Ibidem, page
Plesiocetus Garopii. — « Les plésiocètes se distinguent (génériquement) des autres balénides par leurs vertèbres libres et proportionnellement épaisses, par une omoplate dont l’apophyse coracoïde est rudimentaire, tandis que l’acromion est très-développé, situé très-haut et dans une direction oblique de bas en haut, par des caisses de tympan pyruliformes, à surface externe anguleuse, et, enfin, par les os du crâne qui indiquent une tête plus robuste et moins effilée » l. Le 50 Juillet et jours suivants de l’année 1859, le crag de Saint-Nicolas a fourni des débris de trois squelettes de l’espèce plesiocetus Garopii, qui est assez commune et atteint jusqu’à dix mètres. Elle est très voisine des balénoptères vivantes : les condyles articulaires du maxillaire inférieur sont semblables, mais le trou dentaire est moins éloigné du condyle que dans les balénoptères vivantes.
Heterocetus Hupschii. — En 1859, cette espèce, ainsi que la suivante, furent rapportées par le professeur Van Beneden au genre plesiocetus. En 1872, il les réunit au genre cetotherium ; mais une étude ultérieure les lui a fait ranger définitivement dans le genre heterocetus. Heterocetus Hupschii « se distingue par la grande largeur de la base du sphénoïde et de l’occipital , par la longueur et la forme presque carrée de l’apophyse mastoïde, et par la largeur de la partie du frontal qui est située entre les os propres du nez et l’occipital » 2. Cette espèce est longue de 5 mètres à 3 mètres et demi. Des restes de deux individus de taille un peu différente, ont été exhumés du crag de Saint-Nicolas en 1859, en même temps que des débris de l’espèce précédente.
Heterocetus Burtinii. — Des ossements de quatre individus de cette espèce ont été trouvés à Saint-Nicolas, en la même année 1859. C’est aussi une des formes les plus communes à Anvers. Sa longueur moyenne est estimée à environ trente pieds. « Les os du nez sont fort longs, le crâne en dessus est profondément creusé, l’apophyse mastoïde trèsforte et comme tordue sur elle-même, le maxillaire conservé au musée royal (à Bruxelles) mesure lm,70; son apophyse coronoïde est trèsrecourbée, la surface articulaire du condyle très-étroite, et l’extrémité antérieure est peu large. Les vertèbres lombaires sont massives, et quelques-unes d’entre elles montrent la même dépression que l’on trouve dans le burtinopsis » \
1. Ossements fossiles découverts à Saint-Nicolas eu 1859, rapport déjà cité de M. Van Beneden.
2. Les baleines fossiles d'Anvers, notice de M. P.-.l. Van Beneden, insérée dans les Bulletins de l’ Académie royale de Belgique, 2e série, T. XXXIV, page 244.
s. Ibidem, page 245.
Herpetocetus scaldiensis. — Voici comment M. Van Beneden s’exprime en donnant la description de cette espèce : « Nous avons donné ce nom à un animal dont le maxillaire est prolongé en dessous à sa partie postérieure, de manière que la surface articulaire est au-dessus et en avant, au lieu d’être en arrière; cette surface occupe à peu près le milieu entre l’apophyse coronoide et l’extrémité postérieure; ce maxillaire montre par là plus ou moins de ressemblance avec certains sauriens. C’est une des formes les plus singulières que l’on connaisse; nous ne trouvons rien dans les espèces vivantes que nous puissions lui comparer... Nous en possédons à Louvain trois maxillaires qui ont été recueillis à Saint-Nicolas » '.
Delphinus Waasiæ. — Dans sa notice intitulée Ossements fossiles découverts à Saint-Nicolas en 1869, le professeur Van Beneden signale une espèce de dauphin qu’il appelle delphinus Waasiæ, sans en donner la description.
