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LA FRANCE INTÉRIEURE OU LE MASSIF CENTRAL

enfin les Cévennes dont la puissante barrière marque le bord sud-oriental de tout le massif. Telle est l'ossature solide et nulle part inférieure à un millier de mètres, qui dessine en ses grandes lignes la France intérieure.

Au nord, deux sillons profonds, Loire et Allier, bientôt élargis en deux plaines. Forez et Limagne, vont rejoindre le bassin parisien.

Au nord-ouest, à travers les croupes gazonnées DU boisées qui caressent l'œil de leur verdure humide, se creusent en éventail on ne sait combien de fossés spongieux qui, s'unissant de proche en proche, aboutissent à de profondes échancrures : vallée du Cher, vallée de l'Indre, vallée de la Creuse bien nommée, vallée de la Vienne qui semble tout d'abord rouler ses eaux brunes droit à l'Océan.

Au sud-ouest s'écoulent l'Isle, la Vézère, la Corrèze, la Dordogne, la Truyère, le Lot, l'Aveyron, le Tarn, tous tributaires du bassin de Bordeaux. Mais avant de rejoindre le fleuve, ils ont été obligés de se creuser chacun leur défilé à travers les tables nues ou causses, dépôt des mers jurassiques sur les flancs du Massif central.

Au sud-est enfin, la mui*aille cévenole descend d'un saut si brusque vers la plaine qu'elle ne laisse passage qu'à de courts torrents, vite enflés par l'orage et tôt vidés, mais terribles dans leurs colères, l'Orb, l'Hérault, le Gard, l'Ardèche.

Traits généraux. — Le Massif central a été le cœur de la résistance des Celtes contre les Romains. Il pourrait devenir, en cas d'invasion, le réduit suprême de la France. Côtoyé, enveloppé, mais non traversé par des routes naturelles, il a opposé longtemps, comme la Bretagne, une force d'inertie au mouvement qui entraînait les provinces une à une djtns l'orbite de la monarchie. Il n'est devenu terre

royale qu'au xvi" siècle. Comme tous les pays de montagnes, il a un climat inégal et dur, en hiver longues neiges ou violentes rafales de pluie, en été lourdes chaleurs et gros orages. D'aspect, de race, de langage, il appartient surtout au Midi. Si les pâturages d'herbe drue et savoureuse sont pleins de bœufs, si les noires sapinières ou les châtaigneraies au vert tendre couvrent les flancs des monts, si l'eau qui ruisselle sur les roches imperméables s'amasse au creux des plateaux en chapelets de mares et d'étangs, si beaucoup de paysages par leur fraîcheur rappellent la Normandie, la vigne tapisse les coteaux, les plaines regorgent de fruits, un soleil très méridional embrase la terre noire ou couleur de feu. Les habitants solides, résolus, laborieux et pratiques, sont animés d'une gaieté un peu lourde, mais qui sent déjà le Languedoc. Voyez plutôt les Auvergnats danser la bourrée. La langue des vainqueurs du Nord a pu descendre la Saône et de Lyon s'étendre jusqu'auprès de Saint-Étienne; elle a réussi -: v. la trouée du Poitou, à franchir la Charente, à s'infiltrer jusqu'à la Gironde; elle n'a pas entamé le Massif central, elle s'est arrêtée où s'arrête le Bourbonnais. Montluçon dans la plaine qu'arrose le Cher est une ville de langue purement française; avancez au sud de quelques kilomètres, escaladez le talus du plateau dont Néris occupe le bord, et tout aussitôt vous entendrez sonner les consonnes épaisses et les sonores voyelles du patois auvergnat.

Du Limousin au Velay. — Les vents pluvieux qui viennent de l'Océan arrosent surtout l'ouest du plateau et y entretiennent une verdure plus intense qu'ailleurs . Mais entre les bois touffus du bas Limousin et ceux de la Marche s'étendent les croupes nues et tristes du plateau de Millevache, où l'on

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