‹ Le pauvre diable;Chapitre 1 sur 40 · I -LA VISITB · texte numérisé non relu

I -LA VISITB

Je pe sms pourquoi le flot de la ^^tîan U{,térairB nous fait remouter jusqu'à Loujs XIXhÏPW3 toî^jours est-il que la silhQuette damnabk etgouâPr^e^e^ ji$i Voisin vient de passer presque iuaper^ue dans un drame édatam du boulevard (1), où mesdames Henriette d'Angleterre, de Montalais, de Mouchi-ii'Hocquiucourt et autres, les pieds entortillés dans leurs queues, comme dit madanje de Sévigné, fout feu sur nous de tous leurs diamantp faui^ et de toutes leurs aigrettes de similor (chrysQcale du temps). Pour peu que le progrès coutinuej Racine et Pascal alimenteront le pasti*

(4) ]L.e drame de Ift Chambre ardente^

che, Bossuet et le grand Âmauld danseront une courante en vrais comparses.

Quoi qu'U en soit, je prends acte de ce nom de la dame Catherine Voisin, l'exhumant à mes risques et périls, afin de lui rendre, au moyen d'une simple histoire^ les devoirs qui lui sont dus. Ce n'est pas que je prétende à la réhabiliter! Catherine Deshayes-Monvoisin, autrement dite la Voisin, n'a pas de tombe à Saint-Médard ; sa mémoire sent le roussi : tirons le voile là-dessus. Ce que messieurs de la chambre ardente ont fait à l'Arsenal est bien fait I II n'était pas juste que le supplice de la Voisin n'eiit pas lieu, nous y aurions perdu deux lettres de madame de Sévigné.

En revanche, dans ce siècle d'illustrations et de

de influence

de la^sdrîîièf^Véisà&îie m'a pas semblé une des exceptions^lefi.njoii)^Ipix}uaiU;es du grand siècle •

Le di^êpKéiQj^ ^iè^ie, en dédommagement de la Briovilliers, semblerait s'être do7iné la Voisin. La Brinvilliers, sorte d'empoisonneuse en cornettes' montées, avait sa place au banc d'œuvre de la paroisse, et ses laquais avaient des livrées petit-vert, ainsi qu'il appert des pièces judiciaires. Catherine Voisin, simple accoucheuse, demeurait dans un taudis. Il est vrai que son grenier devint un hôtel, et que la magicienne, comme Médée, abaissa son char au premier; mais toujours est-il qu'elle partit des rangs du peuple, et que sa mort, après tout, fut des plus bourgeoises. Autant

LE PADVRB DIABLE. 8

le tombereau s'illustrait de la marqui&e de Brinvilliers^ autaut la Grève était peu flattée du bûcher de la Voisin. Tout ce qui nous en reste comme épitaphe est la chanson du bon Coulanges :

N'allons jamais chez la Voisin.

Allons chez la voiitne.

Refrain final répété depuis par tous les abbés du vaudeville^ y compris ceux de M. Ancelot.

Quant au génie de cette devineresse, d'après une conversation assez longue que je confesse avoir eue l'autre jour avec mademoiselle Lenormant^ il faudrait douter d'abord que la Voisin fût très-experte et qu'elle ait bien entendu ce qui s'appelle le grand jeu; sa partie se bornait, ajoute mademoiselle Lenormant^ aux petits moyens, c'est-à-dire aux poudres de succession^ poisons, miroirs véridiques^ apparitions, horoscopes et secrets |)otir la gorge, toutes choses que mademoiselle Lenormant regarde comme-l'ABC de la magie. Mademoiselle Lenormant, je dois vous le dire, a pourtant chez elle un fort beau portrait de la Voisin, gravé par Coypel (à l'eau forte). La même demoiselle Lenormant, par suite de sa prescience divinatoire, pourra, du reste, vous entretenir plus au long de sa devancière, la Voisin. Je vous ai dit qu'elle professait une assez grande indifférence pour sa mémoire; reste à savoir maintenant si le dix-septième siècle était du même avis que mademoiselle Lenormant.

à h& PAOVRE DIABLE.

