‹ Le pays des AmazonesChapitre 140 sur 149 · M CUS · texte numérisé non relu

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chiffre de leur production, toutes les matières premières déjà exploitées, et toutes celles qui sont susceptibles de l'être avec avantage. Dans la seconde, on classerait, avec les prix payés là-bas, des échantillons de tous les articles de provenance étrangère demandés par le consommateur de " Amazone.

Des prospectus et des tableaux feraient connaître les terres disponibles, leur prix, leur situation, le genre de culture qui leur convient, les avantages accordés aux immigrants et les renseignements pratiques pour leur départ et leur arrivée. Il serait facile d'y joindre une liste pour les demandes et offres d'emplois, les prix courants des matières premières sur place, le mouvement maritime, etc.

Des conférences et des lectures fréquentes, faites par les membres les plus autorisés de la colonie brésilienne, par des voyageurs et des négociants connaissant le pays, des réunions périodiques auxquelles la presse et les sociétés savantes seraient conviées, des cours gratuits de langue portugaise, complèteraient l’ensemble de cette organisation.

Cette exposition permanente ne serait pas très coûteuse. Les libéralités des citoyens, soucieux de la grandeur de leur pays, y pourvoiraient en partie, et, avec l’aide du gouvernement local, permettraient de constituer une dotation annuelle raisonnable. Cette exposition serait d’ailleurs organisée à l'instar du Musée des Arts Décoratifs de Londres, et pourrait être facilement transportée aux Expositions universelles sans provoquer des frais trop considérables.

L'œuvre est grandiose et originale. Elle est digne de l'Etat qui marche si résolument dans la voie du progrès. Elle ferait en deux années plus que dix ans de propagande par la plume et la parole. Elle ferait plus que tous les appels adressés par la presse aux futurs colons de | Amazone, plus que toutes les lois et que toutes les subventions ayant pour but de provoquer à l'immigration étrangère.

Les divers peuples de l'Europe — car cette exposition ne doit pas demeurer cantonnée dans une seule capitale — apprendraient ainsi à connaître de visu ce pays des Amazones, où l'élément indigène peut

fournir un appoint sérieux aux bras importés de l’étranger, — cet El-. Dorado légendaire, où Por végétal enrichit plus sûrement que les mines d'Australie ou d'Afrique, — ces splendides terres à caoutchouc 4 dont l’industrie contemporaine utilise de plus en plus les produits. . , Ils recevraient directement la grande révélation de la nature tropicale, et aspireraient à entrer en rapports plus intimes avec ces contrées. .

Pour notre part, nous serions heureux de préparer ainsi ce resplen- ? dissant avenir et de dépenser ce qui nous reste de vie pour ce grand œuvre patriotique. Alors seulement on verrait réalisé le vœu patrio-

tique prêté par Garrett à Camoëns mourant (1) :

Superbe Tage, est-ce qu'au moins un échantillon

Ne restera de ta gloire, un héritier

De ton renom? — Oui, reçois-le, garde-le,

O généreux Amazone, cet héritage

D'honneur, de réputation et de chevalerie : ne laisse pas périr La langue et le nom portugais en ce bas monde.

(1) Almeida-Garrett: Camões, X, 21.

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