CHAPITRE II
Voyages d'exploration (suite). — Les Portugais et les Brésiliens dans l’Amazone. — Christovam de Lisbôa et Laureano de la Cruz. — Les Pères Antonio Vieira E: Jean-Philippe Bettendorff. — Gonçalves da Fonseca, le pilote Nunes de Souza et l’évêque Miguel de Bulhões. — Noronha. Ribeiro de Sampaio, Braun et Lacerda-e-Almeida. — Les Indiens à queue d'aprês Noronha. — Le naturaliste Rodrigues Ferreira. — Autres voyageurs nationaux. — Voyageurs
Le seul reproche que nous nous permettrons d'adresser à nos “courageux compatriotes, c'est de demeurer trop modestes et de ne
Le moindre voyageur étranger qui s’est reposé quelques instants dans En hotel de Manäos, sans même connaître la langue du pays qu'il a visité superficiellement, revient dans son' pays avec un livre tout prêt l dans sa valise ; et nous ne faisons presque rien, nous, les enfants de la grande Amazonie, pour faire connaître et apprécier notre belle patrie. Il existe à Londres, à Paris, à Rome et dans toutes les grandes villes d'Europe des sociétés savantes qui accueilleraient avec empres-
… sement les communications documentées qu'on leur enverrait de si
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Join.
Il ne faut pas se lasser de le répéter : les Portugais, maîtres du Brésil pendant plus de trois siècles, et les Brésiliens, dont on connaît
trop peu les travaux de ce côté-ci de l'Atlantique, ont la part la plus
De navigatione Pinjoni, et de rebvs per evm repertis. a & î
1647 à 1097, Manuscr. de la Bibl. nat. de Rio.
partout les plus hardis explorateurs venus de l'étranger.
Le xvi® siècle, le siècle de ia découverte, s'écoula sans nous lais
Yañez Pinzon (1).
Mais, dès le xvn° siècle, les études deviennent assez nombreuses. En. 1627, nous avons les lettres du Père A. Christovam de Lisbôa, écrites du Maranhão à son frère, le savant antiquaire Manocl Severim de Faria, et rendant compte des travaux religieux des Franciscains dans l’Amazone (2). Dix ans après, un Mémoire, paru à Lisbonne (3),« rend compte de l’état de ces régions. En 1651, le Père Laureano de. la Cruz annonce la découverte du grand fleuve et revendique pour les Franciscains la gloire de cette entreprise (4), bien que le jésuite Christophe de Acuña eût descendu l’Amazone, en compagnie du capi: taine Pedro Teixeira, douze ans auparavant (5).
Ce furent encore deux Jésuites, dont l'un compte parmi les plus: grands écrivains du Portugal, les Pères Antonio Vieira (6) et João Ph.
Bettendorff (7), qui dépeignirent ce pays et plaidèrent la cause des (1) Novs orbis regionvm ac insylar»m veteribys incognitarvn, Basileae, Anno 1532:
(2) Cartas a seu Irmão, Manoel Severim de Faria, dando-lhe noticia dos seus tr 16410 , “de religioso. — Manusc. de la Biblioth. publ. de Lisbonne. (3) Memorial sobre as terras e gente do Maranhão e Grão Pará e rio das Amazonas, Lisbôa, 1637.
(4) Laureano de la Cruz : Descubrimiento del rio de Maranon llamado de las Ama= zonas, 1651, publié par le P. Marcelino de Civezza, Prato, 1878. (5) Christoval de Acuna : Nvevo Descvbrimiento del gran rio de las Amazonas..... Madrid, 1641.
(6) Antonio Vieira : Carta a elrey n. Senhor sobre as missões do Seara. do Maranham, do Para e do grande Rio das Amazonas, Lisbôa, 1660. — Informação do modo com foram tomados e sentenciados per captivos, no anno de 1665, 702 Indios; Manuscr. de la Bibl. Publ. de Lisbonne. — Colleccão de todas as Cartas do P. Antonio Vieira.., de
(7) João Felippe Bettendoreff (sic): Chronica da Missão da Companhia de Tesus em 0 Estado do Maranhão, 1661-09, Manuscr. de la Bibl. Publ. de Lisbonne.
ns, enattendant qu’un autre Jésuite, le Père Manoel Rodriguez (1), a
À vit sur l'Amazone. Dès 1662, Mauricio de Hiriarte en avait donné | E
e description, que le vicomte de Porto-Seguro fit connaitre en À 1874 (2). á
… Le xvme siècle fut pour ces régions le grand siècle des explorations.
e récit des excursions avantureuses de Walter Raleigh venait d'être LA publié (3); Espagnols, Anglais, Francais, Hollandais s’efforçaient tous, à qui mieux mieux, de prendre pied dans un pays dont on leur . disait tant de merveilles, et les Portugais-Brésiliens durent redoubler a d'activité pour affirmer leurs droits (4), tandis que la question de — l'assujettissement des Indiens suscitait de perpétuels conflits entre les
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colonisateurs et les missionnaires (5).
