FUSAIN
Le corridor de la maison s'enfonce dans une perspective de ténèbres, où le noir s'ajoute incessamment au noir, sans empocher toutefois de distinguer, là-bas, tout au fond, l'étincelle de jour qui s'accroche à la pomme de la rampe et le gras luisant des premières marches humides. Plus près, le seuil de la porte est d'un gris sale. La ménagère qui bavarde sur le trottoir est plus claire déjà. Quant au charbonnier, sa face de suie donne plus d'éclat à l'émail de ses dents et à l'argent de ses yeux de nègre. Enfin, au premier plan, triomphante, brutale, la blancheur s'épanouit soudain dans le jet d'eau qui gicle du tonneau, un jet tout d'une coulée, presque solide tant il est dense, un jet qui semble une barre de lumière. De loin, on ne voit plus que du noir tranché par ce blanc cru. C'est comme une draperie de velours subitement crevée d'un coup de sabre.