‹ Le Pays de Waas préhistoriqueChapitre 14 sur 67 · Kümmer, ouvrage cilé, p · texte numérisé non relu

Kümmer, ouvrage cilé, p

r, Kümmer, clans son ouvrage cilé p. 8, les considère comme des réendiguements : « c’esl vers le commencement du XIIe siècle, dit Kümmer, que l’on opéra les premiers endiguemenls. L’histoire a conservé le souvenir du réendiguemenl du polder de Lillo, effectué en 1124 ».

t. Coup d'œil sur le régime des polders, spécialement dans le Pags de Waas, par h. Van. Ouerloop, membre de la Chambre des Représentants, p. 10.

s Ibidem.

principe, nos digues n’étaient pas construites avec une grande solidité, et que l’industrie humaine n’était pas suffisamment avancée pour réparer convenablement les dégâts et en empêcher le retour. D’un autre côté, ces digues devaient être aussi moins élevées qu’à présent, et cela s’explique par la formation de la branche occidentale et l’élargissement des bouches de l’Escaut : circonstances qui, en permettant d’introduire les Ilots de la mer sans obstacle, ont dû augmenter, dès lors, la hauteur des marées, et, par conséquent, faire augmenter celle des digues. Les inondations par débordement ou par rupture des digues, ont donc pu se faire aisément dans les temps reculés. La Hollande a toujours été, plus que la Belgique, le théâtre du fléau dont nous parlons : plus d’un siècle — dit-on — avant l’ère chrétienne, y eut lieu une inondation terrible, connue sous le nom d’inondation ci lubrique, qui força une partie des habitants d’émigrer '. L’inondation de 820 fut non moins fatale : la mer rompit ses digues, ou plutôt des marées extraordinaires, jointes à des pluies continuelles, causèrent des inondations considérables : les habitants crurent à un nouveau déluge et s’enfuirent sur les hauteurs i. 2. Ces inondations calamiteuses, qui se sont reproduites à diverses époques et qui se sont maintenues parfois très longtemps, s’étendaient bien avant dans les vallées de nos rivières, et eurent pour résultats : la dévastation des champs cultivés, souvent la mort de milliers de victimes, un surcroît de dépôt de vase ou de sable, et, après la retraite des eaux, l’insalubrité et l’inhabitabilité temporaires de tous les lieux qui avaient été inondés.

Jusqu’ici, dans les pages qui précèdent, nous avons montré le Pays de Waas submergé par les eaux de la mer du Nord. Nous avons indiqué la cause, le mode et l’époque probable de son émersion. Nous avons entretenu le lecteur des soulèvements qui ont eu lieu dans ce Pays, du creusement de ses vallées, de la formation et de la physionomie primitive de ses rivières, de ses endiguements , de ses

i. « De meer noordelijke Nederlanden waren waarschijnlijk door de Kimbren , ook een Kelt-schijtische volkslam, bezet , loen, ruiin eene eeuw vôôr onze jaarlelling , naar men "il , eene geduchte overstrooming , bekend onder den naam van Kimbrisehen vloed , een groot gedeelte hunner bewoog op le breken, om veiliger oorden op le zoeken ». (Kort overzigt van de geschiedenis der Nederlanden, door J. M. Schrant. Tweedc druk. Gcnd, 18üi, bl. 5). — Belpaire el Des Roches pensent, ipie c'est une erreur de croire que le déluge t'imbrique a dépassé le pays du Jutland, qu'il s'est également étendu dans une grande partie des Pays-Bas, et avait compris dans le même désastre la Hollande, la Flandre et le Brabant,

a. Kümmer, ouvrage cité, page 7.

inondations : en un mot, nous avons parlé de l’élément liquide qui préluda à son existence. Passons maintenant à l’élément solide, c’està-dire aux différentes couches terrestres que les eaux y ont déposées.

Dans sa Géologie de la Belgique, d’Omalius attribue une origine interne à nos couches d’argile et de sables. Il est d’avis qu’elles résultent d’éjaculations du sein de la terre à travers des déchirures, des fentes ou des failles, produites par des dislocations qu’aurait subies le sol de la Belgique. Il tend à prouver sa manière de voir par la disposition des argiles tertiaires et des sables de Diest, ainsi que par la direction générale des cours d’eau qui traversent les plaines de la Hesbaye, du Brabant et de Flandre '. Contrairement à l’avis de ce géologue, M. 0. van Ertborn nous écrit : que, dans la séance, du 19 Mai 1878 de la Société de géologie de Belgique, il a présenté, avec MM. Rulot et Vincent, un travail basé sur 25 sondages inédits du Brabant et faisant suite à celui de la province d’Anvers 1 2. De ce travail, M. van Ertborn conclut « que les couches, tant tertiaires que secondaires, sont en pente parfaitement régulière du sud vers le nord, et que, malgré les apparences trompeuses de la surface, il n’y a eu nulle part ni soulèvement partiel, ni faille, ni fracture, honnis celle de la Senne ». Quoi qu’il en soit, l’opinion de d’Omalius, assez généralement admise pour l’argile qui accompagne les filons de limonite dans les cavernes des bords de la Lesse 3, a bien certainement besoin d’être confirmée au Pays de Waas, où l’existence de failles et de filons n’a jamais été constatée jusqu’ici. En attendant, nous adoptons la théorie ancienne qui attribue à nos couches une origine neptunienne. Pour nous donc, les différentes couches géologiques qu’on a pu reconnaître jusqu’à présent dans notre Pays de Waas, ont été déposées, à diverses époques, ou par la mer, ou par des courants fluviaux. Toutes, sans distinction, sont formées de grains de roches, mêlés à diverses autres substances. Evidemment, les mêmes couches ont été déposées

1. Encyclopédie populaire. Géologie de la Belgique, par J. J. d’Omalius d'Halloy , pp. 343-346.

2. Ce travail île la province d’Anvers a été publié, par M. van Ertborn, dans les Annales de la Société géologique de Belgique, T. I, page 28.

3. Géologie des terrains quaternaires et des tourbières. Mémoire de M. E. Dupont, inséré dans le Compte rendu de la 6e session du Congrès international d’ anthropologie et d'archéologie préhistoriques, p. 111.

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