‹ Le pays des AmazonesChapitre 139 sur 149 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

conclusion. — Peuplement rationnel de l’'Amazone. — Un grand Etat de “avenir. — Un nouveau marché. — Pourquoi l'Europe doit regarder du côté - de l'Amazone. — Propagande pour préparer l’avenir de l’'Amazone. — Le Pays des Amazones en Europe. — Un musée permanent en Europe. — “Comment il devrait être organisé.

L'Etat de l'Amazone, si l’on s’en tient aux données officielles du recensement du 31 décembre 1890, ne présente qu’une densité de 0.08 habitant par kilomètre carré. C'est la plus faible densité de population constatée dans l’Amérique du Sud. On s’en fera une idée plus précise en la comparant à celle de quelques Etats de l’Europe.

La densité de la population est en France de 73 habitants par kilomètre carré ; elle est de 95 en Allemagne, de 126 dans le Royaume- . Uni de la Grande-Bretagne et d'Irlande, et de 216en Belgique Dans … l'Etat de " Amazone, nous venons de le voir, elle n’atteint même pas une unité.

f Cette disproportion entre le petit nombre des habitants et l'immense étendue du territoire ne saurait être attribuée à la supériorité des décès sur les naissances, autrement dit à l'inclémence du milieu, qui se poserait en obstacle à la multiplication de l’espèce. Les statistiques officielles et ce que nous avons dit du climat ainsi que du pays en général prouvent amplement le contraire, d'autant plus que leschiffres mêmes du recensement constatent que la population a augmenté de presque 156 o/o en dix-huit ans, soit de 1872 à 1890, dates des deux recensements.

De simples causes administratives et économiques expliquent pour-

Br

uoi, depuis l'indépendance du Brésil, la population n'a pas grandi Pd 26

dans la proportion des terres disponibles et des ressources certaines du pays.

D'un côté, jusqu’en 1852, cette région était une simple dépendance de Pará, oubliée par le pouvoir central, qui n’a ouvert le fleuve des . Amazones aux pavillons étrangers qu’en 1867, et qui n’a été en relations directes avec Manäos, au moyen de bateaux à vapeur venant de M Rio-de-Janeiro, qu’en 1883.

D'un autre côté, le genre même de productions de l’Amazone, l'industrie forestière, nécessite cette dispersion de population : l'homme de l’Amazone est condamné à s'éparpiller sur toutes les rivières à la recherche des produits forestiers, et il ne vient dans les villes et les bourgs qu'accidentellement. RE

Sans nous appesantir sur ces considérations, disons seulement que les centres actuellement habités démontrent la possibilité d'en créer d’autres aussi prospères dans le voisinage et de proche en proche, car il faut se garder de trop disperser les forces colonisatrices. On doit | s'avancer à la conquête de la forêt vierge par bandes serrées et non d’après l’ordre mince et dispersé. Il faut y procéder du connu à l'inconnu, éviter l'éparpillement des nouveaux venus et relier avant | toute chose les villes et les bourgades déjà existantes à celles que l'on" veut y créer, par des concessions de terrain intermédiaires. Il n'est M pas moins nécessaire de ne pas distribuer au hasard les parts de propriété ; ayons grand soin, au contraire, de propager l'exploitation du M pays par degrés, par étapes successives, et de fortifier, par une longue ligne continue ou par des cercles concentriques de colons nationaux et étrangers, "importance de la capitale, si admirablement située.

ce corps expéditionnaire des pionniers de "'Amazone s'appuie

suivant cette marche sûre, on arrivera sans doute, en un temps rela

tivement court, à donner quelque cohésion et quelque densité

> nul idee it

veaux colons dès qu'ils y arriveront en nombre, et que les habitudes sociales du pays devront se transformer assez rapidement. Nul ne doit s'effrayer de ces conséquences probables d’un peuplement par voie rationnelle, où l’Indien arraché à sa sauvagerie, le Brésilien des autres Etats de "Union, et principalement le Brésilien des Etats du Nord, et "Européen du Midi auront leur place et leur emploi.

L'Amazone est assez vaste pour tout accueillir et tout supporter, puisqu'il est plus grand que n’importe laquelle des Républiques qui Pavoisinent (1).

Quand ce pays sera peuplé dans la même proportion que la Belgique, par exemple — ce qui, d’ailleurs, n'est pas à souhaiter, — il contiendra, au lieu des 147,915 habitants que donne le recensement de 1890, plus de 409 millions d'âmes, beaucoup plus que toute

l'Europe. S'il était peuplé seulement comme l’Etat européen qui l’est

le moins relativement — la Norvège, où la densité, par kilomètre carré, est de 6 habitants à peine, — il aurait encore 11,382,120 habitants.

Il y aura place alors, dans cette agglomération d'hommes, pour toute espèce d'organisation du travail. Il nous suffit, quant à présent, d'entrevoir la réalisation de nos plus chères espérances et de pressentir le mouvement qui semble orienter les émigrans de la vieille Europe vers les régions fortunées de l’Amazone :

Incerti quo fata ferant, ubi sistere detur.

