UNE TOUR DU CHATEAU
siste encore, penché sur le flot, dans lequel il s'effondrera au premier jour. Entre les deux tours, une terrasse a dû régner, bordée, en retrait de quelques mètres, d'un rempart formidable qui arrivait à la hauteur du sol de la première cour. Là, s'ouvraient des souterrains glissant sous le donjon, se prolongeant jusqu'à la mer, et qu'il serait encore aisé de déblayer et de suivre. Perpendiculairement à cette façade, deux larges fossés sont taillés, en rejoignant un troisième qui court au nord, du côté de la campagne, et formant ainsi une enceinte parfaitement carrée; les escarpes en
sont faites de puissante maçonnerie. Les architectes militaires, en ce temps-là, n'épargnaient point la matière.
Le morceau capital de cette construction gigantesque est en partie debout ; ce fut le donjon — formé de deux voûtes en plein cintre, dont l'une tient encore; elles étaient séparées par un étroit corridor pratiqué dans l'épaisseur de la pierre, et sur lequel s'ouvraient deux vastes salles. La masse de débris qui gisent à l'entour donne une idée de la grandeur de l'édifice. L'enceinte était double ; un second carré de fossés entourait le donjon, dessiné parallèlement au grand carré enveloppant toute la place. Au nord, c'est-à-dire sur la face opposée à la mer, s'élevait un ouvrage avancé, flanqué aussi de deux tours, dont les fortes traces sortent de l'herbe. L'ouvrage tout entier s'élevait sur un monticule, présentant la même disposition que celui qui, de l'autre côté de la rivière, porte la ruine de Fontarabie. Ainsi ces deux forteresses se regardaient. L'histoire de Fontarabie est mêlée de si près à celle d'Hendaye, qu'il nous est impossible de ne pas visiter la première de ces deux belliqueuses villettes, bien qu'elle soit assise sur le bord d'Espagne.
De l'emplacement de l'ancienne terrasse, je suis des yeux, en le remontant, le cours de la rivière, et je me promets de rechercher l'historien qui, le premier, a dit que la Bidassoa était sans eau.
MAISON A H F. XDAYE.
FOXT ARABIE.