PARTIE II, CHAPITRE VI
Dans un Coup d' œil sur les sociétés de secours mutuels en Belgique, au 31 décembre 1860, publié à la fin de 1864 par la Co7Mmission permanente, il est remarqué qu'on ne peut, par exemple, « ranger au nombre des sociétés de secours mutuels , formées par les sociétaires, les caisses communes de prévoyance instituées dans quatre provinces en faveur des ouvriers mineurs. » 11 en est de même de 36 associations figurant à l'actif de la ville de Tournai en 1850 et n'ayant en réalité pour but que «de procurer des divertissements annuels à leurs membres ^ » En réalité , l'état des sociétés existantes en 1850 peut se résumer ainsi : 30 dans le Brabant, 19 dans la province d'Anvers, 47 dans la Flandre occidentale, 41 dans la Flandre orientale, 10 dans le Hainaut, 3 dans la province de Liège ; total : 157. Le nombre des membres doit être réduit à 21,468, et le capital à 119,000 fr. Dix ans après, les tableaux fournis par les gouverneurs des provinces, tableaux incomplets mais suffisants pour donner une idée approchant de la réalité , donnaient les résultats suivants :
Brabant, 65 ^ : Anvers, 40 ; Flandre occidentale, 57; Flandre orientate, 76; Hainaut, 12 ; Liège, 21 ; Namur, 14; total : 285. Sur ces 285 , 36 seulement sont reconnues. L'ensemble des sociétés comprend (toujours en 1860) 45,047 membres effectifs et un capital de 501,456 fr. Les sociétés reconnues ont 6,304 membres effectifs et 202,916 fr. de capital.
Pendant la période décennale, 1850-1860, le nombre des
' Ces sociétés datent de la fin du siècle dernier ou du commencement de ce siècle. Elles n'ont pas de réserves. Nous supposons qu'il faut y comprendre les sociétés de tir à l'arc ou à l'arbalète.
2 On doit faire remarquer ici le refus constant des sociétés de Bruxelles de fournir des renseignements sur leur situation. Ainsi dans le Brabant, 32 sociétés {non reconnues), dont 30 appartenant à la capitale, n'ont pu figurer sur le relevé. La Commission permanente en appelle au « bon sens des administrateurs de ces sociétés, aux preuves de bienveillance et d'intérêt qu'elle leur a maintes fois données. » — « Si l'association mutuelle est le meilleur préservatif contre le paupérisme, si les institutions de prévoyance sont celles dont le caractère dénote le mieux le degré d'avancement d'une population, c'est avec raison que de temps à autre le gouvernement qui s'occupe des intérêts moraux comme des intérêts matériels de la nation, constate l'état de la société sous ce rapport. » On peut espérer que faisant taire une défiance qui ne vient que d'un « mouvement peu réfléchi, » les sociétés de Bruxelles finiront par comprendre ce que les friendly societies, par exemple, comprennent de mieux en mieux, à savoir que « ces publications périodiques sont faites uniquement dans l'intérêt des sociétés de secours mutuels en général. »
sociétés s'est donc accru de 95 p. 100; celui des sociétaires d'environ 133 p. 100; l'encaisse de 320 p. 100. Et encore, par suite de lacunes existant dans la statistique de 1860, peut-on évaluer le nombre total des membres, à cette époque, à plus de 50,000, et le montant de l'actif de toutes les sociétés à plus de 540,000 fr.
Eu égard à la population, c'est dans les provinces d'Anvers, de Brabant et des deux Flandres que, relativement , les sociétés sont les plus nombreuses. En 1864, les provinces de Limbourg et de Luxembourg ne comptent pas une seule société. Sous le rapport du nombre des membres, c'est la province de Liège qui, par suite des caisses de secours annexées aux établissements industriels, tient le premier rang (en moyenne , 506 membres par association). Viennent ensuite les deux Flandres et le Hainaut (187,174 et 136 membres par société). «C'est dans ces provinces et dans celles d'Anvers et de Brabant, dit la commission, qu'on trouve le plus grand nombre de sociétés rappelant les anciennes (jUdes, »
Pour l'ensemble du royaume , on compte 175 membres par association; chaque société possède, en moyenne , un actif de 1,895 fr. , ce qui représente une réserve de 10 fr. 83 c. par membre; réserve qui serait bien insuffisante, si les sociétés belges prenaient l'engagement de procurer des secours réguliers aux vieillards, aux infirmes, aux veuves et aux enfants.
De 1850 à 1860, 25 sociétés, renfermant au moins 2,000 membres, se sont dissoutes, sans doute par suite du mauvais état de leurs finances. Sur les 285 sociétés de 1860, 11 seulement remontent au siècle dernier ; 23 ont été créées de 1801 à 1813, 35 de 1814 à 1830 , 94 de 1831 à 1850 et 122 de 1851 à 1860. 240 seulement remontent donc au delà de 1830.
Tels sont les renseignements les plus récents et les plus complets réunis par le gouvernement belge, — non sur toutes les institutions de prévoyance créées en Belgique avec l'assistance de l'autorité ou des chefs d'industrie, — mais sur l'ensemble des sociétés de secours mutuels proprement dites. La Commission pennnnentc a raison d'énoncer qu'avec « les habitudes laborieuses, les mœurs rangées des populations belges, » ces institutions ne peuvent que s'accroître. La publication de 1860 aura