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I. — Terrains situés sur les bords des routes et des cours

d'eau desservis par la navigation.

w Terrains destinés à l'exploitation agricole. — De 1,500 à 2,000 mètres de façade sur 2,000 à 3,000 mètres de fond : 0,08 real le mètre. — De 2,000 à 3,000 mètres de facade sur 3,000 à 4,000 mètres de fond : o,12 real le mètre.

2° Terrains destinés à l'élevage. — De 2,000 à 4,000 m. de façade

d le mètre. — De 4,000 à

5,000 m. de de sur É 000 à 6. 000 “m. de fond: 0,06 real mètre.

3° Terrains destinés à l'industrie extractive. — De 2,000 à. ; m. de façade sur 3,000 à 4,000 m. de fond: o,1 real le mê De 3,000 à 4,000 m. de façade sur 4,000 à 5,000 m. de fond o le mêtre.

IT. — Autres terrains.

41° Terrains destinés à l'exploitation agricole. — De 2,000 à 4,000 de façade sur 3,000 à 4,000 m. de fond : 0,05 r. le mètre. —

4,000 à 5,000 m. de façade sur 4,000 à 5,000 m. de fond : 6,0

mètre.

2° Terrains destinés à l'élevage. — De 4,000 à 5,000 m. de fe sur 6,000 à 8,000 m. de fond : 0,03 r. le mètre. — De 8,000 à 12

m. de facade sur 10,000 à 12,000 de fond : 0.05 r. le mètre.

3º Terrains destinés à l'industrie extractive. — De 6,000 à 8,000 E de facade sur 6,000 à 8,000 m. de fond : 0,08 r. le mètre — De 8, à 10,000 m. de façade sur 8,000 à 10,000 m. de fond: 0,15 r. mètre.

Non seulement on peut acquérir les terres du domaine de l'Etat q un prix excessivement bas, comme aussi le gouvernement se préoccupe déja du logement des futurs immigrants. Un emplacement a été 4 choisi pour bâtir une hôtellerie d’immigrants, où ceux-ci seront logés, nourris et assistés pendant les premiers jours de leur arrivée, jusqu’à leur placement définitif.

D'autres mesures seront prises prochainement par le Congrès, d'accord avec le vice-gouverneur en exercice, pour déterminer les « fatigués de l’Europe » à prendre le chemin de l’Amazone. E

« Quand je me rappelle, écrit Agassiz (1), combien de gens misé-. rables j'ai vus en Suisse, courbés sur une boîte de montre ou sur un |

d y (1) Voyez : Voyage au Brésil, par M. et Mme Louis Agassiz, Paris, 1869. “ua

E Cap +

#2) Ur

RS oe LE PAYS DES AMAZONES

Es RD Te | métier à tetes osant à peine Le les yeux de dessus leur ouvrage, et cela du lever du soleil jusqu'avant dans la nuit, sans par-

É “venir, même à ce prix, à gagner de quoi suffire à leurs besoins; et

quand je songe combien facilement tout pousse ici, sur une terre ; qu'on aurait pour rien, je me demande par quelle fatalité étrange b une moitié du monde regorge tellement d'habitants qu'il n'y a pas de E tous, tandis que dans l’autre la population est si rare que s bras ne peuvent suffire à la moisson! L'émigration ne devrait-elle affluer à larges flots en cette région si favorisée de la nature et si vide d'hommes ? »

Grâce aux mesures libérales que nous venons de mentionner, l'émi- - gration ne tardera pas à s'emparer de l'Amazone et à y faire fleurir “toutes les merveilles de l’Europe.

4 L'émigrantse tromperait pourtant étrangement s’il s'imaginait que à dans un tel pays on peut conquérir la fortune ou seulement le bien- 24 être sans travail.

— L'Amazone a besoin de bras; mais là, moins que partout ailleurs, — ilny a place ni pour Voisif, ni pour le vagabond. Certains spéculateurs doivent également en être écartés.

Nous ne voulons que des hommes industrieux, laborieux, que le sort n'a pas favorisés dans la mère patrie, des hommes ayant la volonté bien arrêtée de s'adonner à un métier sérieux, à l'industrie ou à l’agriculture, pour leur profit personnel et pour le bénéfice du pays qui les accueille. Ceux qui traverseront les mers dans ce noble but sont sûrs de trouver dans l’'Amazone l'emploi utile et largement rémunérateur de leurs bras, de leur intelligence et de leur argent.

On peut ciasser en trois grandes catégories les personnes qui cherchent à émigrer : la première comprend les prolétaires ; la seconde embrasse les petits propriétaires, fermiers ou industriels ; dans la troisième on trouve les capitalistes, ceux qui veulent faire fructifier leur avoir d'une manière plus rapide.

Le prolétaire ne possède rien que sa personne et sa.puissancé de

travail — omnia mea mecum porto. Pour des pays comme l'Amazone, ce rien, qui est une force et l'origine de tout, n'est pas à dédaigner. On suppose toutefois que le prolétaire est courageux, honnête. et animé du désir de bien faire.