- La relation de Goncalves da Fonseca (6) et le routier du pilote - Nunes de Souza (7) nous apprennent que dès le milieu du siècle on * allait aux mines de Matto-Grosso par le rio Madeira; peu après, nonseulement l'évêque du diocèse (8) lançait une lettre pastorale en faveur
| de la liberté des Indiens, mais encore l’un d'eux parcourait son vaste
- (1) Manvel Rodriguez : El Marañon y Amazonas...., Madrid, 1684. “ (2) Mauricio de Hiriarte : Descripcão do Estado do Maranhão, Pará, Corupá e rio das
Amazonas, 1662, Vienna, 1874. RS (3) Voyages de Francois Coreal aux Indes Occidentales.... Traduits de l'espagnol a avec une relation de la Guiane de Walter Raleigh...., Amsterdam, 1722. DAS | (4) Parecer sobre pertencer a Portugal o rio Amazonas e necessidade de o fortificar, ne n sans date ni nom d'auteur, mais du commencement du xvmf siècle, Manuscr. de la Bibl.
Publ. de Lisbonne.
(5) Representação a D. João V sobre a liberdade ou captiveiro dos indios do Pará e E um Maranhão, 1735. — Reflexões que com esta representação se offereceram a S. M.osr. d. 27 …J0i0 V, Manuscr. de la Bibl. Publ. de Lisbonne.
(6) José Goncalves da Fonseca: Navegação feita da cidade do Gram Parã até a bocca do rio da Madeira pela escolta que por este rio subio às minas do Mato-Grosso...., 1749, Lisbôa, 1826, « Collecc. Ultram. »,t JV, n°1.
(7) Antonio Nunes de Souza : Derrota desta cidade de Santa Maria de Belem do Grão Pará para as Minas de Matto-Grosso .... que póde servir para outra qualquer monção indo passar as cachoeiras...., 1749, Manuscr. de VInst. Hist., Géogr. et Ethnogr.
“de Rio.
— (8) Dom Fr. Miguel de Bulhões: Charta pastoral... dada em favor da liberdade dos — Indios da sua diocese, 1750, Manusc. de la Bibl. Nat. de Rio. a
domaine religieux en le décrivant (1), comme Pont fait ses successeurs jusqu’à nos jours.
En 1768, nous avons le voyage si connu du vicaire général No-
ronha (2), suivi de ceux de Sampais (3), de Braun (4) et de Lacerda-e- Almeida (5). C'est Noronha qui nous a conservé la fable étrange des Indiens à queue, comme les singes, et son récit extravagant mérite | d’être cité: | « Un peu plus de vingt lieues au-dessus du Parauari débouche, É sur la rive méridionale de l’'Amazone, le rio Yuruá, appelé commu-. nément Juruá par les blancs, à 2° 30° de lat. australe, en descendant | du royaume du Pérou vers le nord, dans la direction sud... Les Indiens des tribus Cauána et Ugina restent bien au-dessus de la cataracte de | la rivière et loin de sa barre. De ceux de la tribu Cauana les autres Indiens disent ce que rapportent quelques géographes au sujet des. Groenlandais et des Lapons, c’est-à-dire qu'ils sont de petite taille et n’ont guère que 5 palmes de haut (1 m. 10). Ce qu’ils disent des Indiens de la tribu Ugina ou Coatátapyiia est encore plus remar=< quable : ils affirment en effet que, tous, ils ont des queues ct naissent d'Indiennes fécondées par les singes appelés Coitas. Quelle qu'en soit la raison, je suis porté à croire que leur récit au sujet des Indiens à. queue est véridique, et cela pour trois motifs: le premier c'est qu'il n'y a aucune raison physique qui rende difficile le port de la queue;
le deuxième, parce que, ayant interrogé plusieurs Indiens, descendus |
(1) Dom Fr. João de S. José: Viagem e visita do sertão em o bispado do Gram-Para | em 1762 e 1763, Rio, 1847, « Revista Trimensal do Instituto » 2º série, II.
