‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 253 sur 331 · PARTIE VI, CHAPITRE IN · texte numérisé non relu

PARTIE VI, CHAPITRE IN

dans l'état actuel des choses, nécessaire encore lorsque les cotisations seront devenues des primes fixes, leur permettrait de se rendre compte à la fin de chaque exercice de leur situation réelle et, quant aux capitaux placés, d'assigner à chaque fonds les intérêts qui lui reviendraient. Cette spécialisation sera tôt ou tard une des règles fondamentales des assurances mutuelles. Si elle ne paraissait pas à tout le monde susceptible d'une application immédiate ou revêtue d'un caractère suffisant d'utilité pour les dépenses essentielles (journées de maladie, paiement des médecins, médicaments * ), nous ne pensons pas que personne puisse en contester l'absolue nécessité pour les œuvres spéciales qui viennent successivement se greffer sur l'arbre de l'association.

Suivre pour la fixation et la durée de l'indemnité quotidienne et pour la division de la maladie en périodes avec indemnité décroissante, les règles que nous avons tracées plus haut d'après la jurisprudence des commissions française et belge; transformer le traitement quotidien de maladie en un secours annuel, à l'âge où les journées trop nombreuses d'infirmités ou de maladies entraîneraient infailliblement l'épuisement de toutes les ressources; ne pas promettre, dans l'immense majorité des cas, de pensions de vieillesse, mais verser à la caisse générale des retraites ou au fonds spécial les sommes qui étaient destinées à ces pensions; apporter la plus rigoureuse économie 'dans les frais d'administration; organiser un service de surveillance des nialades, aussi sévère et aussi complet que possible ; ne confier ce service qu'aux sociétaires eux-mêmes, dont la surveillance intéressée est autrement sérieuse que celle de tous les intermédiaires : tel est, en attendant les résultats des tables de maladie et de mortalité, et sans sortir du premier cercle d'action des sociétés de secours mutuels, le résumé des conseils que tout le monde s'accordera certainement à leur donner.

C'est par ces divers moyens seulement que ces sociétés montreront qu'elles ont par elles-mêmes l'intelligence du système de garantie qu'elles représentent si excellemment. «,( Les grandes

• En AnjjMeterre, un seul service, le service médical, est joinl à un autre service, le service des secours en cas de maladie. ' '

choses, a dit un écrivain anglais, s'accomplissent par le concours des petites. » Nul ne peut entrevoir ce que la société française devra à ces simples combinaisons de mutualité qui laissent aujourd'hui tant de gens inattentifs. A la mutualité de son côté à comprendre ?qu'il n'y a pas d'infraction sans importance aux règles essentielles sur lesquelles elle repose. Un intérêt supérieur d'humanité exige donc qu'on évite ici, autant que la fragilité humaine le comporte, les expériences et les tâtonnements ; qu'on n'abandonne rien au hasard et aux illusions généreuses; qu'on ait foi avant tout dans l'action incessante, dans le labeur continu. Le sociétaire entre dans l'association sous le mobile de la responsabilité ; que la responsabilité de l'association ne lui fasse pas défaut.

Ici, notre tâche est bien terminée. Nous plaçons nos dernières paroles comme nous avons placé les premières sous l'invocation du principe de la responsabilité humaine ; nous en appelons encore une fois à l'énergie et au ferme vouloir de chacun. Nous voyons une organisation sociale complète s'élever sur la base inébranlable de la mutualité de services et de la solidarité des classes. Cette organisation sera d'autant plus proche que chacun aura une perception plus nette de la nouvelle donnée morale qui seule peut la réaliser.

Aux individus comme aux sociétés, il appartient de prouver que si la vie est une lutte sans fin ', le progrès indéfini est aussi le lot de l'activité de l'homme.

* Bichal a dit ; la vie est une lutte contre la mort.

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