LE PORCHE DE L'ÉGLISE
Je quitte l'église; mon compagnon de voyage, qui m' avait précédé,
m'appelle à grands cris, dans une prairie qui borde la ruelle occidentale du bourg et s'étend jusqu'à la mer. L'invitation est si pressante que j'y cours. Étrange prairie, au sol mamelonné; je reconnais tout de suite que ces bosses énormes, auxquelles des cavités succèdent, ne sont point l'ouvrage de la nature. De longues assises de murailles courent sous mes pieds; d'ailleurs, à l'extrémité du tapis vert, une ruine s'élève encore à quinze ou vingt mètres de terre : c'est celle d'une grosse tour. Mon compagnon est plongé dans un ravissement que d'abord je ne partage point — Eh ! faut-il dépenser tant de joie pour de vieilles pierres qui ont été un donjon? — Un donjon! Dites un ouvrage militaire d'une importance rare ! Au reste, voyez !
HENDAYK.
J'ai vainement recherché l'histoire du château d'Hendaye. Seigneurs et capitaines de cette orgueilleuse maison forte n'ont point laissé de traces. Il est probable que la ruine en a commencé dès longtemps, et que les boulets de Fontarabie, au siècle passé, se seront fait un jeu de l'achever de l'autre rive. D'énormes murailles défendaient le château du côté de la mer, deux tours en flanquaient les deux extrémités; un gros fragment de l'une sub-