Marée haute et pleine lane « Signe de grande fortune ; Rouge aurore et ciel de feu ; Signe de mort en haut lieu*

J'ignore si Tambiguité de ces rimes à la Laensberç faisait, dans le temps, le saccès de madame Voisin; mais^ ce qu^il y a d'irrécusable, c'est que lés brouettes^ les lanternes et les carrosses encombraient tous les soirs la rue du Ckenr^Yolaut^ qui était Ift si^iHe^ et que La Fontaine était asàez distrait pour visiter Cett« sybille. C'était peut-^tre en ce temps qu'il écrivait sa Mandragore*, é

Ce qui n'est pas moinâ aVéré, c'est que le 12 mai^ 1678, sur les sept heures du matin, par un horrible temps de giboulée, où les mules avaient grand'pei&e à tenir pied, vu les miroiteries du verglas, un homme eti manteau long se laissa glisser du dos d'une de. ces montures, en remerciant son compagnon qui lui ea avait cédé la croupe. Il levait le marteau de la porte d'un vieux hôtel :

— Madame Voisin?

Une espèce de suisse, qui avait un large baudrier neuf et une épée à la dragoûe, lui ayant fait répéter ce nom par deux fois, au préalable et sans lui demau^ der le sien, l'introduisit dans un cabinet à tapisserie fanée, semée de France et de grands soleils jaune d'acre, au-'dedsous desquels on voyait encore la devise JXEc PU7RiBUd iupar. Ce qui prouvait assez que leur origine provenait de quelque larcm commis att fféj[th

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dice du garde-meuble de la couronne. L'obscarité de son vestibule préparait merveilleusement à son entrée. Celui qui posait aloi s le pied dans cette salle à reflets sombres ne fit pas même attention à son décor. Il se jeta sur un fauteuil de cuir à reliefs dorés, comme aurait fait le propriétaire de ce vieux meuble, et, prenant son temps avec majesté, bâillant et croisant les jambes devant le suisse ébabi, jusqu'à ce que celui-*ci reculât en entendant cette injonction : Faites venir ma sœur. La figure du suisse éclata d'un joyeux rire :

— Monsié serait frère de matame? dit-il en frappant son gant contre la pomme de sa canne. Tertaf I foilàt-il bas un frère joliment cossu! murmura-t-il entre ses dents. Il y àvre sans doute longtemps que matame n'âvre vu monsié. Gbe vais pien me garder de dire à matame que c'est monsié son frère ; monsié il aura pris, che crois, cette mauvaise robe d'afocat pour lui faire un surprise... #

Au lieu de répondre, le visiteur devint en ce moment la proie d'une quinte de toux des plus tenaces, toussant à s'arracber le foie, frappant du pied, maugréant et s^éloignant d'un réchaud sur lequel il venait

de se pencher. La chimie l'avait pris à la gorge 11

était cramoisi quand une grosse femme entra dans la chambre.

Autant qu'on peut en juger, d'après le burin de Cojrpel, madame Voisin avait le nez épaté, les pommettes fort éminentes, des lèvres de négresse et deux petits yeux coomie un chat gris. Ajoutez qu'il était à

peine fanit heures^ et ^'éveillée comme Jonie^ elle arriTait dans l'appareil le plus simple. La sybîUe avait apposé à la hftte un toqaet amaranthe sur mue -perruque blonde à la Ninon^ qui jurait avec ses sourcils teints de noir. Elle avait eu seulement la précauticm de mettre un gant de buffle à sa main droite (celle dm opérations cabalistiques). Dans ce costume^ elle «van* çait majestueusement v^*s le demandeur en question^ pensant peut^tre avoir affaire à quelque seigneur ou marquis moucheté de pertes.

Aussi, quand^ après avoir tiré les anneaux d'une portière pour l'envisager au jour, elle le recomiut, il n'y eut, je vous jure, aucune efftisiOQ fraternelle dans sa démarche^ car elle balança ses hanches d'un air de mécontentement visible en s'écriant :

•^Quoi doncl c'est vous que voilà^ M. Deshayes^ Oeorgeot?

Et cependant M. Georgeot [car c'était lui) ouvrait ses d^ttx l»ra6 longs et maigres^ comme les membranes d'une 45hauve-souris, pour serrer sa bonne sœur contre sa poitrine.

Mais la Voisin restait insensible; la Voisin atait bien autre chose à faire que de constater la présence d'un frère dans cet homme habillé de noir, qui tc«tbait chez elle comme un exploit.

Elle accorda pourtant uûe sorte d'accdade au frère que la I^vidence ou le démon lui envoyait» Tiès-évldenonent dans cette homme de robe ^e reoonliâiBsait battre Deshayes-Georgeot, sou frère, âYoeatatl irtége

d«tgtietirial de l'aUiaye de Saint-Germain-des-Préfi-les^ Paria.

