‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 252 sur 331 · PARTIE VI, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE VI, CHAPITRE IV

moyens de succès, d'une importance secondaire, il est vrai, qui sont d'ores et déjà à la disposition des sociétés elles-mêmes :

Sir Morten Erden désirait qu'on pût admettre les membres à verser des mises inégales pour obtenir, en retour, des secours proportionnels; chacun devant être ainsi mis à même de proportionner les versements à ses facultés, de les varier suivant les vicissitudes de sa position et de sa fortune. Ce mode, dont l'application peut être faite dès aujourd'hui à quelques cas particuliers, à quelques avantages accessoires , semble devoir être rejeté, quant à présent, comme système d'ensemble, car il entraînerait des difficultés de comptabilité qui pourraient entraver le début des sociétés. Il appartient, au surplus, à l'avenir, de décider si l'application générale du principe de la diversité des allocations combiné avec celui de la différence des cotisations n'altérerait pas d'une manière trop grave la parité des intérêts dans des sociétés d'amis et de frères.

Si les intérêts doivent être autant que possible uniformes, la justice de son côté doit aussi être sauvegardée. Plus le sociétaire est jeune encore lors de son admission, plus les sommes qu'il aura versées au moment où les maladies et les infirmités, cortège habituel de la vieillesse, l'assailliront, seront devenues considérables. Avec M. Hubbard, avec M. Debouteville, nous avons combattu le système plus généreux que rationnel qui compte sur les cotisations des jeunes membres pour l'entretien des vieillards de la génération précédente *. Il faut donc que les sociétaires admis à des âges sensiblement différents apportent à la société des contributions différentes.

Le droit d'entrée, nous l'avons vu, doit être gradué proportionnellement à l'âge. S'il était toujours très-pratique de demander à des hommes de travail journalier une mise extraordinaire pouvant représenter exactement, une fois payée, l'accumulation de celles qu'ils auraient dû verser pendant leur jeunesse, cette gradation proportionnelle suffirait à établir la différence revenant de droit à ceux qui de bonne heure ont commencé à mettre la prévoyance en pratique. Mais il n'en est pas ainsi, — chacun le

* Système qui a reçu une regrettable autorité de l'opinion, ordinairement si sûre, de M. le docteur Viilermé {Tableau de l'état physique, etc., t. II, p. 18, en note).

sait. — A moins qu'on ne répartisse sur plusieurs années le paiement du droit proportionnel d'admission, il faudra donc modifier le chitfre des cotisations selon l'âge des sociétaires, au moment de leur entrée. Ceux par exemple qui entrent de 16 à 30 ans paieraient une cotisation de 1 fr. ou i fr. :25 c. ; ceux de 30 à 40 une cotisation de 1 fr. 50 c. ; enfin, ceux qui entrent après 40 ans, une cotisation de 2 fr. '. La légère complication de comptabilité qui résultera de ce mode, sera plus que compensée parles avantages qu'il apportera, par l'attrait dont il sera la source pour les jeunes gens, que l'uniformité des cotisations pourrait éloigner de la mutualité '^. A dire la vérité, il n'y a pas d'organisation sérieuse avec la cotisation uniforme.

Ce n'est guère qu'après une trentaine d'années d'existance du reste, qu'une société peut se rendre un compte exactde sa situation et de son avenir. C'est, àquelques années près, le temps d'épreuve que la plupart des spécialistes reconnaissent indispensable. Il résulte de nombreux calculs que les charges d'une société vont en augmentant pendant cette période et qu'ensuite l'âge moyen ne varie presque plus ^

Après le principe fondamental de la variation de la contribution suivant les âges, nous devons recommander l'application immédiatement possible de celui de la spécialisation des fonds. Séparer les caisses consacrées à chaque nature d'assurances et gérer u'une manière distincte les fonds de ces caisses, ce mode, dont l'utilité n'est pas très-saillante dans l'origine des sociétés, fera ressortir, à mesure qu'elles avanceront en durée, des avantages de plus en plus évidents. Lorsqu'elles déterminent le taux de leurs cotisations, elles envisagent et prévoient avec plus ou moins de précision, les diverses proportions dans lesquelles telle ou lelle dépense pèsera sur l'ensemble de la dépense totale; l'adoption d'une balance pour chaque fonds spécial, nécessaire

* Ces cliilTres, liicn entendu, ne peuvent être, quant à présent, (lu'apiiroxiinatifs. Il en ehl de même des conseils qu'on peut donner actuellement aux sociétés pour la fixation de l'iridemnilé dans le cas de la variation des cotisations suivant les ilges. (^ette indemnité semble devoir être lixée à unchillre qui se rapproche de la moyenne entre la cotisation la plus forte et la cotisation la plus faible.

■'' Voir pour plus de détails sur ce point fondamental, infrà, lettre de M. Scralchley.

3 Dans les débuts, il est désirable (|ue les sociétaires admis en même temps aient des âges différents.

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