‹ Le paupérisme et les associations de prévoyanceChapitre 187 sur 254 · PARTIE II, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAPITRE VI

nécessiteux de rassociation, qui comprend 358 individus, soit 450 fr. par tête et par an. On le voit, il y a là une organisation complète et qui rappelle celle des portefaix de Marseille. L'une n'est certainement pas sans avoir pénétré l'autre *.

Parmi les sociétés de secours mutuels importantes, il faut citer la société formée entre les employés des administrations de Lombardie et à laquelle le prince Humbert, héritier du trône, s'est fait affilier; « voulant honorer de son nom une des plus belles institutions de l'Italie nouvelle ; » la société des médecins de Rome à laquelle le docteur Olivieri, professeur de chirurgie, a tout récemment abandonné son hôtel qui sera converti en hospice de veuves et d'orphelins de confrères, méritant ainsi au premier chef sa nomination comme président perpétuel honoraire ^. Avant l'annexion de la Savoie à la France, il fallait citer aussi, et il est juste de mettre à l'actif de la mutualité italienne, les sociétés de secours mutuels, actuellement françaises, de VUnion {^00 membres), de la société de Saint-François de Sales (188 membres), de Saint-Èloi et des cordonniers à Chambéry, celles de VUnion et celle des horticulteurs à Aix-les- Bains, celle des agriculteurs à Triviers. Aucune de ces sociétés n'admet de membres honoraires. Elles n'ont pas soUicité l'approbation.

En résumé , la mutualité daas la Péninsule a encore un champ bien vaste à explorer, et l'État, dans la mesure qu'il s'est tracée à lui-même, ne doit rien négliger pour amener l'initiative privée à tenter cette exploration. Le mouvement des idées en Italie, mouvement qui a permis depuis quatre ans l'établissement de 15 caisses d'épargne dans le royaume des Deux- Siciles , c'est-à-dire dans un pays oii antérieurement il n'en existait pas une seule % mouvement qui s'accentue en outre par des congrès de corporations ouvrières ^, ne pourra que faciliter

* 13 suciétés de Gènes, malgré les promesses faites au Congres de Parme, avaient refusé « sotto futili pretesti, » de fournir des renseignements statistiques montrant ainsi que! est leur état « di ignoranza e di anarchia. »

^ Ippocraiico, avril, 18G4.

' Journal des Débats du 1 juillet 1864.

'' ll« Congrès tenu à Naplcs en octobre 18G4.

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les efforts qui seront faits dansle sens de la prévoyance par l'association '.

Il faut tout attendre d'un pays où les plus anxieuses préoccupations de l'existence nationale elle-même, n'empêchent pas l'étude attentive des questions sociales et morales, au grand avantage, non-seulement des intéressés directs, mais aussi des nations voisines. En matière de sociétés de secours mutuels, ritalie s'est placée dès la première heure, par une direction tout à fait rationnelle, au niveau de la France, de l'Angleterre et de la Belgique. Le mouvement de la mutualité dans ce pays, où la statistique européenne ne voyait guère que des établissements de pure bienfaisance '\ devra être suivi désormais comme il faut suivre dans ce sujet les rapports du registrar et ceux des commissions supérieures française et belge. Les méthodes de perfectionnement de la prévoyance sont des questions internationales au premier chef.

Espagne, — Nous ne sommes pas en situation de donner une statistique des sociétés de secours mutuels qui peuvent exister en Espagne. Mais nous savons que leur propagation occupe les esprits progressifs de ce pays. Nous n'en voulons pour preuve qu'un discours substantiel prononcé à l'occasion d'une création de ce genre, à Mataro, par M. José Garcia Oliver ^.

* Les quinze caisses d'épargne napolitaines, qui finiront par tuer la loterie, conmme le fait observer M. Maxime Du Camp (Débats, Ibid.), ont un capital de l,18?.000 ir. et ont émis 4,C07 livrets. Sur ces quinze caisses, deux seulement sont d'institution gouvernementale ; les 13 autres ont été spontanément fondées par l'initiative des municipalités.

Il existe du reste des caisses d'épargne à Turin (9,4'25 déposants; solde, 3,'245,100); à Milan ou en Lombardie (51(1 caisses : déposants 123,656, solde 95,400,500 fr. celle de Milan comptait à elle seule 68,453 déposants et 63,330,700 fr. de solde); à Florence (déposants 26,051, solde 10,374,800 fr.) ; à Rome (déposants 20,357, solde 3,855,000); à Venise enfin (déposants Ti, 773, solde 14,424,600 fr.) ces divers cbiffres pris pour les deux jtrcmières villes an 31 décembre 1863; pour les autres au 31 décembre 1862.

2 Confréries île Florence, de Livouriie, de Naples, — pieux institiit> de charité, etc.

Voir pour les institutions |)révcnlives de Venise et notamment pour la société de secours mutuels des Corporations des arts de la construction, l'intéressant ouvrage de M. le comte lMorlui;ji Hembo, des Institutions de bienfaisance et de V Assistance publique et priiée (1 vol. in-8°. Venise, 1859).

* Jmportancid de las institutioncs de prévision. — Mataro, Abadal, 1863, in-S" de 24 pages.

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