I. Dnrajid, Louise
i. Louiâe, Luraud.
Louise qui se penche à la fenêtre.) Eh bien! tU lui parles, tU l'appel IsS ?
LOUISE, sans se retourner.
Non, monsieur, je le regarde, je le suis des yeux. Savez-vous que ça m'inquiète de l'avoir vu sortir comme ça en refusant ses gages et en me regardant d'un air... Le voilà qui se promène du côté de l'eau I
DURAND, ému at allant aussi près de la fenêtre.
Est-ce que tu le crois capable?...
N LOUISE, se retournant.
De s'y jeter? ma foi, que sait-on? Il m'en a menacée deux fois aujourd'hui. Il n'a pas la tête bien forte!... Être chassé comme ça de chez vous, qui êtes si juste et si bon , c'est une grande honte, on est capable de croire dans le pays qu'il a fait quelque chose de bien mal! Le voilà perdu pour un mot dont il n'a pas senti la conséquence, pauvre Jean !
DURAND, jaloux.
Louise, tu pleures?
LOUISE
Eh bien! oui, monsieur, je pleure... c'est mon camarade, mon ami d'enfance , mon bon compagnon de travail , mon pareil, à moi !
DURAND, au comble de l'exaltation.
Mais, malheureuse ! c'est de la passion que tu as pour lui ! Tu ne sais donc pas... Tu ne vois donc pas que tes larmes me rendent fou ? Ah ! ma tête, ma tête ! (Moment de silence.) Voyons, Louise, ne crains rien, quitte cette fenêtre !
LOUISE
Non, monsieur, je ne veux pas. Voyez, le voilà qui court tout droit vers la rivière... Monsieur, rappelez-le! (venant se mettre à genoux aux pieds de Durand.) Monsieur, pai'donnez-lui , je vous en prie 1 (Retournant à la fenêtre et criant. ) Jean! reviens!... Mousieur te pardonne, Jean!... Il ne m'écoute pas!... Jean! (Lu voix lui manque.) Ah! ce n'est pas possible de le laisser faire ! (euc sort en courant.)