‹ Le Pays BasqueChapitre 106 sur 152 · CONSULTATION MATRIMONIALE · texte numérisé non relu

CONSULTATION MATRIMONIALE

Ar&umtut

Un célibataire consulte les gens mariés pour savoir s'il doit changer de position; puis, après s'être répondu à lui-même, il s'amuse d'eux et se félicite de son état . Comme Jean de Meung, il est tenté de s'écrier :

N'est nus qui marié se sente,

S'il n'est fox, qui ne s'en repente *,

(Le Roman de la Rose, cdtl. de Méon , v. 8725 ; t. Il, p. 209.)

ou plutôt comme le paysan vendéen :

Kiélaé s'y trampant, qui trechant Ben dése en mariage.

(Mémoire» de l'Académie celtique , etc. , 1. 111 , p. 380.)

C'est, comme on voit, le même sujet sur lequel, après Théophraste *, Juvénal 9 et Antonio Vincigucrra \ Rabelais et Boileau se sont étendus si agréablement, sans parler de Beaumarchais , qui fait dire à Figaro que de toutes les choses sérieuses le mariage est la plus bouffonne. Cette plaisanterie, qui pouvait être vraie à l'époque et dans le monde où vivait son auteur, manque tout à fait de vérité dans une société où l'homme ne contracte mariage

1 Un autre poêle contemporain fait dire a une femme :

Prendre marit est chose a rcmenant , • N'est pas marebiés qu'on iaist quant se repent ; Tenir l eslnet , soit lait o arenant.

(Bele Amelot, conpl. 7. — Le Romancero f ronéote, etc., par M. Paulin Paris. Paris, Tcchrner, 1853, in-12, p. 75.) 1 Voyei une note de Lantia de Damere) au Roman de la Roee, édit. de Méon, t. II, ' Sat. VI , vers 28 et suiv.

* Liber utrum deccal sapientem dêrrre uxorem, ont in cetlibotn rieere. Bononiae, Plato de Beoedictis, 1495, in-4°. De son coté, Poggio a composé un traité qn'H a lalilvlé : An sent sil nxor dncenia. Voyez les Dissertations de Voisins, 1. 1, p. 48, et V Histoire littéraire f Italie de Ginguené, t. III, in part., ebap. XIX, p. 317. - Cbei nous, on trouTe des conseils snr le mariage adressés a nn ami par Enstache Deschamps , dans le recocil de ses poésies publié par Crapdet, p. 06. Il existe encore nn traité de J. Chaussé, sienr de la Terriére, de l'Excellence du mariage, où l'on fait l'apologie des femmes, etc. Paris, Martin Jonienel, lfi89,ln-it

que dans le but d'avoir unt ou plutôt des auxiliaires actifs, sobres et bien portants.

Une dernière observation : la fin du premier couplet n'est que le développement d'un ancien proverbe basque :

Eder, auhcr.

( La belle est ordinairement fainéante.)

Un autre proverbe constate cette vérité, qu'avec une belle femme on a la guerre au logis :

Andraederra, Etchean guerra.

Gardez- vous donc, dans le choix d'une épouse, de ne prendre conseil que de la passion qu'elle vous inspire :

Ezcontza amorezeo , fiici dolorezco.

{ Mariage d'amour, vie de douleuiO

EZGONTZACO CONSULTACIONB.V.

|fiw« n»f«rt*rr».)

Ezcondiac, erradacie ezconduren niçanez. Razterretan ikhousten tut ezcondiac nigarrez. Hutsic eguinen olhe deit holahola egonez?

Hartoen badutederra,

Hura duket auherra.

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