressources herbagères offertes par

cette dernière. Sur quoi repose ce chiffre falidique ? Nous l'avons | vainement cherché. Il constitue une grave erreur. En effet, dans M

les plus grasses embouches liasiques du Charolais, les éleveurs ne

“mettent guère plus d’une bête et demie par hectare; dans les prairies colmatées de la Saône, donnant en vert près de 9,000 kilos, 4 les bouchers gardent une seule bête par hectare, du 1°" mars à la ” mi-novembre. La durée de l’engraissement élant de 270 jours en moyenne, on voit que la ration quotidienne du bétail en vert est de«

50 — 33 kilos, chiffre très voisin de ceux que nous avons in-

mé

diqués dans la troisième partie de notre étude. C’est encore une possibilité d’une bête par hectare qui est adoptée par les cultivateurs instruits de la vallée de la Saône, pour l’utilisation de la seconde herbe des prairies. Le bétail est mis au pré vers le 1° juillet; il en est retiré dans le courant de novembre, et l’on estime en moyenne à 15 fr. la valeur brute du pâälurage pendant ces 135 jours. En présence de ces faits absolument certains, à qui fera-t-on croire, désormais, que nos futaies et nos taillis sont susceptibles de fournir des ressources plus étendues en herbes que les meilleures prairies naturelles? Et quand l'administration forestière se trouve appelée, de par la loi, à trancher les différends qui s'élèvent entre usagers et propriétaires de bois, ces derniers n’auraient-ils pas le droit de se plaindre d’une appréciation vraiment par trop illogique des faits?

Pour fixer d’une facon ralionnelle la possibilité en herbe d’une forêt et, par suite, la quantité maxima de bétail à admettre au parcours, il n’y a pas d'autre méthode à suivre que celle indiquée dans la quatrième partie de cette étude, et il suffit de s’y reporter pour arriver à des conclusions fermes et pratiques.

: Nous avons montré notamment que, pour nourrir une vache de taille moyenne dans les conditions les plus ordinaires d’enforestation, il faut : |

des régions calcaires . 3 h. 40

Dans les taillis. — argileuses. 2 95 : — siliceuses . 1 73 por

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