PARTIE n, CHAPITRE VI
sation scientifique des sociétés \sur le principe de décentralisation qui doit régler leur administration ^, I3 ministre italien n'a pas oublié un seul point important et il n'avait vraiment pas besoin d'invoquer par modestie « les peuples vieillis dans la voie de la liberté » et l'expérience de l'association mutuelle.
S'agit-il en effet ici d'un pays qui se trouve dans des circonstances telles qu'aucun peuple n'en a rencontrées de plus extraordinaires, qui a à répondre à mille nécessités de salut public et qui ne semblerait pouvoir ouvrir çà et là des questions que pour en ajourner l'étude à des temps indéterminés ; s'agit-il au contraire d'un pays assis, tranquille, ayant pour souci principal ses améliorations intérieures, vieilli dans la pratique des grands sujets sociaux, pouvant les aborder et les creuser à son heure? Si vraiment ce n'était le souffle puissant qui circule dans le document que nous venons d'analyser, on pourrait croire à la seconde hypothèse ^
Le rapport est, du reste, le résultat des travaux d'une commission que le gouvernement italien avait chargée de rechercher les moyens les plus propres à encourager dans le royaume la propagation de la mutualité, et dont les conclusions avaient été d'exciter les classes élevées à devenir les initiatrices de la prévoyance, mais d'écarter toute idée d'une ingérance directe de l'administration dans ces matières.
Les renseignements statistiques qui précèdent diffèrent sensiblement des indications données par le Bulletin français des sociétés de secours mutuels '', d'après un résumé envoyé au
< « Ce n'est que par le manque actuel de données locales que nos institutions se voient forcées de recourir aux tables de Duvillard et de Montferrand » (p. vu).
2 (( Les personnes déléguées pour interpréter et appliquer les statuts ne doivent pas être choisies en dehors du giron de chaque société... Le meilleur administrateur est le plus proche... Que gagneraient les associations d'ouvriers qui subordonneraient tous leurs actes à l'autorité d'une corporation ce.itrale dont l'opinion serait une loi pour tous; contraints de lui abandonner l'exercice de leur propre volonté, de leur propre raison? » (p. vu et viii).
3 La confiance du gouvernement italien dans la sagesse de « cette jeunesse des ateliers que le roi trouverait unie dans les liens d'une fraternelle alliance le jour où la justice et le droit auraient besoin de la force pour se faire valoir; » cette confiance n'a pas été trompée, car à la suite des événements qui ont affligé Turin en août 1864, les diverses agrégations ouvrières de Turin adressèrent au peuple des proclamations conçues dans le sens le plus modéré.
* Bulletin, 1864, p. 83.
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ministère des affaires étrangères de France par le consul général de France à Gênes. Cette différence provient prol)ablement de ce que les travaux statistiques que nous venons de résumer et qui sont arrivés du coup — comme le lecteur a pu en juger — à une véritable perfection, n'étaient pas encore terminés, et de plus qu'ils ne se réfèrent pas absolument aux mêmes dates que la note. De cette note cependant, combinée avec les tableaux qui suivent le rapport au roi, on peut extraire des renseignements intéressants sur les sociétés de la province de Gênes :
Toutes les professions y sont organisées en corporations ou en sociétés professionnelles; ainsi les bateliers du port ont 350 membres avec un capital de 2o,402 fr. Ils n'ont revêtu la forme de société de secours mutuels proprement dite qu'en 1857, mais ils datent comme agrégation de 1 614. Ils possédaient autrefois — depuis une approbation du Sénat, en 1641, — quatre bâtiments destinés à secourir les navires en péril « soit par la mer, soit par le feu, » et à subvenir à l'entretien d'une fondation pour (( doter les enfants des bateliers pauvres, secourir les vieillards indigents du métier, racheter les individus du métier tombés dans l'esclavage des Turcs, » entretenir une chapelle. Ils avaient le privilège des déchargements de marchandises et celui des gabelles. Ils n'ont perdu ce dernier qu'en 1848, lors de la suppression même des gabelles.
Citons ensuite les commis, négociants, 81 membres avec un capital de 14,474 fr.; les médecins, chirurgiens, pharmaciens, 80 membres avec un capital de 10,544 fr. ; la société philharmonique, iOO membres avec un capital de 12,400 fr. Il ûiut distinguer particulièrement aussi l'association des ;jor(e/aia;;)fl(^/ift?s. Cette association comptait, au commencement de 1804, 1,998 membres subdivisés de la manière suivante : travailleurs, 1 ,656, dontl,25i patentés et 402 auxiliaires; membres assistés, 269, dont 19 soldats, 225 malades, 25 veuves et orphelins. Les travailleurs auxiliaires versent à la caisse le tiers du produit de leurs journées. Les patentés sont assujettis à un versement mensuel de 8 fr. En iixant à 1,200 fr. le gain annuel des journaliers, il en résulte une rente de 161,000 fr. environ, affectée tout entière, sauf un fonds de réserve, à la catégorie des