‹ Le pavé; aphorismes ... album intérieurChapitre 78 sur 80 · ROUVRONS LES YEUX · texte numérisé non relu

ROUVRONS LES YEUX

Le poète, ayant ainsi feuilleté son album intérieur, rouvre les yeux et se retrouve en face d'une page blanche où il n'y a rien de tracé. Mais, plus heureux encore que le peintre, il n'a pas besoin de broyer des couleurs artificielles sur sa palette pour traduire matériellement l'intraduisible vie de la nature. Il se contente de barbouiller cette page blanche avec un peu d'encre noire, et cela lui suffit pour évoquer son souvenir et pour fixer dans l'imagination des autres tous les tableaux qu'il a vus, "grâce à la toute-puissante magie des mots, qui sont aussi multicolores que la matière elle-même, aussi variés, aus^i profonds, aussi créateurs... Car n'est-ce pas créer une chose que la nommer?

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