‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 229 sur 331 · PARTIE V, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

PARTIE V, CHAPITRE XV

produira quelques fruits que lorsque la plupart des associations le mettront réciproquement en pratique, non pas à la suite de correspondances, de demandes, de délibérations pour un cas isolé, ainsi que cela a lieu quelquefois, mais par l'adoption d'articles spéciaux dans leurs statuts. En ce qui concerne les sociétaires en voyage, M. Rivier disait déjà en 1830 :

« L'ouvrier qui se proposerait de s'absenter du lieu où réside sa société, se ferait délivrer par le président, sur son diplôme de sociétaire, un certificat constatant qu'il est en règle vis-à-vis de l'association. A son arrivée dans la ville où il voutb'ait séjourner, il présenterait cette pièce à la société qui comprend les ouvriers de l'industrie qu'il exerce. Pendant toute la durée de son séjour, il serait admis à verser dans la caisse de cette société ses cotisations mutuelles; il rece^Tait en échange les secours dont il aurait besoin. A son départ, la société qui l'aurait accueilli enverrait à la première le compte des sommes reçues de l'ouvrier, des dépenses faites pour lui, et l'on se tiendrait respectivement compte de la différence. Par les mêmes moyens, tout sociétaire malade, surpris par la maladie ou îe besoin, pourrait s'adresser à la société du lieu où il se trouverait, et en recevoir l'assistance qui lui serait nécessaire. »

Telle est encore aujourd'hui la voie à suivre '. L'entente est ici si aisée à établir, elle soulève si peu de difficultés réelles, que nous ne comprendrions pas qu'elle n'intervînt pas et que des soins médicaux et de la subvention aux funérailles, le mutuclliste voyageur ne fût pas assuré des avantages que son affiliation régulière lui eut garantis s'il ne s'était pas déplacé ^. L'innocuité des relations si anciennes existant entre les sociétés de compagnonnage, indique que nul n'aurait rien à craindre des rapports à établir entre les sociétés mutuelles.

Dans cette question comme dans toutes, il y a bien les desiderata ; il y a bien, par exemple, le vœu déjà exprimé par plusieurs sociétés de faire retrouver au sociétaire qui a changé de résidence les droits qu'il avait, dans l'ancienne association, à la pension de retraite ^, mais n'y aurait-il pas quelque inconvé-

' Le diplôme réglementaire des sociétés approuvées pourrait ici recevoir un trèsutile emploi.

2 Plusieurs sociétés veillent directement sur leurs membres voyageurs. La Société de l'Union philanthropo-typographique de Paris envoie l'indemnité de maladie, sur la transmission d'un certificat médical légalisé. La Société de Guttemberg, si l'absence ne se prolonge pas plus d'une année, paie la subvention même à l'étranger.

•* Sauf entente avec cette dernière pour qu'elle contribue à la pension dans la proportion du temps de sociétariat accompli chez elle.

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nient à accumuler ainsi les unes sur les autres des questions non résolues? La question des retraites est elle-même dans l'enfance; l'entente pour l'admission sans stage et sans droit d'entrée n'est encore qu'un fait bien isolé. Que les sociétés solidement organisées essaient entre elles, si elles le peuvent, ce nouveau perfectionnement, mais que les autres modèrent, — ainsi que la raison le leur commande quant àprésent, — leurs cordiales aspirations sur ce point. Le temps viendra certainement où les progrès de la mutualité permettront mieux ; mais il faut laisser faire le temps et ne pas compromettre par des générosités mal combinées l'avenir lui-même *,

Parmi les mesures de détail projetées ou exécutées dans cet ordre d'idées — des relations entre les sociétés, — on peut citer l'échange des comptes-rendus annuels imprimés; les comités de présidents de sociétés établis dans quelques cantons; le « comité consultatif des présidents et secrétaires des sociétés d'Angers ; » «le cercle des présidents, vice-présidents et membres des conseils d'administration de toutes les sociétés de Lyon reconnues par l'administration supérieure '^, » les réunions trimestrielles des présidents des sociétés municipales, sous la présidence d'un membre de la commission supérieure, — devant « fournir les éléments les plus précieux pour résoudre ces questions intimes, spéciales, qui naissent tous les jours du voisinage et de la solidarité naturelle à des sociétés de la même ville, du même arrondissement et de la môme organisation ^ » Nous ne saurions qu'approuver tout ce qui pourrait être fait dans ces divers sens.

Plusieurs autres moyens ont été proposés comme susceptibles de donner une impulsion rapide à la mutualité. On anotamment émis l'idée de conseils supérieurs cantonaux et départementaux, se reliant avec la commission supérieure^ et imprimant aux sociétés une action vigoureuse. Le conseil cantonal serait présidé par le membre du conseil général du canton, et formé de

' Dans les prandes sociétés anf^laises qui ont des loges sur plusieurs points du territoire, le rhanKcment de résidence n'influe en rien sur les droits des associés.

3 Bulletin, 18G3, p. 135.

' A Lyon, lorsqu'un malheur exceptionnel (incendie, inondation, éboulement, etc.) friipiie un sociétaire, il est d'usage «pie .sa société fasse un appel aux autres sociétés de la ville. Un soulagement efiicacc, impossible pour une seule société, est ainsi apporté pur toutes. Solidarité de» membres entre eux, des sociétés entre elles.

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