‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 2 sur 331 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE SOCIÉTÉS DE SECOURS MUTUELS ; DES FORMES DIVERSES SOUS LESQUELLES ELLES SE PRÉSENTENT \

Sociétés admettant les individus de toute profession ; sociétés professionnelles. — Examen des considérations émises pour ou contre ces dernières. — Organisation spéciale des sociétés professionnelles de Strasbourg. — Intervention de l'idée religieuse dans les sociétés de secours mutuels. Part de chaque culte. — Religion catholique. — Culte protestant. — Religion juive. — Sociétés créées entre les ouvriers des usines. — Les caisses centrales d'assurances mutuelles pour les accidents de travail : les patrons, les ouvriers, les sociétés de secours mutuels. — Sociétés créées entre les agents d'un même service public; les membres d'un même établissement d'instruc- ,lion publique; les anciens militaires d'une même circonscription; les étrangers d'une même nationalité. — Sociétés de sapeurs-pompiers; de marins; de sauveteurs médaillés, etc.

Il existe deux classes bien distinctes de sociétés de secours mutuels : l'une comprend les sociétés qui admettent des indivi-

' L'étude des faits spontanément produits étant aussi intéressante et quelquefois non moins utile que celle des organisations dues à des impulsions méthodiques et coordonnées; la bienveillante direction qui a été imprimée dans ces derniers temps aux sociétés de secours mutuels, ayant dû d'ailleurs se fonder principalement sur l'examen des formes çà et là observées; restées ou non à l'écart du mouvement de régularisation, toutes les associations n'en étant pas moins des émanations du même princifie, on n'établira pas, dans les chapitres qui vont suivre, de catégories distinctes pour les sociétés privées et les sociétés approxivées, — Elles poursuivent toutes le même but ; elles doivent être étudiées ensemble, s'éclairant les unes par les autres.

2 On doit faire remarquer que les quatre premiers chapitres de cette quatrième partie II. i

Dl' PAIIPÉBISMK.

dus de toute profession; l'autre, celles qui n'admettent que les individus appartenant à la même profession. Dans les grandes villes, les seules où lesouvriers d'une même profession puissent se former en groupes séparés, le nombre des sociétés de la deuxième catégorie est, en général, plus considérable que celui des sociétés de la première. A Paris, on comptait, avant le décret de 4852, à peu près i sociétés professionnelles contre 3 qui admettaient les individus de toute profession. Sur 81 sociétés établies à Bordeaux, ville où l'industrie proprement dite n'a pris un véritable essor qu'assez récemment, une vingtaine sont professionnelles. A Lyon la fabrication des étoffes de soie a donné naissance à H sociétés composées soit de chefs d'ateliers exclusivement, soit d'ouvTiers à façon, soit des uns et des autres ; 60 autres professions ont aussi formé autant d'associations, n'admettant que des ouvTiers de la même industrie.

Les sociétés professionnelles ont rencontré longtemps des appréhensions qui sont loin d'être entièrement apaisées. Dans les années qui suivirent la Révolution française, on craignit, nous l'avons vu, que des sociétés ainsi composées ne parvinssent à renouer plus facilement que toutes les autres les traditions du passé, c'est-à-dire à reconstituer partiellement les corporations détruites. Nous avons mentionné la disposition prise à Paris vers 1806 et qui, portant le découragement parmi les ouvriers, exigea que les sociétés de secours mutuels fussent composées d'hommes de toutes sortes d'états. Le raffermissement de l'ordre de choses établi par la Révolution diminua progressivement les appréhensions conçues contre les sociétés professionnelles. Un grand nombre de règlements conservent cependant la trace de ces défiances ; on y trouve des articles où les sociétaires croient devoir protester que, « fidèles observateurs de la loi du 14 juin 1791, ils n'entendent nullement rappeler, former, ni représenter une corporation ; qu'ils ne s'occuperont jamais d'autres objets que du soulagement de leurs frères * . »

ont |irincipalcmcnl pour ohjel de Inircr une situation d'ensemble, et qu'on reviendra enhuile avec délails sur plusieurs des points énumi-rés.

« Quelques hoiitlés adruellanl des individus de toute profession, notamment celle de Gaunvc (Gironde), contiennent une déclaration analogue.

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