*^ Je vans eroid voir venir^ mon^ietir mon frères e'€0l«àrâire ^e c'est encore quelque monnaie que tous t&aeg, {Kmr me Boutber. Cette fois, du moins^ vous ne TM» êtes pa» oGUtenté d'écrire, et Toud voilà venir en pemniae. G'eit bien de l'hcmneur pour mpi..^ Parlez donet

Sfaitre Georgeot> si ferré qu'il fût sur les exordes, A^A pQl d'abord trouver aucun. Seulement, conyaincu, d'aprôs le précepte démosthémeu^ que le geste est beaneeap dans le succès de l'orateur^ il prit stcnLquenetit de sa main le pan de sa robe et en étala les cica* 1»6es devant la sybille.

'^ N'avex-'vous point honte?... reprit celle^i, et> à voir votre oecautnaaient, ne dirait-on pas, monsieur Georgeot^ que vous jouez à la baseette et au lansqueâet) SA lieu de mettre ordre aux archives de Saint*- Oermain? En vérité, mon frère, cela devient non par* donnable f Je vous ai fait bailler tout réeemment sept aunes de soie^ à moins que mademoiselle Deshayes- GeCHfgecytf ma très*honorée belle-ft<Bur^ ne remploie à se faire monter des robes à plis, pour aller voir passer les noces de mademoiselle de Louvms...

«^ Hélas I ma très-bonne sœur^ je ne vous saurais dif« & quoi rêve à cette heure mademoiselle Georgeot^ et n^en prends nul souci ; mais mon existence est bien aÉreuse : iniqua pMpertml comme dit Tavocat des ReBtrBs« Figurez-vous que ines souliers prennent Teasi

de partout!... L'abbaye de Saint-6ermain-des-Prés me rémunère si peu des sacrifices que je lui ai faits I Cet hiver j'ai quitté le palais, comme bien savez, avec Tesfime de mes confrères, et une pension de cent écus, renonçant à tout; à rencontre des remontrances et prières de M. Tenquesteur-général, à la table de marbre, mon protecteur et bon ami, lequel me trouvait fort divertissant à Taudience... c'est la parole dont il usait. Vous ignorez peut-être bien que j'avais en outre un motif préjudiciel et personnel : imaginez donc que la seule cause que j'aie gagnée dans ma vie me vaut encore, à cette heure-ci, des persécutions et palpitations d'efifroi!... Un certain marquis, contre lequel je plaidais et contre lequel aussi le premier tribunal a rendu jugement, a trouvé agréable de m'écrire à ce sujet, pour me prévenir charitablement que si le Ciel m'offrait à lui quelque jour, il me couperait les oreilles. Soyez donc rhétoricial et disert après cela! Ce maadit homme affirme que j'ai détourné du greffe certaines pièces, desquelles il espérait tout le triomphe de sa cause : c'est pure calomnie. J'ai bien encore sur moi, dans mon portefeuille, deux ou trois lettres du gentilhomme en question, que je garde sans trop de motifs. Mais c'est pour la curiosité de l'écriture d'un grand seigneur, et voilà tout. Ces gens de qualité ont une orthographe si drôle ! Force m'a donc été de me soustraire aux poursuites de cet enragé de marquis. Je me suis voué à messieurs les Bénédictins. Ëh bien, maiatenant, me voici plus râpé, plus mal reguêtré qu'un

plaideur de Gaudebec; les yeux enfoncés, et la sou* guenille en morceaux , à tel point que les savants religieux proposaient Tautre jour à leur abbé de me faire monter sur le grand pommier du jardin afin de servir d'épouvantail aux moineaux qui rapinent les fruits : deprœdatores, ainsi que dit encore Gicéron^ lequel n'entend parler des avocats. . .

Pendant ce long préambule d'afflictions , la Voisin bâillait en distribuant quelques darioles à son singe...

