‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 170 sur 254 · PARTIE II, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAPITRE V

unions ont poussé les grèves jusqu'à la violence la plus effrénée ; quelquefois jusqu'au meurtre, au pillage, à l'incendie, au crime. Aujourd'hui, — et au prix des épreuves les plus terribles, il est vrai, — l'éducation économique des ouvriers d'Angleterre touche à son terme ^ . On les a laissés libres de faire des grèves ; et maintenant, quel que soit l'éclat des incidents contraires qui peuvent encore de temps en temps se produire, et qui se produisaient hier même sans que, paraît-il, les ouvriers en aient été, du reste, les premiers instigateurs, la grève est généralement jugée par eux, — témoin le meeting de Bolton, — comme une déception douloureuse ; ils ont porté leurs regards ailleurs, nous voulons dire du côté de V association coopérative. Dans le succès de Rochdale est l'affaiblissement progressif des Trades-societies.

Telle a été, telle sera surtout la marche des choses dans ces Trades-unions qu'il y a quelques années on n'évaluait pas à moins de 2,000, comprenant environ 600,000 membres disposant d'un fonds de 300,000 liv. sterl. ^, et contre lesquelles l'Angleterre conservatrice, tout en laissant stoïquement le taux des salaires se débattre en définitive sur le marché du travail par le rapport de l'offre et de la demande, n'avait pas assez de malédictions et d'anathèmes. Et quant aux Friendly societies^ qui s'est jamais avisé chez nos voisins de voir dans leurs réunions incessantes et souvent, nous l'avons vu, trop troublées, un motif quelconque de se préoccuper pour Tordre public? Les patrons anglais, à certaines époques, et notamment en 1859, lors de la grève déjà citée des ouvriers en bâtiments, déclarèrent qu'ils ne prendraient plus désormais que des ouvriers libres de régler leurs affaires eux-mêmes, et résolus à rester tels, c'est-à-dire des ouvriers non affiliés aux Trades-unions; mais loin de manifester aucune défiance vis-à-vis des ouvriers membres des Friendly societieSf ils les ont toujours préférés aux ouvriers complètement isolés.

Ayons donc confiance dans l'avenir de la mutualité anglaise; instrument d'un bien immense, non sans mélange d'inconvé-

< Lire à ce sujet les rapports officiels eux-mêmes, et notamment l'exposé des motifs du projet de loi des coalitions par M. Cornudet. 2 Revue d' Edimhoura d'octobre 1859.

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niciits, comme toutes les choses humaines, mais oii celui-ci l'emporte des millions de fois sur ceux-là. Les racines de cette mutualité sont trop avant dans le sol, pour qu'une mesure légale, comme le yovernment annuiities act puisse leur porten un préjudice sans recours. Il y aura des dissolutions nouvelles sans doute. Le trop faible nombre des membres; les cotisations disproportionnées; l'insuffisance du fonds réuni dans les jeunes années, et en vue des années de vieillesse; la difficulté de distinguer, à un âge au-dessus de soixante ans, entre l'effet des années et la vraie maladie ; les placements hasardeux ; la non spécialisation absolue des fonds, et enfin Thabitude des pitblicshoiises * ont déjà créé chacun, pour leur part, des déficits qui amèneront encore des liquidations : mais quand ces liquidations amiables auront pour but une reconstitution sur des bases moins erronées, la poursuite de garanties sérieuses et le désir d'offrir autant de sécurité, si c'est possible, que le gouvernement lui-même, avec ses differed annuities^ loin d'avoir des regrets, il n'y aura lieu qu'à se féliciter, sous ce point de vue, des effets de la loi nouvelle. Nous ne disons pas, cependant, avec le Times^ que ce sera «un heureux débarras^ ;» car ces liquidations ne se feront pas sans entraîner pour les membres âgés des inconvénients que rien ne pourra couvrir; mais enfin la balance penchera du côté du bien, et on ne peut pas espérer davantage. Il n'est pas jusqu'aux tables de maladies et aux autres conditions scientifiques pour l'assiette desquelles on est loin d'être arrivé à la perfection; il n'est pas jusqu'aux modes de dissolutioneux-mênies,etsurtoutauxmoyenspratiquesd'organissr solidement les assurances sur la vie au-dessous de 20 livres, qui ne devront sans doute au mouvement dont la question vient d'être l'objet, un perfectionnement nouveau. M. Tidd-Pratt réclame, en effet, pour l'étude de ces divers points, la nomination de commissions parlementaires spéciales. Somme toute, et ainsi pourvus d'éléments certains, les administrateu/s des sociétés d'amis comprendront qu'ils doivent, à tout prix, dans l'intérêt

' Ce sont là, d'après le rapport de I8'ii les sept cause» spéciales les plus ordinaires de la dissolution des sociétés.

2 il septembre 1864.

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