Oui, nous en sommes convaincu, cette terre merveilleuse deviendra,

dans un avenir qui paraît rapproché, l'objectif du commerce et de Pémigration du monde ancien.

(1) Superficie de l'Etat de l'Amazone......,.. . 1.897.020 kil. carrés. = deslaiColombieM sesta o vala 1.203.100 = — al a iv re cernes 1.189.800 — = GUIDO o EAN 1.137.000 — == SUN GRATOS Re 1.043.900 —

= Gio dear sonham er 299.600 —

Les peuples européens traversent une crise, dûe pour les uns à la pléthore de population et pour les autres à la surproduction. Il y a trop d'hommes sur cette antique motte de terre qui est "Europe. On éprouve le besoin de se desserrer un peu et de se remettre à la conquête pacifique du globe.

L'Asie a été épuisée par les civilisations primitives. L'Europe a été pressurée par deux mille ans d'exploitation intensive. L'Amérique du Nord est en pleine activité, et prend déjà des mesures pour écarter les nouveaux venus (1). Il ne reste donc plus à faire produire que l'Afrique — une morte que l’on veut ressusciter — et l'Amérique du Sud. Les nations sont en éveil, et croyant n'obéir qu’à leurs intérêts matériels et donner satisfaction à leurs besoins commerciaux, elles se disposent à achever le grand œuvre providentiel qui est la raison d’être mystérieuse de l’humanité. Partout elles se répandent et cherchent à vivre plus à l’aise. Partout elles s’efforcent de placer la surabondance de leurs produits manufacturés, stérilisés entre leurs mains. Les débouchés s'ouvrent peu à peu, et avec les ballots de marchandises la civilisation se propage sur tous les points de la terre.

Le temps n’est plus où l'expansion au dehors était regardée comme un fléau qui appauvrissait les pays d'émigration. Cela était vrai jusqu'à un certain point lorsque les peuples étaient plus particulièrement adonnés à l’agriculture, et que les bras ne suffisaient pas à la culture des terres. Mais, aujourd’hui, la transformation de l'outil et la prédominance de l’industrie condamnent les hommes à se déplacer et à- faire voyager leurs produits fabriqués. Etendre la mère patrie le plus loin possible est, pour le présent, une cause de prospé-

(1) C'est une des formes que le protectionnisme revêt dans ce pays. M. John Haws Nobb (Political Science Quarterly, t. vir, 1'º part.. p. 133-38, Mars-Juin, 1892, New- York) fut le premier à proposer que l’on exigeât des immigrants italiens un minimum d'instruction. M. James Bryce député anglais, a approuvé publiquement les Etats-Unis qe se montrer présentement « plus rétifs devant les masses ignorantes et demi-civilisées que l’Europe centrale rejette sur leurs plages. »

rité, et, pour l'avenir, per l'effet du croisement des races, une prépondérance assurée au génie de celle qui aura semé le plus de ses enfants à l'étranger. )

Le Royaume-Uni de la Grande-Bretagne envoie ses enfants au loin — environ 348.000 par an, — et jamais sa richesse n'a été plus grande. L'Allemagne — 104.000 par an — voit les siens fuir par centaines de mille, et sa puissance s'affirme chaque jour davantage. L'Italie est la seule nation latine qui entretienne la propagation du sang latin dans l’univers et empêche l’humanité de demain d’être une résultante trop exclusive des autres races rivales; bien que ses populations émigrent en masse — 255.000 par an, — elle présente l’un des plus remarquables exemples de relèvement à notre époque. La Russie pousse ses sujets vers l'Asie, et sa population — malgré une sortie de 120.000 âmes, par an, depuis 1891 — ne cesse d'augmenter. L'Espagne et le Portugal auraient disparu déjà de la carte des nations si elles n'avaient pas fondé les jeunes démocraties de l'Amérique Latine.

Ces phénomènes sont d’une explication fort simple.

Sans parler des relations commerciales qui s'établissent presque toujours entre la métropole et les émigrants, au grand profit de tous, il est évident que le trop-plein qui s’en va laisse plus de place à ceux qui restent et leur permet de combler les vides par des générations abondantes. Les nations qui émigrent ne sont pas forcément les nations les plus pauvres; mais elles pourraient le devenir si elles n'émigraient pas, car, comme l’asi bien dit Duval, comme les eaux stagnantes, les nations stagnantes se corrompent.