(2) José Monteiro de Noronha : Roteiro da viagem da cidade do Para até ás ultimas colonias do sertão da provincia, 1708, Pará, 1802.
(3) Francisco Xavier Ribeiro de Sampaio : Diario da viagem que em visita e correição 4 das povoações da capitania de S. Joze do Rio Negro fe; o ouvidor e intendente geral, da mesma.. ., no anno de 1774 € 177), Lisbôa, 1825.
(4) João Vasco Manoel de Braun: Roteiro Chorographico (Inedito) da viagem. ..., | 1781, Pará, 1857. — Roteiro Chorographico da viagem que.. determinou fazer ao rio das | Amazonas, 1784, Rio, 1849, « Rey. Trim. do Inst. », 2° série, V. :
(5) Francisco José de Lacerda e Almeida; Diario da viagem... pelas cazitanias do Pará, Rio Negro... nos annos de 1780 a 1790, S. Paulo, 184r.
et abordé les Uginas, je les ai toujours trouvés constants dans leurs E récits. ‘avec cette seule différence que les uns leur attribuaient une … queue d'un palme et demi (33 centimètres) et que les autres la représentaient comme ayant 2 palmes (44 centimètres) et même davantage; le troisième motif, enfin, c'est que le Révérend Père José de S. Thereza Ribeiro, religieux carme et curé actuel de la paroisse
de Castro de Avelães, m'a affirmé avoir vu un Indien descendu du
rio Iupurà et qui avait une queue. Je lui demandai de me raconter —. cette histoire sous la foi du serment; il le fit; j'ai le document en ma possession; il est de la teneur suivante:
“« Je, soussigné, Frère José de S. Thereza Ribeiro, de l’ordre de | N.-D. du Mont-Carmel de l'antique observance, etc., certifie et jure “ inrerbo sacerdotis et sur les saints Évangiles, qu'étant missionnaire dans l’ancienne aldée de Parauari, qui fut transférée ensuite à Ven- …… droit où est situé aujourd’hui Nogueira, un homme, nommé Manoel … da Silva, natif de Pernambuco ou de Bahia, y arriva en l’année 1751 “ou 1752, venant du rio Iupurá, avec quelques Indiens à son service. Parmi ces Indiens, il en emmenait un, sauvage infidèle (non baptisé) … ayant une trentaine d'années, que le dit Manoel da Silva m'a affirmé être armé d'une queue; et, comme je n'ajoutais pas foi à cette nou-
je vis, sans que cela puisse souffrir le moindre doute, que le susdit Indien avait une queue de la grosseur d'un pouce et d’une longueur dun demi-palme (11 centimètres), couverte de cuir lisse sans poils.
“Ce même Manoel da Silva m'affirma tenir de l'Indien lui-même qu'il
— cet Indien ni l'endroit exact où il habitait, pas plus que si les autres pas plus q
quatre ans, j'ai appris que dans le rio Juruá il y a une tribu d'Indiens à queue. Et parce que tout cela est la vérité, j'ai dressé ce procêsverbal, écrit et parafé par moi. — Site de Castro de Avelães, le 15 octobre 1768. — (Signé) F. José de Santa-Thereza Ribeiro. » (1)
Le Juruá, où l'imagination de ces prêtres voyait des fils de Coitas, .
est aujourd’hui sillonné par des bateaux à vapeur, et les actifs serin- | gueiros qui en exploitent les terres à caoutchouc n’ont jamais trouvé les fameux hommes à queue du Révérend Père Ribeiro. (
Le « Diario da Viagem » de Sampaio est plus intéressant, et il discute avec sagacité plusieurs des récits de De La Condamine.
Presque en même temps, toutes ces contrées furent visitées par. Wilkens (2), Pontes (3), Mauricio (4), Bitancourt (5), et surtout par le. diligent naturaliste Alexandre Rodrigues Ferreira (6). « Le voyage | philosophique » de ce dernier est remarquable à tous les points de à vue. Le capitaine général João Pereira Caldas le chargea, en 1785, d'étudier, non seulement le rio Negro, mais le rio Branco et ses. affluents, l’Aracä, le Padauary, le Cababori, l'Uaupés, l’Icäna et l'Ixié: Rodrigues Ferreira entreprit son excursion aussitôt, et, dès le 17 jan=
vier 1786, il adressait son premier rapport. D’autres suivirent, pleins
d'indications des plus précieuses.
