‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 242 sur 331 · PARTIE VI, CHAPITRE 1. Ai)i · texte numérisé non relu

PARTIE VI, CHAPITRE 1. Ai)i

plus pourrait-elle à la rigueur s'adresser à de vraies tontines, mais ici elle n'est en rien applicable.

La responsabilité, cette pierre de touche des remèdes sociaux, doit doiic s'étendre aux associations, puisqu'elle est le mobile dirigeant de ceux qui les composent. L'accident prévu doit être garanti; au risque doit correspondre l'assurance', c'est-àdire la solidarité rigoureuse de tous devant le malheur d'un . seul. Dans les seules combinaisons de l'assurance se trouvera le secours régulier, fécond et vraiment digne pour l'homme prévoyant ^.

chètent leurs péchés. C'est pour cela que les pauvres sont appelés médecins des âmes, joyaux de l'Église, portiers du royaume des cieux, intercesseurs devant le trône céleste.

Dans l'objection que nous venons de mentionner, n'y a-t-il pas comme une réminiscence trop sensible en matière économique de cette manière très-haute du reste— et que nous avons déjà rencontrée,— d'entendre la charité; la charité poursuivant plus une récompense surhumaine que le fait même de l'extinction de la misère; la charité considérant la pauvreté plutôt comme une espérance que comme un malheur, et prête à prendre le deuil d'une vertu le jour où elle n'aurait plus de misère à secourir; la charité, enfin, ne consentant pas à voir le malheureux soulagé autrement que par elle?

' Les mots « caractère charitable de la mutualité, établie par le décret de 1852, » en marge du rapport général de 1857, pourraient faire croire que la commission supérieure est, jusqu'à un certain point, opposée à une organisation scientifique; mais les déclarations placées ailleurs, et notamment à la page 13 du rapport de 1854, semblent exclure cette pensée. Les tableaux annuels, dit en effet la commission, « permettront de calculer d'une manière certaine la proportion à établir entre les engagements d'une société et les sacrifices qu'elle doit imposer à ses membres, et changeront enaxiome ce qui ne s'appuie encore que sur des vraisemblances et des prohahilités. » Telle est justement l'organisation scientifique que nous réclamons. Si nous nous trompions et si les mots organisation chai'itable excluaient la pensée de ceux-ci organisation scientifique, nous regretterions de différer absolument d'avis avec la commision supérieure.

On peut voir dans chacun de ses rapports combien hautement la commission supérieure belge reconnaît la nécessité de l'organisation scientifique et appelle de tous ses vœux le moment où elle aura pu être trouvée. Organisation rationnelle, tel est le premier mot de la mutualité italienne naissante; organisation rationnelle, telle est la pensée arrêtée de la mutualité allemande qui a même demandé, nous l'avons vu, au Congrès de bienfaisance de Bruxelles, en 1857, « l'établissement d'une statistique médicale, spéciale et internationale pour toutes les sociétés de secours mutuels d'ouvriers. »

Que la science soit mise à même d'établir la loi dont la détermination est un besoin si im|)érieux pour l'avenir de la mutualité, et au fur et à mesure que l'intelligence des associations s'accroîtra, elles ne reculeront pas devant les sacrifices pour être mises à même d'appliquer cette loi. Comme les sociétés anglaises, elle auront et rémunéreront leurs actuaries, ce sera une de leurs dépenses normales..

■^ Le fonds social appartient non à chacun des membres en i)articulier, mais à la masse et pour des objets déterminés par les statuts. Aussi ne saurion.s-nous approuver des décisions par lesquelles des sociétés croiraient pouvoir faire remise à une fraction de leurs membres d'une partie de leurs cotisations.

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