‹ Le pavé; aphorismes ... album intérieurChapitre 67 sur 80 · PASTEL · texte numérisé non relu

PASTEL

A l'avanl-train de la petite bagnole qui supporte l'orgue de Barbarie, l'enfant dort dans un moïse d'osier, sur une paillasse de chiffons, sous une courte-pointe on mauvaise sparterie. C'est une fillette rousse, une gossoline de gueux qui a l'air d'une infante. Ses cheveux créponnés semblent des vrilles d'acajou. Sa frimousse si blanche, avec ses joues si crûment enluminées de vermillon, fait tout de suite penser h. deux roses rouges tombées dans un fi'omage à la crème. Le lacis de ses veines est finement tracé sur sa peau comme avec la pointe délicate d'un crayon d'azur. Toutes ces nuances se fondent et s'estompent dans le demi-jour de la barcelonnette. Mais le jaune clair et menu des taches de rousseur est la note dominante. On dirait qu'un fantaisiste japonais, pour rehausser ce pastel en ailes de papillon, a souffié sur la figure un nuage de poudre d'or.

366 LE TAVE

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