En 1790, Almeida Serra (7) refit à peu près le même chemin que
(1) Ouvr. cité, pag. 49-51. )
(2) Henrique João Wilkens: Diario de viagam que fez.. ao antecipado exame do rio | Japurá..., 1781, Manuscr. de la Bibl. Nat. de Rio.
(3) Silva Pontes : Diario da viagam que fez ao tirar a configuração do rio Guaporé, 1783, Manuscr. de la bibl. Nat. de Rio.
(4) Raymundo Mauricio: Participação em forma de itinerario que apresentou. . acerca da diligencia que fizera para descobrir communicação pelos rios Cabory e Piquie para o Japurá. .., 1787, Manuscr. de la Bibl. Nat. de Rio.
(5) Theodozio Constantino de Chermont et Ignacio de Moraes Bitancourt: Diario da navegação do Rio Urubi..., 1787, Manuscr. de la Bib. Nat. de Rio. — Bitancourt fit le voyage, dont l'ingénieur de Chermont fit la rédaction. “14
(6) Alexandre Rodrigues Ferreira: Diario da viagem philosophica pela Capitania de Säo-José do Rio Negro..., 1786, Rio, 1885, « Rev. Trim. do Inst. Hist. Geogr. e Ethnogr. do Brazil » t. xxvin, Part. 18.
(7) Ricardo Franco de Almeida Serra: Novo Diario da viagem dos Rios da Madeira, Mamoré, e Guaporé até Villa Bella, capital do governo de Mato Grosso..., 1790; Manuscr. de la Bibl. Nat. de Rio.
* Goncalves da Fonseca et Nunes de Souza avaient suivi, quarante annés auparavant, pour se rendre aux mines de Matto-Grosso par le Madeira.
Au xixe siècle, cette noble émulation des Brésiliens ne se laissa pas endormir.
Dès 1821, on publiait en français les informations de Ayres do Cazal (i) sur l’Amazone. En 1848, la Revue de l’Institut d'Histoire et de Géographie du Brésil, dont on ne sauraittrop vanter les services rendus à la science, imprimait les notes géographiques de Fernandes de Souza (2) sur « la capitainerie du rio Negro », devenue l'Etat de lAmazone. Quatre ans après, Lourenço Amazonas (3) faisait paraître son dictionnaire topographique, historique ct descriptif de la comarque du haut Amazone, et Ferreira Penna (4) commençait à publier ses beaux travaux tout de suite après.
Pendant ce temps-là, Hilario Gurjão (5), officier de génie qui devai mourir glorieusement au Paraguay, remontait jusqu'à Cucuy, et Gabriel Ribeiro (6) étudiait un tracé pour relier Manä3s au rio Branco par une route.
En 1861,le premier des écrivains sud-américains en matière de géographie historique, Caetano da Silva (7), dans un livre qui fait
» autorité, revendiquait les droits du Brésil sur les territoires contestés
de la Guyane; et bientôt après Tavares Bastos (8) commençait
(1) Manuel Ayres du Cazal : Notice sur les capitaineries de Para et de Solimoens au Brési, Paris, 1821, « Nouv. Ann. des Voyag. », 1x.
(2) André Fernandes de Souza : Noticias Geographicas da Capitania do Rio Negro, Rio, 1848, « Rev. do Inst. », 2º série, 111.
(3) Lourenco da Silva Araujo e Amazonas : Diccionario topographico, historico, descriptivo da Comarca do Alto Amazonas, Recife, 1852.
(4) Ferreira Penna a enrichi les « Archives du Muséum », de Rio, de nombreuses études d’une haute valeur.
(5) Hilario-Maximiano-Antunes Gurjão : Descripcäo da viagem feita desde a cidade da Barra do Rio Negro, pelo rio do mesmo nome, até à serra do Cucuí.., Rio Negro, 1855.
(6) Gabriel-Antonio-Ribeiro Guimarães : Reconhecimento de uma estrada dos campos do Rio Branco para a capital, Manãos, 1855.
