DE LA !'■'' ÉDITION
« On ne doit, disait Nicole, considérer les premières éditions des livres que comme des essais que les auteurs proposent aux personnes de lettres pour en apprendre leurs sentiments, et ensuite, sur les différentes vues que leur donneraient ces différentes pensées, y travailler tout de nouveau pour mettre leurs ouvrages dans la perfection où ils sont capables de les porter. »
L'auteur de ces études a suivi, peut-être même dépassé le conseil de Nicole. Il sait qu'il ne peut attribuer qu'à la vive actualité de son sujet l'indulgente faveur qui a accueilli un premier et trop insuffisant essai. Aussi le livre qu'il publie aujourd'hui n'est-il pas une deuxième édition, ni un travail refondu dans une ou plusieurs de ses parties ; mais un livre à peu près entièrement nouveau comme plan général et même comme pensée dominante.
La question des associations de prévoyance a fait de tels progrès depuis quelques années ; elle a revêtu des aspects si larges et pris une telle place parmi les questions de l'avenir, qu'elle exigeait d'ailleurs, pour être réellement traitée, des recherches nouvelles, éclairées par le contact personnel, fortifiées par les données acquises désormais à la science économique. Le point de vue devait être sensiblement élevé, les horizons agrandis, les conclusions plus nettement posées.
S'il est vrai que, dans certains cas, il faille beaucoup de philosophie pour observer ce qu'on voit chaque jour, ce serait, dans d'autres, le fait d'une bien courte vue ou d'une médiocre chaleur d'âme que de voir sans observer et sans déduire de ses observations ce qu'elles peuvent renfermer d'utile. Il est aujourd'hui eu