‹ Le pavé, comédie en un acteChapitre 6 sur 79 · SCÈNE TROISIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE TROISIÈME

vous sràtez à plaisir votro oxistonce avec dos billevesées! Voilà un homme bien heureux et un citoyen bien utile, qui ne se plaît qu'à remplir sa maison de [«vés de rebut et de coquilles cassées î Je vous avertis, moi, que vous ferez une sotte fin, que vous deviendrez un pétlant ridicule, un cœur sec et frivole, un cerveau romanesque, un fantasque et un cassandreî

DURAND, rinnt.

Diable! voilà bien des maux à la fois !

MADAME BERNAV.

Oui, oui, et que vous tomberez dans quelque déplorable folie, car l'homme est fait pour le mariage, pour la société, et quand on vit tout seul, on arrive à des fantaisies dont on ne s'aperçoit pas tout de suite . et qui deviennent des passions très-fàcheuses. Prenez garde à vous, mon cher ; vous prétendez connaître tous les secrets de la nature, et je vous dis, moi, que vous ne vous connaissez pas vous-même. Vous ne voulez pas vivre comme les autres? Eh bien, celui qui veut faire autrement que les autres, n'a pas le goût des clwses raisonnables, et celui qui n'a pas le goût des choses raisonnables... je ne vous dis que ça, monsieur Durand, je ne vous dis que ça. EUe sort.i

SGÈNK m.

DURAND, seul.

En voilà une kyrielle! Faut-il que j'aie de la patience! mais il faut bien endurer quelque chose de la part du beau sexe, surtout quand on est le plus jeune d'une dizaine d'années. Dirait-on pas que c'est demain m:itin que je vas devenir cacochyme? que je dois me presser de chercher un bâton de vieillesse? Eh! allez vous promener avec vos sermons ! Me marier ! avant de prendre un parti, il faut bien au moins que je cx)nsulte mon monde, mes parents, mon entourage, et mi^me Louise, Louise surtout qui est nécessaire au repos et au biennMre de ma vie: Si elle craignait d'être rudoyée par une maîtresse acariàlre ! Louise s'e^t dévouée à moi. toujours, en toutes chose*, jusqu'à mordre à \.\ s< ience

pour m'ètre utile. Quelle autre oui eu ce bon sens et celte générosité! (II se Itvo, regarde sa collection avec satisfaction.) Quand je pense

qu'une femme ignorante et taquine pourrait jeter tout cela par la fenêtre cl me forcer à m'occuper de ses chiffons, vouloir me mener au bal!... Mais où donc est Louise? Elle est peut-être malade!... Et ce drôle de Jean Coquerel, pourquoi n'est-il pas là? (n appelle.)

Coqueret! (n va ouvrir la porte de sa chambre. ) Coqueret! (il tire le cordon de la sonnette.) Coqueret! (On entend de très-loin Coqueret qui répond. )

COQUKRET, dehors en courant.

Voilà, monsieur! voilà, monsieur! voilà, monsieur! (Jusqu'à rentrée. Il entre avec la sacoche de Durand sur l'épaule. )

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