‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 173 sur 254 · PARTIE II, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAPITRE VI

qu'un rapide aperçu historique et statistique de l'institution pour les points qui ne doivent pas être traités ailleurs.

Aucune disposition réglementaire n'obligeant les sociétés belges non reconnues^ à fournir un compte-rendu annuel — et un grand nombre d'entre elles refusant de les fournir officieusement, malgré les adjurations annuelles de la Commission permanente^ basées sur la nécessité des observations au point de vue de la recherche d'une loi générale, — il est fort difficile de savoir même aujourd'hui, et à plus forte raison dans le passé le nombre exact des sociétés de secours mutuels en Belgique.

Ce qu'on peut affirmer, c'est qu'elles y sont fort anciennes et Y doivent généralement leur origine à l'initiative privée, et notamment comme partout aux corporations d'arts "et métiers. Les frairies ou confréries des provinces flamandes (Anvers, le Brabant, les Flandres), étaient fort nombreuses * et confiaient la gestion de leurs intérêts à des délégués en dehors de toute intervention de l'autorité. La confrérie de Saint-Éloi, à Anvers, reîîontait, dit-on au quinzième siècle. Elle comprenait les chaudronniers, les fondeurs, les forgerons, les serruriers, les lorlogers, les armuriers, les balanciers et les couteliers, et était gouvernée par un président et huit doyens. Dans la même ville, la confrérie des boulangers était très-ancienne ; celle des cordon- Qiers remontait à 1760, celle du Riche-Luc pour ouvriers de ioute profession, à 1774. A Lierre, on ne peut préciser l'époque le la corporation des portefaix, ni de celle des traineurs de bière ^. L'association des charpentiers de Bruges remonte à 4753; celle des anciens ouvriers tailleurs de la même ville date ie 1803. A Gand, les tailleurs, les cordonniers, les charpentiers,

* On peut citer parmi les confréries moins nombreuses des provinces wallonnes celle Jes Ferons, de Tancien comté de Namur, dont la charte (de 1635) disposait que tous les maîtres de forges seraient obligés de payer pour chacun de leurs ouvriers « six palards pour droit d'assiette, dont les deux tiers à employer aux nécessités communes iesdits ferons, et l'autre au profit du mayeur pour ses peines à poursuivre et faire bons lesdits deux tiers. »

2 Dans ces corporations, les salaires étaient mis en commun et partagés hebdomadairement. Les ouvriers passés-maîtres touchaient leur part entière; les autres ouvriers qu'on appelait domestiques et qui devenaient maîtres à leur tour par rang d'ancienneté, ne touchaient qu'une demi-part, et le restant servait à former une réserve pour la vieillesse et les infirmités permanentes.

menuisiers et ébénistes remontent respectivement à 1S05, 1807, et 1809. Plusieurs sociétés de tisserands, à Saint-Nicolas, étaient fort anciennes. La société des hautelisseurs^ attachés à la manufacture royale de tapis de Tournai, date de 1800. Beaucoup de ces confréries se sont dissoutes, mais la plupart se sont transformées en sociétés de secours mutuels. Dès 1827, on aurait constaté l'existence de plus de 120 sociétés de cette nature, comprenant 12,000 membres au moins; ayant distribué des secours de maladie à plus de 4,000 membres, des secours d'inhumation à 300, et ayant employé à cette double destination près de 30,000 florins. Mais le premier document statistique spécial date de 1850 seulement \ c'est-à-dire de l'époque des travaux qui précédèrent le vote de la loi de 1851 ^. D'après ce document annexé au projet de loi, la Belgique comptait, en 1851, 199 sociétés ayant 68,297 membres, un capital de 1,120,000 fr. et ainsi reparties: 30 dans le Brabant, dont 21 à Bruxelles; 19 dans la province d'Anvers ; 47 dans la Flandre occidentale; 41 dans la Flandre orientale ; 49 dans le Hainaut ; 4 dans la province de Liège ; 1 dans le Luxembourg ; 8 dans la province de Namur. Le Limbourg n'avait aucune société.

L'effectif de ces diverses sociétés permettait de constater qu'à cette époque on comptait en Belgique, 1 sociétaire sur 64 habitants ^

Au point de vue des sociétés de secours mutuels proprement dites, le relevé de 1851 ne peut être considéré commue absolument exact, et ce ne serait pas se rendre un compte précis des progrès de la mutualité belge depuis quinze ans, que de comparer les chiffres actuels aux chiffres du relevé dont il s'agit.

* 11 faut cependant mentionner comme document contenant des informations antérieures et intéressantes sur la mutualité, le premier volume de Venquête sxir la condition des classes ouvrières et siir le travail des enfants. — 1846 à 1848 — Ra|>porteurs : MM. Ed. Ducpetiaux et Aup. Visschers.

2 Loi élaborée ainsi que celle sur la caisse générale des retraites par une commission nommée en IS'iOsur la proposition de M. (lli. Rogier: rapporteur du 1*' projet de loi, M. Aug. Visschers ; du 2», M. Ch. de Brouckère ; rapporteur sur l'un et l'autre projet à la chambre des représentants, M. T'Kint-de-Naeycr.

^ « Cette proportion dépassait déjà celle qui'a été constatée récemment en iMaiîce, a fait observer la Commission permanente {Rapport \)our 1859;. — En France, en 1859, l sociétaire sur 76 habitants; (en 186i. 1 sur 6'2-4î.)

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