SCÈNE DEUXIÈME
D r R A N D , San» l'écouter, «tec joie.
(Vo-îf tino srypilôo arquée! Une tn'gonie eïMw^ii-r....
MADAME BBRNAY.
Qui? Ma nièce? Une gryphée! une bo?sue! Qu'entendez-vous parla, je vou* prie? Il n'v a ni eriffi^-s ni pihbosités dan*? ma famille !
DIR AN h.
Eh ! je ne vous parie pas de votre nièce, ma chère madame ! J'examine ce que contient ce magniGque bloc d'oolilhe. Dix-sept espèces de débris dans une seule pierre! Et quand je dis débris, beaucoup de sujets sont dans un état de conservation parfaite ! Voici la térébratule épineuse, la Pholadom\'a fidicula, Nërinéa hiéroglyphica, Cidaris coronata...
MADAME BERXAT.
Et patati, et patata!... mon ami, vous devenez insupportable. Pensez un peu moins à vos pierres et faites-moi la grâce de m'écouter. J'apprends de ma sœur que vous étant rendu a la ville pour voir sa fille, vous avez tout simplement oublié d'aller leur faire visite. (eu« se lèTe.)
DVRAND, se lemnt aussi.
Eh bien! je n'ai rien oublié du tout. Je n'ai pu me résoudre, il est vrai, à faire cette visite embarrassante; mais j'ai vu votre nièce à la promenade. Je l'ai trouvée fort bien. C'est une grande blonde, mince, élégante, un peu maigre par exemple!
MADAME BERNAT.
Que diantre me dites-vous là?
DURAND
Oui. oui, elle est un peu maigre... c'est dommage... et trèsblonde... je l'eusse préférée brune!
MADAME BERNAT.
Ah! ça. voisin, vous qui parlez du sens oculaire, vous n'avez pas le sens commun. Élise est petite, brune et d'un aimable embonpoint, comme on disait de mon temps. C'est une autre que vous avez regardée! C'f^t ^nn ;imie. madamo de Saintos. que voih avp/ prise pour elle!
nu R AND.
Ahl... alors votre nièce est cette brunette qui !uj donnait le bras? Oui, oui, j'y ai fait attention aussi à celle-là... Di;intre! elle est jolie!... un peu trop brune et un peu trop petite... pourtant j'y penserai, elle le mérite! Donnez-moi le temps de m'Iiabituer à l'idée d'une petite brune, moi qui depuis trois jours ne cessais de méditer sur les agréments physiologiques d'une grande blonde!
MADAME BERNAY
Durand, voulez-vous que je vous dise ma façon de penser? Vous ne vous souciez ni des brunes ni des blondesl Vous n'avez pas la moindre envie de vous marier, et vous vous êtes dépêché de revenir pour n'avoir plus à y songer.
DURAND
Non. Je suis un homme sincère, et je n'ai fait aucun raisonnement pour me dispenser de prendre un parii. Je suis revenu... ma foi, parce que mes jambes m'ont ramené ici. Que voulez-vous? L'habitude, le besoin de travailler, l'impossibilité de rester oisif, d'aller dîner en ville, de faire ma cour... je n'entends rien à tout cela, moi, que diable ! Je n'ai jamais tenu de propos galants à une femme, je crains d'être l'âne qui contrefait le petit chien; j'ai senti qu'on allait me trouver parfaitement ridicule, et je me suis dit...
MADAME BERNAY
C'est à merveille! Vous avez le mariage en horreur et vous préférez rester vieux garçon. Je devais m'attendre à cela de la part d'un original de votre étoffe.
DURAND
Oh! si vous vous fâchez...
MADAME BERNAY
Eh! oui, je me fâche! J'en ai le droit. (EUe se dirige vers le fond.)
DURAND
Non*.
MADAME BERNAY
Si fait, et je suis bien aise de vous dire, en vous quittant, que