DÉCONVENUE
(Di«.»ct« d« U b»jst Umvmtf.)
Ma pauvre petite colombe,
Tu te décides à partir; Mais gare à toi! M. de Sarri, le chasseur vigilant, Te tend des pièges, oh! que bien à tort tu t'achemines vers Beyric
La pauvre colombe avec modestie Dit à M. de Sarri
LE PAYS BASQlfc.
Nahibadu den utsian haren sarelan crori , Utz deçan igarailera berc usatu bideti.
— Auher duc, auher, urçoa; Juratu diat fedia.
Aurthen behin jin behar duc Phetirinala ; Han nie emancn dereiat arlhoz eta ciz asia.
— Arthoz hun ducu asia, Denan libertatia.
Eni Orhico ezeurra janhari bat çait hobia : Angleser iheLsitceco, uzten dut uzten Francia.
— Ago , urçoa , ichilic :
Francian cz duc Anglesic ;
Agaramountec Baionan jinac oro erhaiten tic. Bztuc Petiriftalaco çaragolla luze hetaric.
— Fida niz cure erraner, Fidago noure hegaler.
Goraintzi erran iceçu jiten badira Angleser; Halabcr erranen dict Espaiïol papo gorrier.
Que quoiqu'imprudemment en ses filets tombée , Il la laisse librement poursuivre sa course.
— Tu parles en vain, oui en vain, ma colombe; J'en ai juré ma foi.
Cette année enfin tu viendras habiter Beyrie,
Là je te donnerai glands et maïs pour te rassasier.
— Abondance de maïs c'est heureux Quand on s'en nourrit en liberté.
Tour moi, la faîne du mont Orhi m'est nourriture préférable : Aussi j'y vole, quittant la France pour écliappcr aux Anglais.
— Colombe, rassure-toi :
L'Anglais ne pénétrera pas en France ;
De Grammont les anéantit à mesure qu'ils abordent à Bayonnc. Non, aucun de ces hommes aux longues culottes n'arrivera jusqu'à
[ Beyrie.
— J'ai confiance en vos paroles , Mais plus encore dans mes ailes.
Aux Anglais, s'ils arrivent, faites mes compliments;
J'en dirai autant de votre part aux Espagnols gorges-rouges1.
• Cest-k-dirc décolletés cl la gorge brûlée par le soleil.
KO M il* CES.
— Meçuler naiça ni uzlen?
Ene sariac bola hesten?
Enaic ez beste behin bortian hotz eraciren, Ez ère hic beste ourthian hire irrigarri cmanen.
lTrço ederra , airian
Arhin bahoa bortian.
Jaun larru chouriac hiri mintzo auherrian, Hire adin heineco gutic lumac garbi hen caloian.
— Me prend-on pour un commissionnaire?
Est-ce ainsi que tu romps mes filets?
Non, non,uncautre fois tu ne me feras pas grelotter dans les montagnes, Ni l'année prochaine je ne te serai point un objet de risée.
Belle colombe, dans les airs
Ton vol rapide passe les ports.
Les seigneurs à peau fine en vain te parlent, Tu sais qu'oiseaux de ton âge et de la naissance bien peu nombreux
{ gardent pur leur plumage dans les colombiers.
A MO Un ET DEVOIR.
Ar|um«ct.
Ce morceau a été publié par M. Chaho, qui fait précéder sa traduction des observations suivantes :
« La romance de la Bien-aimée nous a dit les regrets d'un amant qui pleure sa fiancée ; celle de la première Fleur nous a offert le récit d'une séduction libertine gaiement et spirituellement dédaignée par une jeune fille ; le chant plaintif du Rossignol nous a raconté les suites d'une première faute tardivement réparée au pied do l'autel. Nous allons continuer de parcourir les situations diverses de ce drame social , toujours le même et toujours attachant , qui a pour acteurs la jeunesse et la beauté, et que nous pourrions intituler : Amour et Mariage. Ce chapitre poétique, traité au moyen de la reproduction fidèle des improvisations populaires, occupera une des premières places dans le tableau des mœurs et du caractère de la nation basque. Le goût et le
caprice des chanteurs , les •xigences du rhythme et de la mesure, la vogue qui promène toutes les improvisations d'une province à l'autre, ont pour effet de mêler les dialectes : aussi la romance d'aujourd'hui est loin d'être irréprochable sous le rapport du texte ; mais nous défions que , dans toute l'Europe , on nous trouve, parmi les poésies populaires, les chants des paysans, une pièce qui lui soit comparable, pour la noble simplicité, la vérité des sentiments et des transitions, et le respect profond du devoir ». »
AMOOIOA ETA DEVOIRRA.
(8M4 a»f*rt«rr «t* Uphurtarr*-)
Cantorebat berriric Aphirilan emanic.
