‹ Le Pays BasqueChapitre 66 sur 152 · KO M A «CES · texte numérisé non relu

KO M A «CES

pour jouir encore quelque temps de la fraîcheur du soir et de la beauté de la nuit, lorsque notre attention fut attirée par des chants plus doux et d'un caractère tout autre que ceux que nous venions d'entendre. Ils partaient de l'extrémité de la rue. Nous nous y rendîmes , et nous vimes un groupe nombreux de jeunes gens, au milieu desquels un individu chantait des stances qu'il paraissait adresser à une troupe de jeunes filles rassemblées sous cette espèce de vestibule extérieur que le paysan basque manque rarement de laisser au rez-de-chaussée de sa maison. La rue tout entière séparait les deux groupes , sans qu'aucun de ceux qui les composaient parût chercher à franchir cet intervalle et à se rapprocher. Les jeunes filles reprenaient à la fin de chaque stanec, et chantaient en chœur une sorte de refrain. Pendant ce temps, le chanteur, rappelant ses idées , trouvait dans sa téte basque le sujet d'un autre couplet, auquel on répondait de la même manière. Combien je regrettai alors de ne pas comprendre assez la langue pour retenir quelqu'une de ces improvisations, car ces chants n'étaient pas plus préparés que ceux qui avaient été inspirés par la gaité du repas. Je voulus en vain me procurer après coup de ces paroles. Les auteurs eux-mêmes les ont oubliées avant qu'ils aient cessé de chanter, et celles qu'ils pourraient vous donner ne seraient déjà plus les mêmes 4. >

Après M. Boucher de Perthes, les deux mêmes chansons ont été publiées de nouveau par un Allemand, Willi. von Lûdemann , qui les a sûrement puisées dans l'ouvrage de notre compatriote, quoiqu'il n'en dise rien. Loin de nous autoriser de cette omission pour traiter pareillement l'auteur du Voyage dans les montagnes et les vallées des Pyrénées , nous reviendrons sur lui , peut-être plus qu'il ne le voudrait lui-même. La seule grâce que nous lui ferons, sera de l'exécuter en note, assisté de M. de Belsunce*.

« Stmrtnrt du P«f* Basque, etc., p. 55-57.

* Lâdemann prouve, avant d'aborder le* chants et l'article grammatical des Euscariens, qu'il a bien légèrement, bien superficiellement regardé ee qu'il a vu, écouté ce qu'il a entendu. 11 dit, p. S82, en parlant d'eux : « Ce peuple se donne lui-même le nom de Yatk (de ta*ôc, homme ); les contrées environnantes le nomment Battues ou Ba*quttle$, • U peot se faire que ta$oe signifie homme dans une langue connue de M. Lûdemann ; mais les Basques ne se donnent pas ce nom , puisqu'ils s'intitulent Etcualiunac , qui ne semble pas tirer soo étvmologie de r«*oc. Quant aux voisins de ce peuple, on sait qu'ils n'appellent

30*i LE PATS BASQUE.

Maintenant nous aurions bien quelque chose à dire sur les chansons dont on vient de lire la préface, nommément sur le nom d'étoile que le poëte donne à sa bien-aimée ; mais nous avons été un peu long, et, suivant une recommandation, bien triviale sans doute, il ne faut pas s'amuser aux bagatelles de la porte. Nous remettons donc à plus tard un rapprochement que pourraient seuls faire les amis, trop rares, hélas! de notre ancienne poésie française.

AMODIOKCO 80LA8A.

( Bas A n*f«rvarra.)

Izarr batec cerutic claritatez betheric

Gauaz argbiteen du ororen gainctic;

Dmlatccn dut badujenetz mundu huntan parcrie.

ENTRETIEN D AMOl'R.

( Bm c«T«rr»tB.J

Une étoile pleine des clartés du ciel

La nuit brille par dessus toutes les autres;

Je doute qu'elle ait dans le monde sa pareille.

