‹ Le pavé; aphorismes ... album intérieurChapitre 70 sur 80 · EAU-FORTE · texte numérisé non relu

EAU-FORTE

Du bilume, chauffé avec des dessous de jaune et glacé de laque. Du fauve, nuancé depuis le cuir le plus sombre jusqu'au vélin le plus délicatement safrané. Toute la gamme des ors qui miroitent sur la robe d'écaillés du hareng -saur longtemps fumé et toujours' huileux : ors presque rouges, ors de capucine, ors d'ambre, ors pâles, ors vaguement verts, ors quasi-blancs et seulement teintés d'une imperceptible rousseur. Tout ce que la science du clair-obscur, de l'ombre colorée, de la nuit fondue , tout ce que la morsure de l'acide sur la plaque de cuivre, tout ce que les dégradations de l'encre grasse sur la pulpe du papier mordoré de vieillesse, tout ce que peuvent donner les ressources de ce merveilleux art de l'eau-forte, tout cela vit et palpite dans l'échoppe du savetier, à l'heure où le bonhomme travaille devant sa maigre chandelle, dont la lueur se tamise à travers la boule d'eau de saint Crépin.

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