‹ Le paupérisme et les associations de prévoyance (volume 2)Chapitre 294 sur 331 · SOCIÉTÉ DE LA BOUCHERIE DE PARIS · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ DE LA BOUCHERIE DE PARIS

En 1820, quatre ouvriers de la corporation des bouchers de Paris formaient une association nmtuelle, qui, après quatre années d'existence, ne comptait que cinquante membres, mais possédait déjà une réserve de 10,000 francs. En 1824, le syndicat fonda une nouvelle société en lui attribuant innnédiatenient une sonnne de i 0,000 francs à titre de premier fonds. Trente ans aiirès, en 18oi, les deux associations se fusionnèrent en une seule qui est aujourd'hui une des plus prospères de France. Depuis sa fondation, près de 50,000 journées

I Ce serait dépasser tout à fait les limites de cette notice que de parler des œuvres particulières, des travaux intérieurs de l'association générale. Nous pouvons signaler cependant sa caisse de pensions viagères fondée en 1863 après les discussions les plus vives, et ses elTorls pour fuire reconnnitre « son droit d'intervention contre l'exercice illégal de la médecine, non-seulement au point de vue du donmiage matériel, mais encore au point de vue du dommage moral l'ail à la profession » (rapports Uavennc 186:5; Paul Aiidral, 1802 et 186.J. — Vojez dans un sons tout à l'ait contraire aux revendications des médecins, sur ce dernier point, la Héformr sociale de M. Le Play, t 1°', p 34i).

C'est M. Le Play (jui a dit : «La ipialité distinctive du médecin est le dévouement... l'une des formes de la même vertu est le désintéressement... Le médecin qui considère sa profession comme une industrie ordinaire et qui s'applique à tirer de l'emploi de son temps la plus grande somme de proiits, est |)ar cela même frapjié d'une véritable déchéance morale Le médecin n'est vraiment à la hauteur de sa tache que s'il complète ses éludes spéciales par la connaissance de la nature morale qui place l'homme à In tête de la création, n

^ Il existe en Angleterre «ne association médicale, vaste fédération comme l'association française de toutes les associations de district, dixîrict branches. Celle association qui a un recueil helHlomaddre,/?n7/,v/i j/ic'/ïcaijournai, comptait en 186J 2,'217 membres. Klle a des réunions annuelles. Les médecins btiges et italiens ont aussi des agrégations spéciales.

rie maladie ont été payées à raison de 2 fr. 50 par jour *. Le service des pensions est cependant le principal objet de la sociétéi Un système de cotisations proportionnelles à l'âge, depuis 20 jusqu'à 55 ans, époque de l'entrée en jouissance, lui permet de payer une [lerisiun de 1 l'ranc par jour à chaque membre et d'en reverser la moitié sur la tête de la veuve 2.

Le capital de réserve est actuellement de 504,000 fr. pour moins de oOO membres ^. La société a encaissé en 44 ans plus de 1,600,000 l'r. Les dépenses de toute nature dépassent un million. Le service des pensions a absorbé près de 1)00,000 fr., soit en moyenne, depuis son organisation, 30,000 fr. environ par an. Le service médical, sans les honoraires des médecins qui reçoivent une pension de 730 fr, après 33 ans de service, figure pour le chiffre de i 50,000 Ir. environ. Les frais d'administration et d'agence ont coûté 40,000 fr. La Société de la boucherie est placée dans des conditions tout à fait exceptionnelles, au point de vue des ressources. ;,Elle perçoit en effet, en moyenne, t75 fr. par an et pai" sociétaire, et ses dépenses s'élèvent à 15U fr. par tête). Elle a droit cependant à la plus honorable des mentions. Depuis plus de 40 années, elle ne compte pas plus de quatre ou cinq exclusions pour forfaiture.

Ici doivent s'arrêter ces monographies. Dans l'impossibilité oîi nous sommes d'épuiser la série des sociétés qui se sont créé une individualité à part au milieu de la grande famille mutuelle, nous avons dû nous borner aux agrégations offrant entre elles les plus grandes dissemblances.

Nous avons du reste fait en réalité et à chaque page de ce livre l'histoire de beaucoup de ces sociétés; nous n'avons eu qu'à mentionner leurs œuvres. Le lecteur de ce livre est certainement familiarisé avec la Société du faubourg Saint-Denis, la Société de prévoijance et la Société amicale de Metz, la Société philanthropique de Niort, la 120^ société de Lyon, etc., etc *.

' Le chiffre des maladies n'atteint que la moitié de celui fourni par les autres associations.

-■^ Moyennant un versement de 2 fr. par an, une somme tOO fr. est accordée pour frais d'obsèques d'un membre; de 50 fr. pour ceux de la veuve.

3 Une société créée à Versailles, en 1820, et qui ne compte que 98 membres, avait, en 1857, plus de 57,000 fr. d'encaisse. Elle servait 11 pensions. En janvier 1854, l'actif de la IIO" de Lyon n'était que de 13,000 fr. ; à la fm de 18G0, il dépassait G0,000 fr. — Voilà les miracles de la mutualité.

-* Nous avions annoncé, t. I, p. 414, que nous insérerions à la fin du tome H, deux lettres adressées à l'auteur par M. Arthur Scratchley , président de l'Institut des Friendly societies, de la Grande-Bretagne et A. Visscliers, président de \;\ Commission permanente belge, relativement à la mesure de l'intervention de l'État et des classes possédantes dans le régime des associations de prévoyance. Mais le développement inattendu des matières contenues dans le présent volume nous met dans l'impossibilité de faire cette insertion. Les deux questions dont il s'agit ont du reste été api)rofondies dans le courant du livre.

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