PARTIE II, CHAPITRE VI
de la source d'où il tirera ses marchandises; l'éditeur, de son côté, ne pouvant se passer de l'intermédiaire de son confrère ; le plus grand ayant besoin du plus petit et nul ne pouvant exister sans l'autre. » Aussi la création d'une caisse de secours mutuels fut- elle décidée en même temps que la construction de cette Bourse de Leipzig où se concentre pendant toute l'année le mouvement et l'expédition des affaires, et où les rapports les plus confraternels naissent des réunions périodiques qui y ont lieu. Le bilan des vingt-cinq dernières années montre toute l'efficacité de cette caisse à laquelle contribuent, soit comme membres honoraires, soit comme membres participants, presque tous les chefs de maison et la plus grande partie des commis et employés, et qui reçoit en outre, chaque année, une subvention du Boersenverein. Pendant cet espace de temps, et au moyen notamment de cotisations dont beaucoup ne dépassent pas un thaler par an (3 fr. 75), il a été réuni une somme de 470,000 fr., sur laquelle 119,000 fr. ont été répartis en 964 secours et sont venus en aide à 82 libraires, 73 veuves et enfants de libraires, 135 commis et 17 veuves et enfants de commis. Ces résultats, bien qu'assez importants, sont loin, paraît-il, de répondre aux besoins et aux demandes , et le Boersenverein , dont à la foire de Pâques 1861, le bilan général se soldait par un excédant de recettes de 170,000 fr., se préoccupe des moyens d'améliorer et d'étendre sa caisse de secours. La grande association de libraires allemands méritait d'être remarquée dans ce pays de morcellement politique, dont l'unité est le vœu, mais la suprême difficulté \
Italie. — Nous avons sous les yeux un rapport présenté au roi Victor-Emmanuel par M. Manna, ministre de l'agriculture,
^ A la fin de 1863, la caisse d'épargne de Vienne comptait 157,228 déposants et un solde de 34,614,300 florins, soit 69,228,600 fr.; celle de Stuttgard 246,972 déposants et un solde de 7,562,200 florins, soit 15,130,400 fr. (Ici et mieux encore qu'à Hambourg où il y a un déposant sur trois habitants, on compte, comme à Zurich, un livret par deux habitants) ; celle de Francfort-sur-Mein, 8,938 déposants et un solde de 3,455,200 florins, soit 6,910,400 fr.; celle d'Off"enl)ach 2,797 déposants et un solde de 934,500 florins, soit 1,875,000 Ir. (dans cette petite ville, il y a un livret pour cinq habitants). Il faut citer aussi la caisse d'épargne de Bohême, 86,000 déposants et 50 millions de capital; celle de Pesth 20 millions de capital, celle de Trieste 4 millions, de Munich 3 millions.
de rindustrie et du commerce, à la date du 25 mai 1864 * sur l'état des sociétés de secours mutuels en Italie. Il résulte de ce rapport, le premier qui ait été formulé dans la Péninsule sur cette matière, que les objets poursuivis par ces sociétés sont les suivants : secourir les malades, fournir des pensions de retraite aux vieillards, secourir les orphelins et les veuves, procurer du travail aux associés, instruire, au moyen d'écoles du soir ou d'écoles du dimanche, les associés et leurs enfants; faire des emprunts et des prêts, recevoir des dépôts pour formation de capital ou constitution de rente, vendre au prix coûtant aux associés des vivres et d'autres objets de première nécessité, fournir des matières premières au travailleur, secourir les ouvriers de passage. Au 31 décembre 1862, il y avait dans le royaume d'Italie 443 sociétés mutuelles ainsi réparties au point de vue de la date de leur fondation : 66 antérieures à 1848, 168 fondées de 1848 à 1860, 209 fondées de 1860 à 1862. On voit, dit le rapport, le progrès considérable de l'idée dans l'Italie nouvelle; (( la moitié de ces sociétés date de notre rénovation politique. »
Sur 100,000 habitants, il y a dans le royaume 2,03 sociétés et 512 sociétaires.
42 provinces possèdent des associations ; 6 provinces en ont plus de 20; 8 en possèdent de 10 à 20 ; 8, de 5 à 10; 20 en ont moins de 5.
Dans cette échelle, les points extrêmes sont représentés par la province de Turin, qui compte 47 sociétés, et les provinces des Abruzzes et de Messine, qui n'eu ont qu'une seule chacune.
Sur 7,720 communes, il n'y en a que 248 qui soient pourvues de sociétés. 6 en ont plus de 10 ; 3 en ont de 6 à 10 ; 7, de 4 à 6; 30, de 2 à 4; 202 n'en possèdent que 1. Milan a 38 sociétés comprenant 9,924 membres en moyenne (331 par société). C'est plus que toutes les provinces méridionales ensemble. Turin compte 13 sociétés seulement ; mais elles sont trèsnombreuses, puisqu'elles comprennent chacune une moyenne de 1,129 (14,(584 sociétaires en tout).
En considérant comme urbaine toute population agglomérée
• Statistica dii rcytin dilalia. Socielà di inutuo soccorso. Torino, lipografia lellcraria, IbOi.