SCÈNE DOUZIÈME. t
COQUERET.
Oui. mon*ipur, ra mo pique, ça me I>rûle. ef Çi\ me poignarde.
nCRAND.
Il y a quelque temps que lu éprouves ça ?
COQUERET.
Il y a déjà quelque temps, oui. Monsieur.
DURAND
C'est quand tu te fatigues?
COQIER ET.
Non. monsieur, c'est quand je pense à la Louise !
DURAND, tressaDISDt et se retoornaiit.
Ah ! oui-dà ! vous vous permettez d'aimer Louise, Monsieur te drôle!
COQUERET, se lerant et tonniant le dos à Dorand.
Bon! Il a deviné ça tout de suite, ça va bien!
DURAND, tremblant de rol^re et arançaat sur loi.
Répondez, faquin, vous...
COQUERET. effrayé.
C'est pas moi, monsieur, c'est elle!
DURAND
Comment, c'est elle? Qu osez-vous dire là?
COQUERET, se montant la t^te.
Oui, monsieur, c'est elle qui a idée de m'épouser.
DURAND, froissant son joaroal.
Voyons, parlez!
COQUERET.
Moi, je ne m'en souciais déjà pas tant, je lui disais : « Nous sommes trop jeunes. » Mais elle a dit comme ça : « Nous sommes en bon âge; moi dix-sept ans, loi vingt-trois, c'est ce qu'il faut. » Mais, moi, j'allais toujours disant : C'est trop tôt, Louise, c'est trop tôt! Pour lors. Monsieur, elle a tombé dans un chagrin que. tout le temps que vous avez été absent, elle n'a fait que geindre et
pleurer, si bien que je me suis laissé attendrir, et que la pitié m'a rendu triste et malade, et que j'ai consenti à vous en parler, monsieur, pour lui faire plaisir, à cette pauvre fille; car pour elle, jamais elle n'oserait vous dire combien elle m'aime, mômement que si vous la questionnez, elle est dans le cas de vous repondre que j'ai pris ça sous mon bonnet. Mais faut croire ce que je vous dis et pas ce qu'elle vous dira; et comme je vois bien qu'elle en mourra, me voilà dans l'idée de l'épouser, et je viens vous le dire comme au meilleur de mes amis, à seules fins que vous lui commandiez le mariage, et comme elle vous est obéissante, aussitôt que vous aurez dit : // fmil! elle sera décidée et vous aurez fait son bonheur. Voilà ce que c'est, monsieur, pardonnez-moi si j'ai dit quelque bêtise.
DURAND, après un moment de silence, dit d'une voix altérée. Sortez ! ( Coqueret hésite. )
COQIIKRET.
Monsieur dit?...
DURAND, liors de lui.
Sortez donc! (coqueret sort tout penaud.)