‹ Le pavé, comédie en un acteChapitre 14 sur 79 · I.ODISE, ft jMirt · texte numérisé non relu

I.ODISE, ft jMirt

Ah! comme j ai eu tort de ne pas rester derrière ia porte!

DURAND

Mais j'ai à cœur de réparer ma négligence. Ne te doi»-je pas cela? Ne m'as-tu pas fait un bien immense? Tu m'as ouvert le cœur à l'amitié, à un sentiment plus doux encore, que sans toi" je n'aurais jamais connu : le sentiment paternel! C'est vrai, ça, vieux piocheur, je me serais desséché, pétrifié avec mes cailloux, n'est-ce pas? Je serais devenu sombre, hypocondriaque, insup- |X)rtable; ça commençait! J'avais des moments d'humeur, même avec toi. Tu dis que j'ai toujours ^lé bon! Tu oublies que bien souvent je t'ai traitée de niaise el d'étourdie! .Mais ça ne m'arrivera plus. va. je t'en réponds.

LOUISE, à part

Hdas! tant pis!

DUBAND.

Oui, je pensais à ça tantôt en revenant ici.

LOUISE , soariant.

Vous pensez trop. Vous avez laissé votre sac de voyage au beau milieu de la route.

DURAND

Méchante ! tu ma grondes! Que veux-tu, je pensais à toi ! Je me disais : Une femme douce, instruite el charmante est un trésor dans une maison, un rayon de soleil dans la vie d'un pauvre ermite... Qu'ai-je besoin d'aller chercher une compagne à la ville, quand tout prés de moi...

LOUISE

Ah! vous aviez l'idée de vous marier? Votre voisin? me l'avait ilit! Eh bien! est-ce que vous y renoncez?

DURAXD.

Oui, oui, sois tranquille! Personne autre que toi ne commandera ici.

LOUISE

Mais, monsieur, au contraire, je...

Sois tranquille, je lo dis! Mais dis donc, Louise, tu vas encore te moquer de moi. Je crois que j'ai faim, je me sens la poitrine tout en feu, et je ne sais vraiment pas si j'ai déjeuné ce matin.

LOUISE, riant.

Je parie bien que vous n'y avez pas songé. Votre repas vous attend. Allez donc, monsieur, allez donc vite!

DURAND, nUant au fond.

Oui, oui, j'y vas! (se retournant.) Mals... tu vas venir, n'est-ce pas? Je n'entends plus que tu me passes mon assiette, c'est l'affaire de M. Coqueret. Tu causeras avec moi, tu me parleras de tes poules, de ton chevreau! Il va bien, ton petit chevreau?

LOUISE

Oui, oui, monsieur; allez!

DURAND , ;m fond.

J'y vas! (se retournant.) Ah! ma foi ! j'ai le cœur content d'être revenu, de revoir ma maison, mon jardin, et toi surtout! Au revoir. Louisette! fn sort par Ic fond » droite.) '

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