PARTIE II, CHAPITRE V
même de la chose commune, et pour éviter la concurrence de l'État, mettre un terme aux abus qui ont ému l'opinion publique ; et ainsi le bill Gladstone, loin de marquer un temps d'arrêt dans la marche d'une institution qui abrite depuis de si longues années le travailleur, et que le bill Shelburne ' veut du reste étendre à toutes les paroisses (parochial Friendly societies plan), sera pour elle le début d'une ère de rajeunissement et de transformation. Ceux-là même qui, dans l'ordre de l'association, ne voient le progrès social bien décisif que dans la coopération proprement dite, sont-ils bien sûrs que les équitables pionniers n'aient absolument rien emprunté à la pratique familière des Friendly societies^ et affirmeraient-ils qu'il ne se produira jamais un seul cas où l'institution nouvelle devra simplement être greffée sur l'ancienne ^ ?
Nous étudierons plus loin la législation (composée de plus de vingt actes) relative aux Friendly societies et l'économie de leurs statuts.
* Dont il sera parlé au chapitre de la iégislation. Lord Shelburne, aujourd'hui marquis de Lansdowne a proposé dans une des sessions dernières un bill dont le type se retrouve du reste dans un projet présenté en 1818. Les hommes spéciaux d'Angleterre et notamment MM. Tidd-Pratt et Scratchley attachent une importance tout à fait particulière à ce bill et désirent bien vivement que son examen soit repris. Le bill Gladstone qui a été, nous venons de le voir, l'occasion d'un si grand orage est luimême, — détail assez peu connu en France, — la reproduction d'un bill présenté à la chambre des communes en 1807 par M. Witbread, bill qui a même inspiré aussi le fameux acte relatif aux post-savings-banks. — Ce dernier bill est commenté tout au long dans le traité de M. Scratchley sur les savings-banks, p. 239 à 250.
^ La question des rapports à établir entre les deux institutions sera examinée dans le courant de ce livre.