(>) Joaquim Caetano da Silva : L'Oy-apoc et " Amazone, 2 vol., Paris, 1861. (8) A.C. Tavares Bastos : O valle do Amayzonas..., Rio, 1866.
cette campagne admirable qui devait aboutir à l’ouverture de "Amazone aux nations amies,
Nous ne parlons que pour mémoire des deux petits livres de Bernardino de Souza (1), qui fut l'éthnographe de la commission du Madeira, et nous ne répétons pas ce que nous avons dit précédemment au sujet de l'exploration des cours d’eau de la région amazonienne. par des nationaux. É
Lorsque le rapport de W. Chandless sur le rio Abacaxis parut en 1870, celui de Rodrigues de Medeiros l'avait précédé de dix-sept ans. Quand les deux ingénieurs wurtembergeois, J. et F. Keller, firent connaître leurs études sur le Madeira, en 1869, nous avions sur cette rivière une bibliothèque complète : depuis plus d'un siècle (1749), la description de Gonçalves da Fonseca et les observations du. naturaliste Rodrigues Ferreira (1786) ; depuis quatre-vingts ans, les informations de Lacerda-e-Almeida et de Silva-Pontes; depuis huit. ans, les travaux de Quintino Quevedo et surtout ceux de Silva Cou tinho (1861). Sur le Purús, dont les notes de Chandless firent con-“ naître l’intéressante vallée en 1866, nous avions, dès 1853, le rapport. de Silva Salgado, et, dès 1862, celui de Silva Coutinho, sans parler des publications du colonel Labre, qui fit plus que vulgariser cette région, puisqu'il la fit fructifier au profit de tous. Dans le rio Negro, Von Spix, von Martius, Wallace et Bates ont pu trouver la trace d'une | série de travaux, qui ont commencé dès le xvriº siècle. Nous avons dit ailleurs que la bifurcation de POrénoque était archiconnue des Portugais-Brésiliens dès la première moitié du xvnº siècle, quoique l'Europe en attribuât la gloire à Alex. de Humboldt. |
Si nous avons rappelé avec une certaine complaisance tous ces tra-
vaux, ce n'est pas pour faire étalage d'une vaine érudition bibliogra-. phique, mais pour revendiquer pour les nôtres la part à laquelle ils ont droit.
(1) Francisco Bernardino de Souza ; Lembranças e Curiosidades do Valle do Amazonas, Pará, 1873. — Commissão do Madeira : Pará e Amazonas, Rio de Janeiro, 1874.
Revenons aux voyageurs étrangers.
Un missionnaire français, l'abbé Durand, après avoir étudié le Solimões ou haut Amazone, le rio Madeira et d’autres cours d'eau . amazoniens, envoya à la Société de géographie de Paris une communication fort précieuse qui fut lue dans la séance du 5 août 1874.
Il y disait : « Les territoires qui bordent les eaux profondes de la Madeira sont fertiles et propres à toutes les cultures, riches en gisements d’or dont les fragments roulent dans les eaux de tous ses affluents (7). Vienne donc le jour où les peuples se transporteront sur les rives de ces routes fluviales, la culture, le commerce, l’industrie, Pexploitation des mines d’or réunis leur promettent une prospérité incalculable. »
Et, parlant du climat de l’'Amazonce tant discrédité, tant calomnié par ceux qui ne l’ont jamais enduré, il ajoute :
« On a fait à ces provinces une réputation d'insalubrité. Le climat de l’Amazone est plus sain que celui de beaucoup de régions de l'Europe. Les fièvres qui désolent chaque année certaines populations y sont causées plutôt par l'oubli des premières lois de l'hygiène que par ['insalubrité du climat. Le climat de l’Amazone n'est donc pas contraire à la colonisation. »
Il nous paraît oiseux d'énumérer les autres voyages entrepris dans ces contrées. Ces citations écourtées et nécessairement restreintes à des généralités n'apprendraient rien de bien précis au lecteur.
Nous croyons plus utile de le mettre en garde contre l’idée qu'il se fait généralement des voyages d'exploration dans le haut Amazone ou dans les vallées collatérales de ce fleuve.
Lorsqu'un Européen apprend qu’un voyageur s’est enfoncé dans les solitudes de " Amazonie, il croit volontiers que c’est là un exploit exceptionnel, et que le mortel heureux qui en revient a foulé des terres où jamais auparavant aucun pied d'homme civilisé ne s'était posé. Il faut convenir que les romans d'aventures que l’on sert main-
tenant sous couleur de récits de voyage sont bien faits pour propager
QT EPA Agi 5 PR + PS 1