‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 241 sur 331 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

DE l'importance Qu'aURA POUR LES SOCIÉTÉS DE SECOURS MUTUELS LA POSSIBILITÉ DE s'ORGANISER SUR DES BASES SCIENTIFIQUES.

Contrat et assurance. — L'organisation scientifique n'exclut pas l'organisation fraternelle. — La prenaière corrobore la seconde.

La condition essentielle et fondamentale de la prospérité des sociétés de secours mutuels est, avons-nous dit bien souvent déjà, la possibilité pour elles de déterminer exactement le chiffrt^. des cotisations qu'elles doivent exiger de leurs membres pour pouvoir garantir les avantages qu'elles leur promettent. De cette possibilité en effet dépend absolument pour l'institution cet avenir sans limites qui peut lui être prédit.

Les sociétés prennent vis-à-vis de leurs membres, et en échange de leurs cotisations, des engagements qui constituent un véritable contrat. Ce sont de vraies assurances mutuelles contre tel ou tel risque; en première ligne la maladie ou, pour être plus exact, l'incapacité de travail qui en résulte. Il faut donc que le sociétaire, c'est-à-dire l'assuré, ait la certitude morale qu'il sera toujours efficacement soutenu contre les éventualités qu'il a prévues.

Au moment d'aborder l'examen détaillé de cette question, nous devons aller au-devant d'un scrupule possible. Serait-il

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vrai, comme nous l'avons entendu dire quelquefois, que l'organisation scientifique des sociétés mutuelles soit incompatible avec leur organisation fraternelle ; serait-il vrai que l'exécution assurée des clauses du contrat en faveur de tous les contractants, doive transformer en une simple opération tontinière, cette œuvre démoralisation et de solidarité sainte qu'on appelle une association réciproque?,.. « Les problèmes sociaux, a dit dans un entraînement de cœur M. de Lamartine, ne se résolvent pas par l'arithmétique, mais par la charité. » Et cette parole, toujours citée à tort, sert encore d'argument à ceux qui croient à l'incompatibilité de la fraternité et de la logique.

Arrivé à cette page de notre travail, avons-nous besoin de dire combien pour notre part nous nous inscrivons en faux contre une telle incompatibilité ? C'est au contraire le propre du vrai progrès que la science et le dévouement remplaçant par une indissoluble alliance et la sentimentalité creuse et le calcul aride. Nous en sommes waiment à chercher l'avantage quelconque qu'il y aurait pour les sociétés mutuelles à dépouiller la physionomie qui les distingue, à abandonner leur individualité si saillante au milieu de toutes les institutions destinées chez nous à l'amélioration du sort du plus grand nombre, pour revêtir un caractère presque exclusivement charitable, pour fonder leur prospérité sur les éventualités des concours extérieurs, sur le hasard-providence. En quoi, nous le demandons, le sociétaire mathématiquement garanti au point de vue des avantages matériels sera-t-il inférieur sous le rapport moral au sociétaire qui seul aurait pris des engagements vis-à-vis d'une société inhabile à en prendre elle-même de sérieux? Le contact journalier et sympathique des membres n'en existera-t-il pas moins? le lien d'affection en sera-t-il brisé? l'Iionneur de chacun en sora-t-il moins l'honneur de tous? En assurant k la mutu;dilé stabilité et avenir, ne corrobore-t-on pas au contraire tous 1(!S bons sentiments auxquels elle donne naissance?... Nous ne croyons pas que robjoction doive nous arrêter phis longtt-mps. Inspirée, nous le n^connaissons, par des sentiments honorables ', elle ne résiste pas à un examen sérieux ; tout au

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