‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 228 sur 331 · PARTIE V, CUAPITRE XV · texte numérisé non relu

PARTIE V, CUAPITRE XV

Il est aussi une question de la plus haute importance pour l'avenir des sociétés, mais dont la solution présente de grandes difficultés. Nous voulons parler des relations des sociétés entre elles, au point de vue du domicile de leurs membres. Dès i8o3, la commission supérieure se préoccupant de cette question, avait mis à l'étude «les moyens de faciliter le passage d'un sociétaire d'une association dans une autre, et de donner à l'ouvrier qui tombe malade en voyageant la possibilité de trouver dans une ville et une société lointaines les soins et les secours qn'il aurait reçus de l'association dont il est membre. » La plupart des règlements exigent, eu effet, que le sociétaire ait son domicile réel ou tout au moins sa résidence dans la commune. Si, par suite de circonstances indépendantes de sa volonté, de nécessités de travail, d'augmentation de salaire, il se transporte dans une autre commune , il perd le fruit des économies qu'il a déjà faites, et est en outre forcé, s'il veut entrer dans une autre société, et de subir une interruption de secours, — car il lui fiiut remplir des conditions de stage, de noviciat, ou tout au moins de résidence pendant une certaine période , — et de payer un nouveau droit d'entrée. Si même il a dépassé le maximum de l'âge d'admission, il n'y a plus pour lui d'assistance mutuelle.

Les sociétés municipales fondées depuis le décret de 1852 dans tous les arrondissements de Paris, ont éprouvé d'une manière encore plus sensible que toutes les autres les inconvénients que nous venons d'énumérer.

D'après leurs règlements, en effet, tout membre participant qui changeait de quartier, ou qui n'avait plus tout au moins son atelier de travail dans la circonscription de la société, cessait par cela même d'en faire partie. Deux systèmes se présentaient : ou bien ouvrir immédiatement sans conditions à l'émigrant les portes de la société du quartier nouveau, ou bien lui conserver sa position dans la société du quartier ancien. Ces deux systèmes ayant chacun leurs adhérents, se basant tous les deux sur les con-

soit honoraires, soit participants. On trouve dans les procès-verbaux un membre récompensé pour 407 adhésions obtenues, un autre pour 200, quatre autres pour plus de 100, un grand nombre pour un chiffre entre 25 et GO.

sidératicns les plus sérieuses, la commission supérieure a pensé que l'expérience pouvait seule indiquer la voie dans laquelle il conviendrait d'entrer définitivement. Les sociétés municipales ont donc été mises à même d'appliquer les deux modes, et la faculté a été donnée à chacune d'elles de les suivre simultanément ou séparément, selon qu'elle le jugerait convenable. Des conférences administratives récentes, un questionnaire adressé sur les divers points à résoudre à tous les présidents des sociétés municipales, permettent d'espérer pour ces sociétés une solution prochaine.

Quant à l'ensemble des associations, il faut distinguer deux cas : les changements définitifs de résidence, — les simples déplacements.

Pour le premier cas, il nous semble que les deux seules conditions à imposer à l'ancien sociétaire &ort la discussion de sa candidature en assemblée générale (c'est là une formalité à laquelle toute admission est soumise), et la production d'un certificat de validité. Il va de soi que la décision de la société devrait être éclairée par une attestation du bureau de l'ancienne association portant que le postulant, tant qu'il en faisait partie, a régulièrement payé ses cotisations et observé fidèlement les statuts. Quant au stage plus ou moins prolongé, quant à la limite d'âge, quant au droit d'entrée, ces conditions nous sembleraient pouvoir sans inconvénients être supprimées. Il est tout à fait dans l'esprit de l'institution que des sociétés individuellement basées sur la mutualité établissent entre elles une mutualité aussi étroite que possible. Les limites du pratique doivent seules borner cette réciprocité. N'acceptez pas un valétudinaire qui ne vous apporterait que la ruine ; mais pourquoi vous montrer rigoureux pour l'homme qui ayant quelque peu dépassé l'âge réglementaire aura été forcé par les circonstances de quitter son ancienne société? Et quant au noviciat et au droit d'entrée, ce sont là des dettes qu'on ne doit payer qu'une fois à la mutualité. Les sociétés déjà assez nombreuses qui ont adopté ce système n'ont eu en aucune façon à s'en plaindre '; mais il no

* Notamment l.i Société |iliilnntliro|iiquc de Mort.

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