SCENE XII
BERNARD, pu/s MARCEL.
BERNARD , seul. £!st-il possible !... cst-il
possii>le! ch bien! parlez donc d’af*
faires à un pareil homme ! vous croyez
qu’il vous écoute... brrrrr votre serviteur de tout mon cœur la tête n’y est
plus. . . il divague. ... il se promène dans les nuages., oh ! ii’importe, j'aurai son opéra ; il me le faut., ma réputation en a besoin..
( Regardant par la fenêtre. ) Il est déjà en
l>as allons , bon ! il coudoie tout le
monde.... le voilà sur le port.... il interroge les matelots , les passagers. . .
MARCEL, apportant un habit. Tenet, mon ami , voilà... (A part.) Encore le propriétaire... ( Haut. ) Où donc est M. Jacques?
je lui apportais...
BERNARD , refermant la fenêtre. De l’argent?
MARCEL. Non... un habit dont il a besoin.
(11 le poie sar une chaise.)
BERNARD. C’est que je vous avertis, mon cher, que je suis las de loger les gens sans
être payé M. Jacques vient de se jouer
de moi et aujourd’hui même..... je le
mets à la porte.
M.VBCEL. A la porte!
BERNARD. Et demain, je ferai vendre toutes CCS vieilleries.... afin de ne pas tout perdre.
MARCEL. Oh! ce n’est pas possible, monsieur Bernard... je vous crois incapable d’une pareille action.
LE PAITTRE IACQDE8.
tt
BEBiVAED. Oh! oui| jc TOUS VOIS venir)
vous allez me Ur.lier vos grands mots... .
riiuinanit^) n*est-ce pas?... la pitié?.... je comprends tout cela au.ssi bien que vous , monsitur.
MARCEL) à Ju^méme. Lui !.. sans asile!., sans ressources... ( H Bernard. ) Monsieur bernard, quelle somiiie vous doit M. Jac* ques?
BF.niVARO. Dainl... deux cents francs, à peu pi es.
MARCEL) à lut-m^me. Doux cents francs!
et ce capitaine qui m*a offertde m’en avancer quatre cents! EnaccepLiot) mou
pauwe Jacques aurait du pain pour
quelque teins. (//«u/, et avecjfermeté.) Monsieur Bernard , vous ne ferez {>as vendre
BERMARD. Kli ! qui m*en empêchera, monsieur?
MARCEL. Moi... . car avant ce soir.... je vous porterai votre argent.
Bi:n:v\RD , à part. Que dit-il?... {Haut.) Ali ! bah !... promesse de poète, promesse de fou î
MARCEL. Oui mais cœur de poète,
cœur gi'néreux ! dans deux heures , vous loucherez ce qu’on vous doit.
BERiARD, à part. Diable!.... mais j’aimerais bien mieux mon opéra... tdchons de revoir Jacques, et de le décider.
BeRTf.tRD-
Am : Ne raillez pas ta ffftrde eifoyenne.
Au revoir doDc, tilicu, monsieur le poète;
A ravenir, je veux éire exigeant.
MAllCEt.
Du pauvre Jacque, oui| je pafrai la delle,
Avant ce soir, vou» aurex votre argent.
ENSEMBLE
BRRMAKD-
Au revoir donc, adieu, monsieur le poêle,
A l'avenir, je veux èrre exigeant ;
De votre ami venra payer la dette,
Avant ce «oir, il me faut de l'argent.
SimCRL.
Adieu, monsicar, oui, je vr>us le répète,
A votre gré, roonirea-voui exigeant;
Du pauvre Jactjuc, oui, je palrai la dette,
Avant ce aoir, voua aurex votre argent.
{Bernard sort.) ,