Banquettes que ses femmes, encore par une sorte de diminutif do nom plus rationnel et plus général de Basquaises. Et , malgré ces hérésies , l'auteur dit a la fin du même alinéa qu'il a vécu an certain laps de temps parmi les Basques. Ouant aux prétendues tables de bronze placées a Hasparren par un proconsul romain et conservées naguère encore dans l'église, elles n'ont jamais existé que dans les rêves de quelques songe-creux. — Noos ne dirons pas la manière impitoyable dont Lùdemann écorche les noms de localités, beaucoup de mots de la langue et son orthographe ; nous ferons remarquer seulement deux choses : la première, c'est qu'il donne saugon, iju'il écrit sangna, pour la traduction de pied, tandis que ce terme signifie la jambe, et qu'il rend par ces derniers mots astalia, mieux écrit axiale, qui veut dire le talon. Pied se dit oina. Comment se fait-il ensuite qu'après avoir traduit lueguinâut (je suis sa vicieuse orthographe) par j'ai dormi, et lo-nago par je dors, il puisse se résoudre à écrire ni laeguindul nago comme signifiant j'ai dormi ? Il dit plus loin lau-eguiaen-dntnago, après avoir dit avec raison, si ce n'est pour l'orthographe, laeguineadut, je dormirai; et , persistant dans son inexplicable erreur, il donne comme chose extrêmement remarquable dans la conjugaison lau-eguinen-dut-nago, ce qui est intraduisible et incompréhensible autrement qu'ainsi : je dormirai, je reste ; de même que pour lau-eguitt-dut-nago, j'ai dormi , je reste. On ne comprend pas qu'un homme, qui d'ailleurs écrit de bonnes choses et les narre bien , puisse admettre une conjugaison assez Inqualifiable pour amalgamer, dans un même temps et une même signification , un indicatif présent avec un passé et un futur, et en faire le complément de ces deux temps. Le simple bon sens en dit l'incompatibilité. — Je suis bien certain aussi que la Gratiosa dont il parle | p. 3à0), la fille de son hôte a Istaritx, ne lui a jamais demandé : ansta cirajauna ? mais bien nola, ou encore cerlan sira? Ansta n'a aucune espèce de signification, tandis que, avec un des deux autres mots, cela devient : Comment vous portet-vo** ?— Enfin , p. 327, Lùdemann fait le maréchal Harizpe natif d'Ustaritz, tandis qu'il est de Saint -Jean-Pied-dc-Port , ou plutôt du village de Lacarre, dont il acheta le rhJtcau sous la restauration.

Izarr haren bcguia hain da charmagarria, Coloriac churi gorri perfectiones bethea , Eria ère senda liro haren bcguitarteac.

Urzo churia, errazu, norat joaten zira zu? Espaniaco mendiac oro elhurez dituzu ; Gaurco zure ostatu gure etchean baituzu.

— Ez nu icitzen elhurrac, e/. eta ère gau ilhunar; Zuregatic pasa nitzaque gauac eta egunac , Gauac eta egunac, desertuan oihanac.

— Urzoa eder airean, ederrago mahaian.

Zure parerican ez da Espania gucian ,

Ez eta Francian , iguzkiaren azpian.

Eri nuzu bihoLzez, erraiten dautzut bi hitzez;

Sukbar malinac harturic nago, ez zintuzkedan beldurrez.

Charmagarria, sendo nezazu, hil ez nadin dolorez.

L'œil de cette étoile est si plein de charmes,

Ses couleurs rose et blanche si pleines de perfection ,

Qu'un de ses regards guérirait même un malade.

Blanche colombe, dites, où allez-vous?

Les montagnes d'Espagne sont couvertes de neige;

t'e soir votre hôtel est dans notre maison.

— Je ne crains ni la neige, ni l'obscurité des nuits; Pour vous je traverserais nuit et jour,

Nuit et jour, les forêts les plus désertes.

— La colombe { est) belle dans l'air, plus belle sur la table. Votre pareille n'existe pas dans toute l'Espagne,

Ni dans la France, ni sous le soleil.

J'ai le cœur malade , je vous le dis en deux mots ; f tenir.

Je suis en proie à une fièvre maligne, de peur de no pas vous ob- Ma charmante, guérissez-moi, afin que je ne meure pas de douleur.

StlET BF.RA.

(Sub«rottrr*.)

ITrac harria hoitlatcin, tîrriac cilharra du doralccn :

Ni maltenenarenganal joaiten ,

MÊME SUJET

(Soulfllt».)

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