LE LABOUREUR
(DUUcU Doulettn )
Honneur, amour au laboureur, Pour nous nourrir a celui qni s'épuise : Par lui la terre fournil ses fruits, Grâces a lui, tous nous vivons.
Honneur, amoor, etc.
(8ub«roUrra.)
Ohorc, amorio laborariari, Gure battiagatic necatzen deoari !
Haren medioz lurrac cerbait du cmailen , llari eekerrac! oroguizade bitilcen.
Ohore, amorio, etc.
Hazhaurrac amaftoa amataco hartzen , Ha la baiiz beçala bihotzez maitateen : Gure allaflori, loborariari, Amorio dezogun emau bazordari.
Aski escarniatuz. izertur. , necatuz, Bere osagarnn ni i la tan jocatuz, Laborari gacboac mundia do hazten, Eskerrie natii bada eztian ukhcileii.
Ohorc , amorio, etc.
Obian hirilarra dago a ba tuerie , Arrancura guziac lohan ehortziric :
Laboriae eztu argbi-to egbiten , Aztalac ihitzian joiziclu ezarten.
Ohore , amorio , etc.
Aroaren beldurret ezla baraluco , Hotzac , beroac , deuzee eztu lolsaluco : Zombat erc beituke Una borlbilzago r Hambat hobek: zaio bulharrez loihoco.
Ohore, amorio, etc.
Uborariac nekez goenbatu oguia, Zoc gozatoco dotu biritar naguia.
Nabi becala zira bethi zu izaoen , Aski nekez hark beilu arlhoa ukliencn.
Ohorc , amorio , etc.
Laboraria , jinen olhe zaic rguiu l^ebeu erreguebatec hilzcroan zvmip?
Goiz eilo bcnnl othe haie ikhousircn , lganl-oroz oilloa lliupiflan ezarten '.'
Ohore, amorio, cic.
Le nourrisson adopte ponr mère sa nourrice, Et comme telle la chérit de tout son cœur : A notre père nourricier, Je laboureur, Portons amour, c'est lui qui noos nourrit.
A force de travail , de soeurs , de fatigues , En jouant mille fois sa santé , Le pauvre laboureur nourrit les peuples , Bien que reconnaissance il n'obtienne aucune.
Honneur, amour, etc.
Au iil le citadin s'oublie et sommeille, Ensevelissant tout sooei dans le sommeil : Le laboureur ne fait pas sommeil de jour. Ses ta Ions da ns ta rusée de bon ne heu re i I pion gc .
Honneur, amour, etc.
Le changement de temps ne t'arrêtera pas , Le froid, le chaud, rien ne l'épouvantera, D'autant seront ses travaux plus rudes, D'autant il les bravera d'un cœur plus mile.
Honneur, amour, etc.
Le froment péniblement récolté par le laboureur, C'est vous qui le mangez, citadin indolent. A votre gré vous aurez toujours vos aises, Assez difllcilemen t lui se nourrira même de mats.
Honneur, amour, etc.
<> laboureur, t'arrivcM-l-il jamais le jour Uuc te promit jadis un bon roi ?
Est ce lot ou tard que l'on te verra Chaque dimanche mettre une poule an pot?
Honneur, amour, etc.
CHAXS03S MORALES.
GOUNTREU.VNDiST.VHEN CANTUAC.
CHANSONS DU CONTRKIUNDIKR.
( £»:>• c»f»rUrr«.)
Cantorc berri hatzu, Aire zaharrian , Nahi ditut phazatu Orai presentian.
fier miscria dugun Orai herrietan, Indarric ezin eguin Gure countrebandan !
Countrebandistac dira Orai dolugarri , Deusic erin ather.i Gobernamcnduari .
Guardas betheric daudo Sokhuac igueri ; Ezin confida garnie Segretuz nebori.
Officio guis' oroz Guizonen galceco , Et' abialuz gueroz Neke den' uzteco.
Baldin fortuna banu Auher bicitccco , Cbede on eguin nu Seculan ez ioaiteco.
Sortbu izan banintz Aitoron somia , Edo, ezta bozlaininLz, Arrandaz bethia, Eznien phcnsatuco Countrebaudan hastia; llaiuan niz betbico Guieho eskeleria.
Kztut debocioneric Ardura phensatcon , Baici countrebandarie Non aise pasatcen.
Bardin heklialu badut
(DttltsU b*- o4T4rr«;«.)
Quelques chante nouveaux , Sur l'air ancien , Je veux composer A cette heure même.
Quelle détresse nous avons Maintenant dans nos contrées , Qu'il n'y a plus de ressource Dans nos contrebandes !
Les contrebandiers sont
En ces temps bien à plaindre,
Ne pouvant rien arracher
Au gouvernement.
De douaniers sont remplis
Et débordent tous les recoins ;
Nous ne saurions plus nous lier
Pour un secret à personne.
tîe métier en tout sens Perte de l'homme, Et une fois commencé Est impossible à quitter.
Si j'avais assez de fortune Pour vivre sans rien faire , Je ferais bien serment De ne jamais frauder.
Si j'étais né
De la race des nobles ,
Ou, du moins,
Muni de bonnes rentes,
Je n'aurais point songé
A commencer de contrebande ;
Mais pour toujours je suis
La pauvreté même.
Je n'ai pas de pensées dévotes Souvent dans mon esprit , Mais oui, les contrebandes Où mieux je les puis passer.
Si par là je pèche
Horrela eguiten , Jinco, jaunatan dut, Urricalmcnrlu i/,aneii.
Countrebandislaren Tristura haudia , Ikhara lotsaren Bihotza ha r Lia.
Gose eta egarrian Ardura izaitia, Hori mundu huntan Eue bicitcia.
Guardia horic ditugu Etsai handiac.