— Ge que vous avez compris^ reprit alors M. Des* bayes avec beaucoup de finesse^ c^est que ma femme, chère sœur^ me ruine et nous abîme en de folles dépenses^ achetant chaque semaine des robes de soie gaufrée^ des fan&eluches et des onguents pour la peau^ sans compter tout ce qu'elle absorbe de livres à la mode ; disant à cela qu'elle voudrait coucher avec le grand Alcamène, avec Gyrus, Benserade et autres; ce qui^ après tout, fait naître dans son esprit mille comparaisons désordonnées et désavantageuses pour moi. . . On va jusqu'à dire^ dans notre rue du Golombier^ qu'à force de lire des princes, elle aurait trouvé, l'autre semaine, un gentilhomme des plus muguets et des mieux emperruquéfi ; enfin l'on dit qu'ils sont en commerce^ et c'est pour en devenir fou, ou pour se faire bénédictin, si l'on n'était.. •

— Quoi donc ? procureur ?

— Eh non, ma sœur, si l'on n'était marié ; c'est encore pis 1

— - Mais votre charge, mon frère? Par votre charge à

fO ht FàOfRlt DlàBLB.

VaUMuye voua faites afifaire avec des saiais bifiu pourvus

«I Me& viYAnte«..

*- C'est Qela^ parce qu'îb m'i&yiteroiit pour diâer eft mftigfe de temps à autrei'^et que je paiierai latm «veO euxi je deyraisètre aussi arrondi que kur tréftm^ ekfr peut-être 7 Mais songez ddnc qu'il n'y a pas un petit procès^ ma boime sœur, pas une pcriite oeUte8(«^' tkmlt.. Ke me pttftea pas de la paix du elbitre^ grand Dieul la paix du elcifrey c'est la mort de Tayocatl Cas geoA-là sont tranquilles à m'en donner les fièvres ! N'a- Yiâeni^ils pas l'autre jour encore le plus magnifique si^el de procédure dans le vol de leurs fruits! Des poires s^^besy sur des espaliers greiiés de la main d'ua roi!«*» Car ce n'est pas moins que le roi Casimir qui les attire l le roi Casimir^ e'est>*à-4ire l'ancien mo- BUxque de Potogi», grandMiuc de LitlHianie^ Samogi-* fia.»* que vous dirais^je? On s'y perdrait dans la titulataie obligée pour les actes de ce prince-ahbé I

"Vous deree savoir qu'il s'est retiré chez eux et s'est fait moiiie de cceur et d'esiuit* Le voilà leur abbé eamma&dataire) svliitua onm fwnore^ je cite Horace* Oonoeveas^votts après cda qu'on ose lui voler ses poires et son fiisinY Btdire que ce sont desdseaux! Je soup^ qohm pimot quelque voisin désireux des poires roya* les... Je ne demandais que ce procès Ji pour tUe faire connaître au siège de l'abbaye 1 Eh bien^ pas du tout^ lo pioeèt a'est envolé comme les weaux I (Madame Voisin s'endormait)

Vouitdamoxni» boaaesamr, t'éeiial'imperturMiIe

LE PAUVRB DlàBLB* Il

Mé Oeotgoot> préci^taat alMt sa péroralMn et rom** p«it le» chkuspar uiiôm«iMBiim adroite} or mm, ma bonne sobiVî dit-il en Tonlaiit Mmrire à la YoWn, Je vois qm le sort rOus traite ïàai mimx* Si Je n'«i fw ehes moi des coortiiies de Flaûdiv et des meoMea de damas^ je tmt qàe tous atez, Diett neteii ofl iM k6^ td» on carrdBse, et, de t>l!lS9 une mauitee de iiiiiie« Yèrtodiea 1 èe qa6 c'est qae d'avoir une MBor derlne^ resse i Nous savons que vous en Dûtes voir de beHes é ises beaox meesieure de ki eour, messieurs de Yilto* roy^ de Luxembourg et autres l Mademois^e 6eor« geot rit toujours eu perlant de vos eeorets A l'usage des dames. D'autres disent que vous étudies la métal- Imrgie et les poisonsi Les péisons^ bon Dieu! mais t quoi eela vous mèiierail*ilt D'aboid vous nliériMiea pas de moi...

Ita pe^ nàgre dont M. Georgeot n'avait pas même eodendo le pas sur le vieux tapis de la 8avemiffiriej tpâ recouvrait le plancher de la salle, un petit nègre remit ahm à madame Voisin une large lettre dont la main de la devineresse brisa le cachet; mais^ pour la pl^ mière fois de sa vie^ la Voisin sembliât contrsÉDrte et iitésdlue.««

~ Maîtresse^ le porteui!' du billet est en bas él tt attend votre réponse. C'est un piqueux qui arrive ée Marly.

