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A côté des Portugais, d’autres étrangers figurent honorablement. A Manäos, on compte, rien que parmi les maisons de gros et de commission : des Américains du Nord, des Anglais, des Francais, des Allemands, des Italiens.
Tous les étrangers sont accueillis au Brésil avec la plus grande cordialité. Il n’y a pas une seule nation au monde qui fasse plus de cas de l’immigrant, et qui s'empresse de le lui prouver dans toutes les occasions. Ses droits sont respectés et ses relations civiles sont protégées par des lois très libérales. C'est Agassiz, citoyen de la grande République des Etats-Unis, né en Suisse, dans une autre République, qui a écrit ces lignes: « On ne saurait rien imaginer de plus libéral que la législation brésilienne. » Elle devance, sur ce point, la plupart des États de l'Europe, si fiers de leur organisation politique.
Comme les Brésiliens, les étrangers peuvent recevoir gratis, dans les écoles primaires publiques, l'instruction élémentaire; et, comme eux, ils peuvent s'inscrire dans les lycées et dans les autres établissements. Ils voyagent partout avec la liberté qui est accordée aux naturels du pays, et, comme ceux-ci, ils peuvent invoquer la garantie de Phabeas corpus. A la condition qu'ils se soumettent aux prescriptions légales, qui ne sont rien moins que tracassiéres, ils peuvent exercer tous les commerces, toutes les industries qui ne sont pas contraires aux bonnes mœurs, à la salubrité et à la sécurité publiques. Ils peuvent disposer de leurs biens, et jouissent intégralement des droits de propriété accordés aux citoyens brésiliens. La plus complète liberté de conscience leur est laissée. Il n’y a pas de religion d'Etat.
Les droits des enfants d'étrangers nés au Brésil ont attiré plus spécialement l'attention du législateur. Il a été décrété que le statut civil des étrangers adultes résidant au Brésil, et qui n'y sont pas pour le service de leur propre pays, est également applicable au statut civil de leurs enfants, mais seulement pendant la minorité de ceux-ci. A leur majorité, ils entrent dans la jouissance des droits attribués aux citoyens
brésiliens eux-mêmes.
La Brésilienne qui se marie à un étranger suit la condition de son
mari ; il en est de même de l'étrangère qui épouse un Brésilien : elle + devient Brésilienne ipso facto. — La loi ne reconnaît que le mariage civil. M
La succession des étrangers décédés au Brésil est réglée, en général, par la même procédure et par les mêmes autorités qui interviennent” dans la succession des nationaux, à moins qu'il n'y ait des conven-h tions consulaires spéciales avec le pays du décédé : dans ce cas, c'estlan convention consulaire qui fait autorité. — Pour certains pays, après 4 un simple arrangement conclu par un échange de notes établissant la + réciprocité, le Brésil reconnaît l'autorité des consuls suivant des règles déterminées. /
Le Brésil a conclu des traités pour l’extradition des criminels avec la plupart des pays civilisés.
Les lettres de naturalisation sont accordées avec la plus grande faci= lité et sans frais. — Les étrangers naturalisés jouissent des mêmes droits et des mêmes prérogatives que les Brésiliens de naissance, avec de minces restrictions politiques n'atteignant, d'ailleurs, qu’un nombre fort limité de naturalisés, car, heureusement pour notre esprit national, bien peu d’entre eux ont des aspirations politiques.
Les lois de l'Union Fédérale sur la naturalisation et les droits dem propriété, de même que les lois et règlements de l'Etat, favorisent donc par tous les moyens l'étranger immigrant.
Les sources certaines de richesse que la nature lui présente, les | salaires relativement élevés qui lui sont offerts, concourent également à Vattirer en une région bénie où les misères de la vieille Europe | seront longtemps encore inconnues, où l'existence est assurée à tout homme de bonne volonté, et où l’on peut enfin édifier des entreprises | durables. |
L'espace est bien mesuré sur l'antique terre d'Europe, et ce n'est 4 pas encore demain que l’expropriation collectiviste assurera à tous les
citoyens la propriété indivise et impersonnelle du sol. Les faiseurs |
d utopies, qui trouvent qu'il n'y a plus place pour tout le monde sur
l’ancien continent, feraient bien de tourner leurs regards vers l’Ama-
zone et d'encourager les deshérités à aller devenir propriétaires en