D RECETTE.ANNUELLE DE L’'AMAZONE
en contos ou millions de réis
depuis l'établissement de la République en novembre 1889
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Ainsi, les recettes des 38 années pendant lesquelles la province dépen-. dait du gouvernement central ont été, ensemble, de 21.315 contos, + et la recette d'une seule année de vie autonome a dépassé ce chiffre, et s’est élevée à 21.426 contos.
Le dernier président de la province de l’'Amazone, M. Oliveira Machado, dans le Rapport qu'il présenta le 2 juin 1889 à l'assemblée provinciale (1), disait tristement :
« J'ai trouvé, Messieurs, la province sans loi budgétaire, sans loi de police, sans loi sur les chambres municipales, sans argent, et, pourquoi ne pas le dire ? sans crédit. »
Le gouverneur actuel de l'Etat de l’Amazone, le colonel José Ramalho, dans le Message qu'il présenta le 10 juillet 1898 au Congrès des Représentants (2), disait avec un juste orgueil :
« Selon un tableau qui m'a été adressé à la dernière heure, la recette de l'Etat, depuis le 1°" juillet 1897 jusqu’au 30 juin 1898, avec le solde de l'exercice antérieur, monte à 21,426 contos et 294,807 réis ; dans cette somme ne se trouvent comprises ni les recettes des perceptions de l’intérieur relatives aux derniers mois de l'exercice ni une partie de la Perception Générale relative au mois de juin ».
Voilà la différence qu'il y a entre la centralisation et la fédération,
bien accentuée par des chiffres.
(1) Relatorio com que... installou a sessão extraordinaria da assembleia legislativa provincial, Manãos, 1889; p. 3. , 2) Mensagem... em ro de Julho de 1898, Manãos, 1898, p. 20.
La recette de l'exercice 1897-98 a été fournie par les sources de
revenus suivantes :
EXpPORaton ee ee e me pce 18.474 contos Intérie na va AE RE Pata orago af! Cr ee 759 — Revenu extraordinaire......….......... 515 — Revenu avec application spéciale ..... 215 —
Ces chiffres, avec les fractions négligées, ajoutés au solde de l’exercice précédent se montant à 1,449 contos, parfont les 21,426 millions de réis de la recette totale.
Ce sont surtout, on le voit, les taxes sur l'exportation qui alimentent le budget de | Etat, et, parmi ces taxes, principalement les droits qu'acquitte le caoutchouc à sa sortie de l'Etat.
Les taxes de l’intérieur sont perçues sur le transfert des propriétés, sur le papier timbré appliqué aux documents ressortissant exclusivement du gouvernement local, sur le magasin de dépôts de marchandises, sur la consommation de l’eau, sur les émoluments des fonc-
tionnaires nommés, sur l’aliénation des terres appartenant à l'Etat, etc.
Le revenu extraordinaire provient des amendes, des transferts et
prorogations de contrats avec l'Etat, des biens de l'Etat, etc.
Le revenu avec application spéciale se compose : d’un droit de 30 réis par kilogr. de caoutchouc exporté, dont le produit est destiné aux frais du service de l'immigration ; d’un droit de 20 réis par kilogr. de tous autres produits exportés, dont le produit est destiné à la construction d'une Bourse de Commerce ; d’un droit supplémentaire de à o/o sur la valeur de tous les produits exportés, quelle que soit leur destination.
Il s’agit là de la recette perçue par et pour l'Etat.
A côté de cette recette de l'Etat autonome, qui, de par la Constitution Fédérale du 24 février 1891, ne peut pas imposer des droits sur les produits et marchandises importés de l'étranger, il y a la
recette générale, dont le produit, perçu par les douanes, revient, non
plus à l'Etat, mais à "Union Fédérale. L'Etat de l’Amazone a la faculté constitutionnelle de percevoir des droits sur les importations venant des autres Etats de "Union Fédérale. Jusqu'ici, il n’en a pas usé, et il est peut-être le seul des vingt Etats du Brésil qui laisse entrer en franchiseles produits et marchandises venant d’autres Etats brésiliens, Autant dire qu'il n’a pas d'octrois.
Mais, avant de parler des revenus des douanes qui sont encaissés par et pour "Union Fédérale, disons un mot des recettes municipales, puisque aussi bien le Municipe est, lui aussi, dans notre système constitutionnel, un organe autonome. Un certain nombre de Municipes, qui végétaient péniblement au temps de la centralisation, sont devenus fort prospères, et ont de beaux revenus. Celui de Labrea, dans le Purús, par exemple, a encaissé, pendant l'exercice 1896-97, près de 508 contos ou millions de réis de recette, beaucoup plus que la province de l'Amazone entière n'encaissait en 1875, alors que les revenus provinciaux ne dépassaient pas 418 contos. Celui de S. Felippe a encaissé, pendant le même exercice, près de 280 contos ; celui de Humaythá, 177 contos; celui de S. Paulo-d’Olivenca, 119 contos ; celui de Manicoré, 112 contos.
La recette fédérale, destinée au Trésor national et résultant des perceptions de la douane, nous offre un tableau non moins flatteur. La douane de Manäos n'a été installée que depuis l'exercice financier 1868-69. Les chiffres qu’elle nous fournit démontrent que ses recettes ont toujours été en augmentant.
