‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 244 sur 331 · PARTIE VI, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE VI, CHAPITRE II

1815 que le docteur Price avait indiqué une loi de mortalité beaucoup trop rapide '. Le Parlement en 1825 et en 1827 ajouta l'autorité de son avis à cette appréciation qui fut confirmée aussi par la publication, en 1829, de la table de M. Finlaison '. Dès ce moment l'autorité de la table de Northampton décrut sensiblement. Dès ce moment aussi, on renonça à trouver une loi universelle de mortalité, abstraction faite de pays, de sexe, de profession, et les recherches furent circonscrites à teUe ou telle classe de la population, à telle ou telle localité. Les travaux de MM. Ansell (1835), Farr (1841), Neison (1846), actuaires attachés à des compagnies d'assurances, furent dirigés d'après cette donnée. Les derniers [Contributions on vital stntistics), dépassent en importance tout ce qui avait été publié jusque là sur la matière ^ Leur intérêt principal provient de la comparaison de la durée moyenne de la vie dans la population en général avec cette durée, dans certaines classes, en particulier; par exemple, dans celle des sociétés d'Amis *. Contrairement à l'opinion générale, contrairement à l'appréciation formelle de quelques-uns de nos statisticiens français *, la longévité ne serait

' Sur 1 ,000 personnes existant à l'âge de 25 ans, il n'en doit survivre à 65 ans que 343 d'après la table de Northampton; il en survivra 513 d'après la table de Carlisle : dilTérence 170.

2 Résultat de 10 années de travaux d'après les registres de 4 tontines comprenant 15,4G0 souscripteurs, parmi lesquels 8,529 étaient déjà décédées lors du commencement des études (1819).

3 Us s'appuyèrent d'observations provenant quant aux sociétés de trois sources : t° de sociétés établies dans les campagnes ; 2° de sociétés établies dans les petites villes; 3°de sociétésétablies dans les grandes cités. Le bureau du registrar of friendly societiea fournit à M. Neison pour l'Angleterre 1,147,143 observations, sur lesquelles il compta l 'i,390 décès. Les sociétés écossaises lui fournirent 70,542 observations avec distinction des âges pour chaque sociétaire décédé. D'autre part, M. Neison puisa dans les rapports du registrar général of births , deatlis , and jnarn'ages (préposé en chef de l'état civil, créé en 183G), et dans les rapports des commissaires chargés d"opérer le recensement en 1821 et en 1841, des renseignements relatifs à la mortalité dans la population en général, et [)ermettant par leur combinaison d'établir le rapport du nombre des décédés de chaque âge au nombre des vivants de ce même âge.

'* Résultat du reste aussi sérieux qu'intéressant, puisqu'il provient de deux accumulations considérables d'observations, 1° les 1,147,143 faits fournis par les friendly societiea (sans compter les 70,542 faits écossais) ; 2* les rapports de l'état civil et du rocenseiuent. Il faut ne pas dissimuler cependant que les districts ruraux, c'est-à-dire ceux où la mortalité est moins rapide avaient fourni à eux seuls 70(J,8SG observations. (Les petites villes 278,402. les grandes cités 101,855).

5 MM. Benoislon de Chateauneuf et Villermé; le premier, Annales d'hygiène, t. III

4t)4 DU PAUPÉRISME.

point eu raison directe de la richesse et de l'aisance, en raison inverse de la pauvreté; mais plutôt la plus longue durée de la vie serait peut-être acquise aux classes intermédiaires, « à celles qui possèdent le nécessaire, mais à peu près rien au delà. « C'est ainsi que la mortalité des individus appartenant à l'aristocratie [peerage and baronetage) , serait beaucoup plus rapide que celle de la masse de la population ; c'est ainsi que la durée de la vie chez les membres des sociétés d'Amis serait au contraire au-dessus de la durée moyenne de la vie dans cette même masse : résultat précieux et d'une importance facile à saisir.

Telles sont les tentatives anglaises pour trouver la loi de mortalité. Celles qu'on a effectuées pour trouver la loi de maladie n'ont pas été moins nombreuses. Ici l'initiative appartient complètement à l'auteur des « Reversionary payments, » au docteur Price. « La maladie peut être considérée comme proportionnelle à la mortalité, puisque les maladies chez l'homme étant les causes générales de la mort, il y a nécessairement entre ces deux faits relation de cause à effet. » — Ce fût là son point de départ. — Dans une société composée de personnes ayant moins de 32 ans, \/AS des membres sera toujours en état d'incapacité de travail par suite de maladie ou d'accident; de 32 à 42 ans ce 1/48 s'accroîtra de 1/4 des membres qui le composent; de 43 à 51 , de 1/2 ; de 52 à 58, des 3/4 ; enfin de 58 à 64, il se doublera. — Ainsi se résuma sa conclusion \

L'incertitude et l'insuffisance de ces premières recherches étaient évidentes. Quoique un peu mieux assis bientôt par la table de la société de Soulliwell due à deux disciples du maître, MM. Morgan et Bêcher, ces résultats avaient grand besoin d'être confirmés par l'expérience des sociétés d'Amis. Une association philanthropique d'Kcossc, the Uighland society of Scotland essaya de remplir cette tciche au moyen de documents recueillis auprès de 80 sociétés de ce pays et résumés par M. Charles Oliphant. Bien que la commission d'enquête du Parlement de 1825 ait trouvé trop peu élevé le taux moyen de lu table écossaise et n'ait

(l)f la durée de la vie chez le riche et chez le pauvre); le second, même recueil et riK-rne tome {De la mortalité diinx 1rs divers quartiers de Paris, elc ). i Hésullal iii'ùheiilu en 178'J, publié en 1817.

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