«^ Fils d'A^r» n'introduisez qui ^e ee Mtt dans mon <lo^bAim } qu'on attende ^ laissea-ndus*

Ne voulant pas» même en présence de smi ISrère^ dé-

i% LE PAUVRE DIABLE.

roger à ses procédés magiques^ la Voisin s'assit de>,-:nt une table d'ébène incrustée d'argent, les yeux fixés sur un manuscrit triangulaire qui reposait sur un coussin de brocard de Smyme, et dont elle n'osait re- ! tourner les feuilles de vélin qu'avec une spatule de composition métallique. Son visage était immobil^^ elle regardait tour à tour le livre et la lettre en question. Très-sûrement l'abbaye de Saint-Germain, les pèches du roi Casimir, et la misère de M. Georgeot étaient bien loin de sa pensée. Pour un œil plus subtil | que celui de l'avocat, la devineresse était à la gêne, et cette lettre Tintriguait visiblement. i

— Papiers perdus; conjuration; cent pistoles / Ces . monosyllabes bâtés fendaient le coin de sa bouche plutôt qu'elle ne les prononçait devant son livre. Son bandeau de faux cheveux était baigné de sueur. Durant ce temps, M. Georgeot se répétait à lui-même le quatrième livre de Virgile; la sybille et le bacchatur in antro. I

Il crut un instant que sa sœur allait se trouver |

mal... I

La devineresse le repoussa du regard et du geste... i

Elle écrivit quelques lignes en toute hâte, ensuite elle j siffla son nègrQ et fit remettre sa réponse au piqueux ! de Marly.

Celui-ci, au bout de quelques instants, ne tarda pas i

à revenir avec un sac d'espèces qu'il posa diligemment au pied d'ime mandrugove accrochée au mur, et que I l'avocat Georgeot avait prise innocemment pour une

^ LB PACVR8 DIABLE. iS

petite figure en (Mipa de tigni!, informe et difforme. ^ Oui ââ^ ma Mtitf tdilA comme on fait des affaire^^ dit maître Geofgedt, el vous n'êtes pas longue A contenter vos prati^uesj Combien aY^É-yous dans la saoochot

— Cent pistoles pour fnol, inôti frère ; en outre^ cent autres pour tous^ sans éompter ce qui vous retiendra ee icdr, dit^elld à toii basse^ si Vous voulea r^emplir une sorte d'emploi (pie Je Vous vais assigner.

*^ Quel emplôii ma sœur? dit Tavocat alléché. Serait-ce une défensivei uae production, une enquête!

*- Ëeoutei, rnoii frère. Vous aveai cinqUante-deux âUlêi II fie faut pas être sorcière pour Voir que vous n^avee pas grand esprit, et que Vous feriez difficilement unifie de Gicéron...

•**- Merdi> èontiflueij.

*- AVôé tous donc, qui vous lutteriez piper comme tant d'autres, je veui bien mettre de côté la nécromancie^ la ridMiomancie, la cabale et Tastrologie judiciaire} il me faut un assistant, et j^aime autant que ce $oit vous.

^ Vous aider! mais qu'entendez-vous par là, ma sœur? est'-ee à dire que je m'en vais pratiquer comme vous des sortilèges et des évocations ab inferiorê ? grand merd, ma chère Sœur> je n'ai pas la moindre vocation pour le bûcher... D'ailleurs, un homme d'église, un avocat d'abbaye royale !. . .

— U me semblait, monsieur mon frère, que Vous

ie LR PAUVflK DIABLE.

— Yoiçi le sac d'argent que ja donne h wm* te potde-vîn le suivra.

^ En diable I répétait maître Geofgeot.

-^ Eh bien oui, dit-elle^ endiablée d'impatienae^ cala n'est-il pas bien difficile, avec une queua et des cornes !... Dépêches^ VQU9, au moins^ car il ne voua reste que le temps d'ajuster votre habit d^enfer.

-— J'imagine, madame ma sœur, que vous aves cet équipement chez voua^ et quand je serai prôt^ vous m'apprendrez sûrement ce qu'il faudra faire I

— Entrez par ici, cela ne sera pas long.

— Allons^ répéta maître Georgeot, c'est uniquement A dessein de vou£| faire service et vous oMigar par amitié fraternelle; mais si le soft voulait quHl a^ensuivlt malheur à quelqu'un, vous sentez bien sur la tête de qui cela devra tomber, madame Voisin ?•••

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