Pendant les cinq premières années, la douane de Mandos a rapporté moins de 200 contos. Aujourd’hui, elle rapporte plus de 6,000 contos.
Comme effets et causes à la fois du développement des échanges de VEtat de l’Amazone, les moyens de tranport se sont considérablement multipliés.
En 1872-73, le port de Manaos voyait entrer dans ses eaux 51 navires, et il en sortait 45, le mouvement fluvial se chiffrant par
test
96 vapeurs. En 1881-82, le mouvement fluvial de grand cabotage accusait à l’entrée 186 bateaux à vapeur, et à la sortie, 138 ;en tout, 324 vapeurs. C'était donc, en dix ans, une augmentation de plus du triple pour le trafic général. Or, en 1897.il est entré à Manãos 911 navires, dont 91 étrangers, et il en est sorti 892, dont 91 étrangers. Le mouvement du port, tant à l'entrée qu'à la sortie s’est donc chiffré par un nombre de navires presque six fois plus élevé que celui de 1882, et, pour démontrer l’activité de ce port il suffit de rappeler que, pendant cette même année 1897, le nombre des voyageurs entrés et sortis a largement dépassé 61.000 (exactement, 61.353).
Cette prospérité financière continue n’a pas été improductive. Le gouvernement local a su l’utiliser en des réformes importantes, qui elles-mêmes porteront leurs fruits.
L'enseignement a été développé. A côté des écoles primaires, du Gymnase amazonien, de l'Institut des arts et métiers, du magnifique Institut Benjamin Constant, de la Bibliothèque, on a réorganisé le Muséum, on a doté l’enseignement élémentaire d'un certain nombre d'excellents édifices scolaires, on a créé un Bureau de Statistique et des Archives publiques.
Le Muséum comprend deux sections. La première est consacrée à la zoologie générale et appliquée, à l'anatomie comparée, à la paléontologie générale et animale, à la géologie et à la minéralogie. De la seconde section font partie : la botanique générale et appliquée, la paléontologie végétale, l’ethnographie, l’archéologie et l’anthropologie. Le directeur de la section de zoologie a à sa charge le jardin botaque. Il a acquis les collections et la bibliothèque du botaniste Paul Taubert, adjoint au Muséum de Berlin, et les collections ethnographiques de M. Richard Payer, outre des livres et des instruments spéciaux d'une grande valeur. {
Des édifices scolaires ont été bâtis, bien qu'en petit nombre relativement, et le Bureau de Statistique a commencé à travailler active-
ment. Il prépare des publications, qui pour servir utilement à la
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propagande amazonienne devront être écris en français et classés méthodiquement. Tel qu'il est, son premier travail, un gros volume où les matières sont jetées pêle-mêle, rend cependant des services à ceux qui savent le portugais, et ils sont en bien petit nombre dans les contrées où l’on s'intéresse aux choses du Brésil.
L'hygiêne, surtout, a appelé l’attention du gouvernement local, et doit continuer à être le principal objet de ses préoccupations à cause des préjugés régnants en Europe.
On a percé des avenues, construit des boulevards, bâti des places et des squares, établi des jardins et des fontaines, élargi les vieilles rues, jeté des ponts sur les igarapés, fait un nouveau réservoir d’eau, établi un pont de décharge, ouvert un magasin de dépôts pour les marchandises, aligné des quais qui servent d'amorce à des quais plus confortables, édifié des palais, des théâtres, des édifices publics, enlevé à la ville son cachet de gros bourg parvenu, pour en faire une cité moderne, qui déjà étend ses ramifications vers des faubourgs peuplés.
Cette œuvre d'assainissement et d'embellissement est dûe surtout aux efforts de M. Edouard Goncalves Ribeiro, qui pendant son administration de près de six ans a eu le rare mérite de comprendre les futures destinées de Manäos.
Il reste encore beaucoup à faire sans doute; il reste, avant tout, à doter la ville d'un système d'égoúts parfaits et de vidanges bien entendues. C’est la tâche de ses successeurs, à commencer par le vicegouverneur actuel, le colonel José Ramalho, dont on attend beaucoup, car il est né dans le pays et en connaît toutes les nécessités.
L'Etat n’a aucune dette, ni intérieure, ni extérieure, ni consolidée, ni flottante. Ses revenus augmentent d’année en année, et il peut y trouver les moyens de mener à bien l’acquisition progressive de son outillage de peuple civilisé. A la rigueur, s’il ne voulait pas surchager la génération présente, il pourrait contracter un emprunt — sa der-
nière loi budgétaire l’y autorise; — il pourrait trouver des ressources
à l'étranger destinées uniquement à ces deux œuvres immédiatement reproductives : le peuplement de son sol, et l’amélioration de son hygiène par l'établissement d'égoúts.
Si l’on compare la situation de l'Etat de l’Amazone, au point de vue de ses engagements financiers, avec celle des Etats indépendants qui
l'avoisinent, on constate combien sa situation est privilégiée :
Dette des Elats limitrophes de l Amazone comparée à celle de
l'Etat deP Amaçone