SCÈNE DOUZIÈME
DCRAND.
Oui, mais tu sais qu'elle ne me charge pas de le donner de ses nouvelles ?
COQL'ERET, se levant.
\h\ ça se peut bien, monsieur. Il reste en place et regarde dans U
letlr.v
U f a .\. M) , à pari.
Est-ce un cartel qu'elle m'envoie, cette femme terrible? (saper-
ccvant que Coqueret reat lire arec lui, il tient la lettre comme pour la lire à deux,
puis s'arrête et dit : • Veux-tu me faire le plaisir de l'en aller là-bas !
, u lui montre le fond. )
COQUERET.
Oui, monsieur, je veux bien. (Arec on en.) Âb !
DURAND
Hu' est-ce ?
COQUERET.
Uieu, monsieur. ,a pan.) J'ai mon idée.
DURAND hausse les épaules , se lèTS et se met à lire.
< Je devTais n'avoir jamais aucun rapport avec vous, mais en ce « moment, j'ai la main forcée. Des personnes qui désirent vous « connaître et qui viennent de descendre chez moi, veulent abso- « lument que je vous invite à dîner. Comme c'est la seule occa- ! siôn qui vous reste de réparer vos torts, je compte que vous ne « refuserez pas. Je vous attends à six heures. » Ah ! que le diable les emporte, ces persounes-là ! que faire! Je ne peux pourtant pas me brouiller avec cette brave voisine! u va à son bureau.)
COQUERET, an fond.
Monsieur, on attend la réponse !
DURAND, se mettant à écrire , U s'assied.
C'est bien. iÉcnrant. ; « Chère amie, lorsque vous m'avez quitté (( ce malin, un peu fâchée contre moi, par parenthèse, j'allais M vous dire... » ; s'arrotant.; Je ne sais pas trop ce que j'allais lui dire, je n'avais pas de très-bonnes raisons à lui donner... J'allais vous dire... a pleine voii.) Ah! au diable! je m'en tirerai comme je pourrai.
COQUERET, parlant par-dessus la balustrade du perron.
Allez au diable! Monsieur s'en tirera...
DURAND, l'appelant.
iMalheureux ! veux-tu venir ici et te taire! comment, je ne suis pas libre de penser tout haut !
COQUERET.
Dame! je croyais que monsieur...
DURAND
C'est bon ! dis que j'irai. (Il prend son journal, j
COQUERET, par-dessus la balustrade.
Monsieur ira. Oui, il ira, à revoir ! quoi ?
LA voix, du domestique au loin.
C'est la iête aujourd'hui. Viendras-tu?
COQUERET.
Peut-être bien. J'enverrai monsieur coucher de bonne heure! (A part, revenant.) Mais faut que je me dépêche de lui parler, puisqu'il va sortir, (Haut.) Monsieur... (a part.) Il ne m'écoute pas, il lit dans son journal! (uaut.) Monsieur, vous êtes un bon maître... un homme d'esprit... un grand savant... (a part). Il ne m'entend pas du tout! Je vas me plaindre un peu! (u tait trois soupirs gradués, au
dernier, il tombe sur la chaise de droite en regardant à la dùrobée s'il a éveillé l'attention de Durand. )
DURAND , sans se retourner.
Eh bien ! qu'est-ce que c'est que tu as ? mal aux dents 1
Non, monsieur, c'est dans le cœur.
DURAND
Bah ! c'est la croissance !
COQUERET.
Non, monsieur ; monsieur me prend toujours pour un enfant ; j'ai vingt-deux ans et demi passés.
DURAND
Tiens, c'est possible, au fait! Eh bien! (ju'est-ce (jue lu sens au cœur ? des élancements ?