Nous disons que ce semblant de rien n'est pas à dédaigner. Il sup: pose, en eflet, un capital personnel comprenant : l'instruction du | travailleur, le métier qu'il a appris, l'adresse particulière et le génie inventif qu'il peut posséder. J. B. Say n’a pas hésité à dire qu'un

Culloch a soutenu que tout individu arrivé à maturité peut être

Edward Young, chef du bureau de statistique à Washington, pense que la somme de 1.000 dollars ou 5.000 francs peut être estimée. comme représentant la valeur moyenne de chaque personne ajoutée d'une maniêre permanente à la population d'un autre pays que le sien. Et c'est pour cela que si l’État de l’Amazone introduisait, par — exemple, 50.000 immigrants d'Europe en cinq ans, en dépensant . pour chacun d'eux 250 francs en frais de recrutement, de transport, de réception, d'assistance et de placement, il aurait fait une excellente affaire, touten hâtant son peuplement, — puisqu'il aurait dépensé | 12.500.000 francs, et aurait recu un capital-bras représentant. 250.000.000 de francs, soit vingt fois la somme déboursée. E

Le prolétaire possêde de la force accumulée. C'est à lui de la rendre productive, au lieu de l’alimenter au détriment de la communauté en vivant dans la paresse. En ce cas il serait un fléau. Le capitaliste oisif a du moins ses capitaux qui produisent à sa place. a

Le prolétaire n’est donc un immigrant précieux qu'autant qu'il | sait un métier quelconque et qu'il a Pintention de s'en servir. Remplissant ces conditions, il trouvera facilement une occupation dans un pays qui a entrepris de grands travaux publics, et qui en entre- |

prendra d’autres.

. Les ouvriers qui ont le plus de chance de trouver une occupation immédiate dans l’'Amazone sont : les maçons, les briquetiers, les Eilieors de pierres, les charpentiers, les commis, les charretiers, les manœuvres, les journaliers, les calfats, les teinturiers, les scieurs de long, les emballeurs, les garçons épiciers, les cordiers, les mécani- É ciens, les voituriers à bœufs, les dessinateurs,les ramasseurs de fruits, les balayeurs, les couvreurs, les ferblantiers, les tourneurs, les bûche-

rons, les vernisseurs, les aides-forgerons, les badigeonneurs, les por-

tefaix, les filateurs, les tisserands, les couteliers et repasseurs, les

… Cette classe sera fort peu nombreuse en France, où l’on vit attaché à ES

mauvaises aflaires : ceux, en un mot, des habitants des campagnes qui émigrent sur Paris.

La situation de ces derniers, pourvus d’un petit capital, sera plus … belle que celle du simple prolétaire, à condition toutefois qu’ils pren- “— nent la peine de travailler d’abord pour le compte d'autrui sans engager leur argent du premier coup dans un pays où tout sera nouveau …. pour eux. Ils arrivent, en effet, dans une contrée étrangère, dont ils ne connaissent généralement ni la langue, ni les mœurs, niles besoins,

ni les divers genres de culture et d'industrie. Ils ont donc besoin,

“ pour ne pas faire fausse route, de direction et de conseils. Ils devront — faire l'apprentissage du pays. Il faut qu'ils se soumettent à cette - situation provisoire, s'ils ne veulent pas aventurer ce qu'ils possè- - dent; il faut qu'ils préparent leur acclimatation et que, tout en “ augmentant leur capital par le travail salarié, ils aprennent à connaître le pays avec ses besoins agricoles, commerciaux et industriels.

C'est après ce noviciat que le colon s'éablira sans crainte. Une fois

installé, ilsera en état, à son tour, de fournir du travail à ses compatriotes récemment arrivés, car la fertilité du sol est telle que les. produits plantés et semés par quatre bras en exigent huit, l'année” suivante, pour les cueillir. C’est ainsi seulement que la petite et la. moyenne propriété se créeront dans ces parages.

Il nous reste à parler de la troisième catégorie d'émigrants, des

capitalistes. Ceux-là aussi ont chance de réussir au delà de leurs espé- |

où l'argent trouve toujours un emploi constant et facile, des intérêts | de premier ordre, et ne parvient pas à suffire à toutes les nécessités du progrès rapide du commerce.

Les grandes banques, les compagnies d'assurances, les entreprises | commerciales et industrielles par société restent encore à fonder. Les grandes exploitations agricoles et forestières attendent des mises de | fonds pour produire des millions. Heureux les capitalistes qui arrive-. ront bons premiers ! 4 Une considération, d'ailleurs, doit encourager ou du moins rassurer | les Européens qui désireront se fixer dans l'Etat de l’'Amazone: c'est | qu’il y trouveront déjà un certain nombre de leurs compatriotes | auxquels la fortune a souri et qui occupent une excellente situation commerciale, soit dans la capitale, soit à l’intérieur. - A Manäos, on compte bon nombre de magasins et d'établissements de commerce appartenant à des étrangers ; ils sont même en général supérieurs en nombre et en importance aux maisons appartenant à des Brésiliens. ; | Les étrangers qui dominent sont les Portugais. Ils occupent une place à part au Brésil. Ils ont, en effet, de commun avec nous Vori 1 gine, la langue, la religion, les mœurs, une partie de leur histoire et des intérêts engagés depuis de longues années. Leur situation excep=« tionnelle s'explique donc naturellement. Le Portugais n'est ni un étranger complètement, ni tout à fait un Brésilien. C'est une sorte | d'ancêtre historique, comme l’Anglais pour le Yankee.

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