Halitherium robustum. — En 1871 , nous avons envoyé au professeur Van Beneden, avec toute notre collection paléontologique,* la partie supérieure et latérale du crâne, une vertèbre dorsale et une suite de sept vertèbres caudales d'un halitherium robustum, déterrées de l’argile rupelienne à Basele. Deux squelettes complets de la même espèce y ont été trouvés dans la même argile : l’un en 1871 , l’autre en 1878, et M. Lefèvre à Bruxelles, membre de la Société de géologie de Belgique, nous a déclaré posséder un squelette à peu près complet d’un quatrième individu d’halitherium robustum, recueilli à Rupelmonde et provenant de la même argile. Ce qui distingue cette nouvelle espèce de Sirénien, c’est l’extrême épaisseur des parois du crâne. « Les apophyses transverses ont une longueur plus grande que le corps des vertèbres, et leur largeur est à peine inférieure à leur diamètre antéropostérieur. La vertèbre la plus intéressante est une des dernières dorsales; mais ce qui frappe surtout, quand on la compare avec celles des autres Siréniens, c’est l'énorme épaisseur et la solidité de l'arc neural et des apophyses articulaires. Cette vertèbre ressemble, sous ce rapport, plus à celle des phoques qu’à celle des Siréniens. Le corps est arrondi en dessous et non caréné ; on voit la surface articulaire double de la côte, et une surface articulaire fortement accentuée pour la zygapophyse. L’apophyse épineuse est peu élevée. En regardant celte vertèbre de face, on est frappé de l’épaisseur de l’arc neural et du peu de place qu’occupe le canal vertébral qui loge la moelle épinière...
j. Les baleines fossiles d'Anvers, notice citée de M. P. -J. Van Beneden, page 217.
Tout fait supposer que les squalodons vivaient, comme les Siréniens, le long des côtes et à l’embouchure des fleuves, et qu’ils pouvaient parfaitement vivre ensemble à cause de leur différent régime, les squalodons étant carnassiers, les Siréniens herbivores »
Les oiseaux aquatiques avaient également leurs représentants dans notre mer tertiaire : les restes de leurs squelettes, trouvés dans l’argile à Rupelmonde et à Basele, ne permettent plus d’en douter. « On sait — dit M. Van Beneden — que les débris d’oiseaux fossiles sont partout fort rares, et l’on en comprend facilement la raison : les cadavres de ceux qui sont aquatiques flottent communément à la surface des eaux, et, s’ils ne sont pas dévorés par les carnassiers, qui sont de toutes les époques et de tous les milieux, ils sèment et éparpillent leurs os dans des eaux généralement agitées » * 2 3. Les os que nous avons recueillis dans l’argile et envoyés à M. Van Beneden, sont: « deux humérus avec leur surface articulaire inférieure complète, un humérus presque complet par ses deux surfaces articulaires, un tibia brisé mais dont les extrémités sont heureusement conservées, un cubitus dont un fragment représente l’articulation huméro-cabitale et l’autre l’articulation cubito-carpienne » ®. Ces débris ont fait établir les cinq espèces suivantes :
Larus Raemdonckii. — L’humérus qui appartient à cette espèce « mesure à peu près dix centimètres de longueur et cinq millimètres de largeur sur la plus grande partie de sa longueur. D’après cette dimension, l’oiseau qui nous occupe doit avoir atteint à peu près la taille du goéland à manteau bleu, ou le larus argentatus. Ce qui caractérise surtout cet humérus, c’est la présence de cette forte apophyse sur son bord antérieur tout près de la surface articulaire, et qui fait si aisément reconnaître les oiseaux aquatiques aux ailes aiguës et au vol puissant. C’est l’épicondyle qui se caractérise par une apophyse en forme de crochet » *.
«. Un Sirénien nouveau du terrain rupelien, notice de M. P. -J. Van Beneden, insérée dans les Bulletins de l’Académie royale de Belgique, 2e série, tome XXXII, Nos 9 et 10, 1871.
2. Les oiseaux de l’argile rupelienne et du crag , notice de M. P. -J. Van Beneden, insérée dans les Bulletins de l’Académie royale de Belgique, 2' série, tome XXXII, N° 11, Novembre 1871, p. 214.