XVII
génieuse expression d'un maître de la critique ', et que nous voudrions bien voir servir si peu que ce soit aux intérêts qu'il a en vue. Il arrive, du reste, ce semble, à une bonne heure : les questions sociales deviennent de plus en plus la préoccupation constante des esprits sérieux. A défaut d'autre mérite, il aura celui de l'opportunité.
Dirons-nous qu'il est le produit d'un grand travail? cette énonciation, cependant très-exacte, serait tout à fait indifférente au lecteur. Si nous ajoutions cependant que les longues et patientes recherches, les correspondances et les traductions nombreuses, le groupement des institutions diverses, la coordination de milliers de faits dans le même cadre et dans le même objet, ne sont que le très-petit côté des difficultés rencontrées, nous dirions une chose dont quelques-uns nous tiendraient peut-être un certain compte. La véritable difficulté d'un livre comme celui-ci est dans son égal éloignement des systèmes radicaux; elle est dans la mesure. De là souvent les critiques les plus opposées, et qu'il faut savoir accepter. .
Quoi qu'il en soit, s'i est une seule page de ce long travail qui paraisse à quelqu'un ne pas respirer le désir d'être utile; l'amour profond des classes souffrantes; la foi absolue dans le progrès par les mœurs, l'harmonie sociale, la justice, la liberté, nous renions cette page : elle n'a rien traduit de ce que nous sentons.
Il n'y a pas un an, une œuvre d'art où la pensée déborde, avait le privilège d'attirer la foule et l'élite devant ce sujet si souvent traité : OEdipe et le Sphinx, a La société, a dit élo([uemment un député belge ^ la société détruira le paupérisme ou le paupérisme détruira la société. )^ Pour tous tant que nous sommes, obscurs ou célèbres, adeptes de telle
« M. Sainte-Beuve, parlant des choses qu'on sait ou du moins dont on a fait l'étude de toute sa vie.
^ M. de Ferceval