‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 185 sur 254 · PARTIE II, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAPITRE VI

comptait, au 31 décembre 1862, 2,340 associés participants. Tel est, dit le rapport, le besoin d'instruction en Italie, qu'un des buts poursuivis par 40 sociétés de secours mutuels fondées pour un autre objet est la diffusion de l'enseignement au moyen d'écoles du jour pour les enfants des associés, d'écoles du soir et d'écoles du dimanche pour les adultes. Leur dépense est de 16,000 francs, dont la moitié est payée par les administrations communales et provinciales.

Les recettes connues de 374 sociétés, qui avaient fourni des renseignements complets, avaient été de 1,411,392 fr.

Subventions, dons et legs 204,865

Souscriptions des membres honoraires. . . . 73,081

Cotisations des membres effectifs 887,501

Droits d'entrée 83,969

Intérêts des capitaux 112,164

Recettes diverses 49,809

Total. . . . 1,411,392

Toujours dans ces 374 sociétés, les dépenses ont été de 787,994 fr., savoir :

Frais d'administration 163,667

Secours de maladie 424,373

Médicaments et frais médicaux 29,083

Pensions de vieillesse ......... 54,671

Secours aux veuves et orphelins 29,121

Dépenses diverses 87,076

Total. . . . 787,994

La dépense, comparée à la recette, a été de 35,24 et de 39,28 dans les Marches et la Lombardie ; de 89,55, à Naples; de 97,89, en Sicile ; de 115,24 en Sardaigne.

Les dépenses d'administration ont été de 11,60 p. 100 et de 438 fr. par association. — Le rapport fait observer, avec raison, que cette dépense est très-exagérée; nous verrons qu'en France elle est de moins de 5 1/2 p. 100. — La réforme indiquée comme la plus urgente, car elle doit s'appliquer à toutes les sociétés moins 17, est la spécialisation des fonds.

En 1862, le nombre des associés secourus a été de 26,450, savoir 25,400pour un nombre de journées de maladie, s'élevant à 406,247; 1,050 pour chômage involontaire. Ces derniers secours ont été accordés, tantôt en opposition, tantôt en confor-

3r>i BTI PAT'PÉRISMF.

mité des statuts. — 23() vieillards ont touché des pensions, 414 veuves et orphelins, des secours avec une moyenne de 231 fr. par pension et de 70 fr. par secours. 4 sociétés ont consenti des prêts (( avec la seule garantie du travail et de l'honneur. »

Le capital social des 374 sociétés était, au 31 décembre 1861 de 2,092,351 ; au 31 décembre suivant, de 2,715,748, soit 623,397 de plus dans une seule année. Au vif regret du rapport, les statuts ne contiennent pas de dispositions sur le mode de liquidation des fonds.

Quant à la partie générale du rapport au roi, depuis les spéculations les plus élevées sur cette mutualité « qui est née spontamenl parmi les classes populaires, qui accroît la force de chacun et multiplie la puissance de l'ensemble,» « qui ne demande rien à l'administration, siuon la sécurité de la liberté, » depuis les règles les plus précises et les plus libérales tracées à l'action du pouvoir qui « ne peut rien faire directement pour les sociétés et qui est bien décidé à ne pas intervenir \ » tout en leur donnant les encouragements, les conseils, la publicité ; qui considère ' leur fractionnement, leur variété et leur indépendance comme la condition indispensable de leur prospérité, qui veut les maintenir, fonctionnant a non-seulement ville par ville, bourg par bourg, village par village, » mais encore par subdivisions de profession, suivant les besoins divers qu'elles sont appelées à secourir ; qui les engage du reste à ne pas trop se laisser entraîner (( sur le terrain glissant de la politique ou des nouveautés dangereuses ^ ; » depuis ces expositions de principes qui fondent moralement les institutions jusqu'aux aperçus plus techni(|U(\>^ sur l'utilité d'imiter dans ces questions les Anglais, « ces maîtres dans l'art de réussir ^, » sur la nécessité d'une organi-

< « Quelles que soient les erreurs théoriques dans lesquelles tomberait momentanément ICsinit (les ouvriers. Il n'ai»|t;irlient pas à laiiniinistralion de discipliner des instilulioiis (jui sont, de leur nature, d'inlérèl privé; mais son seul devoir est de veiller à ce qu'elles se propagent et se dirigent vers leur but librement » (p. viii).

2 (( Qu'on ne croie pas ipie dans ce conseil il entre des préventions politiques ou une indigne crainte, le gouvernement du plébiscite ne redoute rien, pas même les erreurs et les fautes de ses ennemis... » (p. vij.

5 Les Anglais « (pii au lieu d'embrasser dès l'origine des multitudes de buts, prélèrenl restreindre leur œuvre dans un champ étroit et bien défini, et atteindre successivement les fins auxquelles ils tendent » (p. vi).

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