Belhi umen tugu Non guiren galdiac , Guaitiarrac ezarrir, Emanez diruia , Guezurrcz igorrix Jente necatuia.
Gobernamenduac du , Oi , guizon fldelic , Et' pagatcen ditu Ein gabc doluric.
Balaki nola diren Cerbitchatcen lehenic , Horietaz lio ezarriren Gazteluiac betheric.
Gazteluiau hazteco , Ezlukcte balio.
Guizon falsu , hastio , Da hoietan sarthuco.
Zarthaina bezain gosiac Dir' eguiaz niinlzatzeco Cernahira ekharriac Bazcari baten taco.
Countrebandistac bulirc Counsideraturic, Gachoac heta dire , Merechimendu handiric ; Bainan orotaz heinen , Oi , mcspcresaturic.
Me conduisant ainsi , De Dieu , mon seigneur, j'aurai Soulagement et pardon.
Du contrebandier Grande tristesse, De tremblement, de crainte Son cœur sera chargé.
Dans la faim, dans la soit' Ètro souvent , Telle est en ce bas monde Mon existence.
Nous avons ces douaniers Grands ennemis.
Toujours on nous les dit en quête Des lieux où nous errons, Nous postant des espions Gagnés à prix d'argent, Ou trompant par leurs mensonges Le pauvre monde.
Lu gouvernement possède, Oui, des serviteurs fidèles, Et il les paie Sans parcimonie.
S'il savait cependant comment cux- Se servent les premiers, f mômes De tels hommes 11 ferait regorger les prisons.
Pour les nourrir en prison , Ils n'en valent pas la dépense.
Hommes faux, odieux, Seuls se trouvent parmi eux.
Gourmands comme des portes , Ils sont, pour dire le vrai, Prêts à se plier à tout Pour un dîner.
Si les contrebandiers étaient Appréciés à leur valeur, On trouverait dans ces pauvrets De grands mérites ; Mais par tous ici , Hélas 1 méprisés ils sont.
CHAftSOJNS MORALES.
Alla eztugu eguiten Nehori gaizkiric.
Ukhacie, othoi, beraz Gutaz compasione , Bai et' eguin arduraz Oroc debocione.
Gure bicia bcita Hcinago triste , Ez gure icena aiplia OUioitz' eguin gabe.
Bersu hoc eguin ditut, Cambera batian , Ene gorputza emandut Sasuien barnian , Nahiagoric iran Etzanic hoian.
Nitaz dezala uklian Jaincoac urrical hiltcianl
Cependant nous ne faisons A personne de tort.
Ayez , de grâce , enfin De nous compassion , Kt faites aussi souvent Tous pour nous dévotion , Car notre vie est On ne peut plus triste.
Ne prononcez nos noms Qu'avec une prière.
Ces vers j'ai composé Dans la cachette Où j'ai introduit mon corps En plongeant dans les ronces, Plus désireux de me trouver Couché dans un bon lit. Plaise à Dieu avoir de moi Pitié à l'heure de ma mort !
sriBT BERA.
.>.•. n.r.rt.rr..)
Charte, Arnegui , guero Altabiscar, Hortic Ibanarat, gaur nie guei nuke sar. Guardioc eznaude , aise escuetan ; Ezcunelie czbada , ihes izkerrean.
Amac eni deraut : « Oi muthil orguela , Cantuac die algan traditeen iguela.
MÊME SUJET
l'hart, Arnéguy, puis Altabiscar,
Par la par Ibaneta, cette nuit j'aurais dessein d'entrer.
Les douaniers ne me tiennent pas de sitôt entre leurs mains
Si ce n'est par la droite , par la gauche je les luirai.
Ma mère (m'impose silence et) me dit : « Jeune étourdi, < Sache 1 que son chant dans les joncs trahit la grenouille.
364 LE PATS BASQUE.
Orkhatzac menditan ezdioc canturic, Arlza ère badotia olhetan ichilic. »
— Orkhatzac balimba , buruan adarra , Kni bidarrian sortcen zaut bizarra.
Artzainen beldurrez artza da ichiltcen ; Nie guardia gatic ezdut bolza galcen.
Urtzo saldoari Ozcachen sareac, Guc ère menditan ditugu guardiac. Zorro gaioo huen ez aise galtceco , Chenda boni cembait dakigu bideco.
Satorra lur banian , knrloa gorati , Ahuntza caparrez, arraina urpeti.
Sator, ahuntz, airain, behar orduz nago; Itesoz behar bada , deiztun naiz Domingo.
Oihancan hunUac hasten berc arrania , Orai banoaci ez beldurric, ama.
Jaiucoac baguindu etchednn czarri, lîopotic nckeion aitzurraz lurrari.
L'izard des montagnes n'a point de chants, L'ours parmi les troupeaux rôde silencieux.
— Si l'izard voit sa tétc s'orner de cornes ,
A moi sur mon menton commence à croître la barbe.
Par crainte du berger l'ours se tient en silence;
Moi , par crainte des douaniers je ne perds pas ma voix.
Aux nombreuses palombes Oskich dresse ses penthières , Nous aussi sur la montagne avons les douaniers. Pour ne pas lâcher facilement ce cher havresac , Nous connaissons plus d'un sentier nouveau sur la route.
La taupe a le sein de la terre, la grue les hautes régions, La chèvre perce les broussailles , le poisson vit dans l'eau. Taupe , chèvre , poisson , au besoin je me fais ; S'il faut jouer des bras, je m'appelle Domingo.
Dans les bois le hibou commence son ramage,
L'heure est venue, je pars, point de crainte, ma mère.
Si Dieu nous eût fait possesseurs de propriétés ,
De grand cœur j'aurais consacré forces et sunut- à la terre.