Tristeziac harturic nago Bihotzaren erditic; Urzo churibat galduric , Beguia nago ilhunic.
Ûrzo churi ederra , Hatxa douakec behera. Jitcn nitzauzu nere phencn Zuri declaratzera.
Zu zira ene barbera :
Har nezazu sendatzera.
— Sinhets nezazu redian , Erraiten dauzudanian Zu baizican bertze maiteric Nie eztudala mundian ; Zcr probechu ordian ?
Ez dute nabi etchian.
A.VlolR ET DEVOIR.
,'Hi«l«ete a»T»rro-Ubourilln.)
Cette chanson nouvelle a été donnée en avril. Je suis pris île tristesse par le fond du cœur. Mon œil est triste et sombre, car j'ai perdu de vue ma blanche colombe.
Belle colombe blanche , je soupire pour vous, je me meurs. Je viens vous révéler mes peines. Vous êtes mon médecin : prenez-moi pour me guérir.
— Croyez -en mon serment, quand je vous le répète, que je n'ai dans ce monde aucun autre bien -aimé que vous ; mais quel profit? on s'y oppose dans notre maison.
— Ktchecoucn contra jouaiiia — Je ne voudrais point , ma
Ez nuke nahi , inaitia. bion-aimée , combattre le vœu des
Etzinukeia nahi oraino parents. Ne voudriez- vous point
Hobcki informatzia, encore les sonder de nouveau, rc-
Hurrundanic jakitia chercher adroitement de loin quelle
Zer duten borondatia? est leur volonté?
< Ariel, nu do 27 avril 1845.
— Zuc bezainbat phcna scguric, — Croyez-moi, assurément mou
Siuhets nezazu , badu nie. chagrin égale le vôtre. Il ne nous
(ïuc alkhar maite izauagatic , sert de rien de nous aimer muluel-
Zer probechu du hargatic; lcinent ; nous avons d'autres mai-
Badugu bertzc nausirie très auxquels nous devons l'obéis-
Guc obeditu beharric. sance.
— Oihanian eder arbola , Ni en3iteke consola.
Bihotzetic echarzendizut Nigarrarekin odola.
Ni ez naitake consola :
Hilic cre ezdut acliola.
— Jaunaren graziarekin, Orai iKidugu zer eghin.
Rihotzetic erraiten dauzut , Phena handi balekin :
Espousatzecoz zurekin , Samurra niz eue iendekin.
— Amodio berria , Hainitz da trumpagarria ï Zuregatic utzi izandut Nie lebeneco maitia; Orai orotaz gabia , Desiratcen dut hilzia.
— Ene maitia , zu ère Etzitela hasarre; Eghia da eman nauzula Neure buriaz bai fede :
PUena dut e ta dolore Ezin bertze eghin halerc.
— Izanagatic mundia Gutaz embrasatia,
Ezda cumbeni eri dakizun Hortaz ezpiritua.
Indazu sendimenduia, Ralin bazira fermia.
— Urzoa o eztia!
Mintzazale ederraî
Gu algarrekin acort baghira, Nie ezdut bertzez aehola.
— L'arbre est beau dans la forêt; moi , je suis inconsolable. Mon cœur est meurtri , mon sang coule avec mes larmes. .le n'aurais aucun regret de mourir.
— Grâce au ciel , maintenant nous avons assez que l'aire. Hélas!
je vous le dis du cœur, avec un chagrin amer : s'il faut que je vous épouse, je suis brouillée avec mes gens (ma famille).
— Amour nouveau , amour perfide et trompeur! Pour vous j'ai quitté ma fiancée d'autrefois; maintenant que j'ai tout perdu, j'appelle la mort.
— Mon bien -aimé, vous aussi n'allez pas vous tourner contre moi. 11 est vrai que je vous avais donné ma foi, sur ma téle. Rien n'égale ma peine, ma douleur. Malgré cela, je ne puis faire autrement.
— Quoique le monde s'occupe de nous et nous contrarie, il ne faut pas cependant que votre ame en soit malade à ce point. Confirmez-moi seulement votre amour ; répondezmoi de votre fermeté.
— Ramier plein de douceur. 6 vous qui parlez si bien! si nous sommes bien d'accord , vous et moi , je n'ai peur de personne. V ous
LE PATS BASQUE.
Iducazu fcdia , Mundian pare gabia.
— Behar ghira beiratu, Zein gure bider seghitu.
Zurc cta ene izaitia J incouac oro acahatu.
Àdioz beraz, barkhatu.
surtout soyez fidèle, amant parfait et sans rival au monde.
— Faisons attention à nos démarches , suivons chacun nos sentiers. C'est Dieu qui a permis ma destinée et la vôtre. Tout est dit, ici doit finir notre entretien. Adieu, ma belle, pardonnez-moi.