Il est certain que le régime de la grande propriété et du droit

* d’ainesse sont, pour l’Allemagne et la Grande-Bretagne, une des prin-

cipales causes d'émigration, comme les bas salaires le sont pour l’Italie, l'Espagne et le Portugal. En France, où la propriété est mieux répartie, plus de citoyens peuvent s’attacher à la terre et y

vivre du sol. L’émigration doit donc y être naturellement moins abon-

dante. Cependant, elle ne fournit pas ce qu’elle devrait fournir normalement — la moyenne annuelle est de 20.000 à peine — si les mariages avaient toute leur fécondité. Aussi entend-on des hommes comme M. Paul Leroy-Beaulieu lui crier que la colonisation est pour elle une question de vie ou de mort, et que, sans la colonisation, elle retombera au rang de la Roumanie ou de la Grèce.

Nous ne sommes, nous autres Amazoniens, qu’à deux semaines des meilleurs ports de l’Europe. Nous offrons au commerce et à l’industrie du monde les matières premières les plus utiles et les plus précieuses, les gommes, les résines, les baumes, les essences, les sucs épaissis, à commencer par le caoutchouc, les aromates, les fibres textiles, les matières tinctoriales et tannantes, les huiles végétales, les substances médicinales, les bois de construction et d’ébénisterie, les pelleteries, les plumes, l’ivoire végétal, le cacao... Pendant de longues années encore, nous pouvons recevoir en échange le blé, les conserves alimentaires, le vin, la bière, le cognac, les liqueurs, le beurre, les fromages, le sel, les pâtes, les draperies, le linge, les armes, les instruments agricoles, les meubles, les machines, les objets de luxe, tous les articles manufacturés de l’Europe qui ne trouvent plus ailleurs des débouchés suffisants.

L'Amazone mérite donc que l’on s'occupe un peu d’elle de ce côté-ci de l'Océan, où l’on n’est guère habitué à avoir des clients appartenant à un Etat qui produit 370 francs par tête d'habitant et qui n’a pas de dettes.

Le voyage qui se fait aujourd’hui en 20 jours, du Havre à Mandos, pourra s'affectuer en une dizaine de jours, lorsque de vastes steamers, effectuant des escales moins prolongées, auront remplacé les bateaux à vapeur qui accomplissent présentement la traversée.

Déjà de grands progrès ont été réalisés dans ce sens. L'auteur de ces lignes se souvient qu’en 1862, lorsqu'il fit pour la première fois le

voyage de "Amazone en Europe, il n’y avait pas de paquebots, et que

le navire à voiles sur lequel il prit passage mit 47 jours de mer, sans escale, pour faire le voyage de Pará à St-Nazaire. Il ya quelques mois, il effectuait le même voyage sur un excellent steamer de la Red Cross Line en 17 jours, malgré les escales de Madère et de Lisbonne. Bientôt on pourra aller de Liverpool, d'Anvers, de Hambourg, du Havre, de Gênes, à Parintins, à Itacoatiára et à Manaos avec autant de facilité et de confort et en aussi peu de temps que l’on va à Philadelphie et à New-York.

Nous nous rapprochons peu à peu de l’Europe; que l’Europe fasse le dernier pas.

Les nations de l’ancien continent qui savent à quel point les États- Unis de l'Amérique du Nord, à force de droits protecteurs et quasiprohibitifs, se sont transformés en pays industriel pour leur faire une concurrence redoutable, comprendront bientôt que c'est vers le Brésil, vers / Amazone, qu'ils doivent faire affluer le courant d'émigration qui sort de leur sein et qui tous les ans emporte hors de chez elles plus d’un million de créatures humaines. Leur intérêt parlera plus haut que leurs vieux préjugés.

L'Europe constitue [Association Internationale Africaine, pour laquelle elle fait d'énormes sacrifices en hommes et en argent, et qui Poblige à créer de toutes pièces des Etats perdus au fond du conti-

nent noir,

Semper sole rubens et torrida semper ab igne.

Belges, Français, Portugais, Allemands, Italiens, Anglais, s'acharnent sur ces terres, parce qu’ils espèrent y trouver de futurs clients pour leurs manufactures, et parce qu’ils comptent bien leur dérober les produits qui manquent sur leur sol.

Les Francais font des frais considérables d'hommes et d'argent pour s'implanter, d'un côté, dans l’Indo-Chine, unissant à la Cochinchine PAnnam, le Tonkin,le Cambodge et le Laos,de l’autre, à Madagascar ;

ils aspirent à reconstituer leurs anciennes possessions maritimes. et à

étendre leur influence sur des continents lointains ou sur des îles perdues dans l'Océan.

Les Allemands se querellent avec la Grande-Bretagne pour une bande de terre africaine, et poursuivent la louable ambition d’annexer des colonies en Afrique et dans l'Océan Pacifique à leur formidable empire, qui fait trembler l'Europe.

L'Italie, après avoir pris pied sur la côte orientale d'Afrique, en Abyssinie et sur la côte de l'Océan Indien, dispute à la France la. Tripolitaine.

L'Espagne, toute mutilée qu’elle est, et la France convoitent le Maroc.

L’Angleterre industrielle s’est déjà à peu près emparée pratiquement de la dépouille des Pharaons, et vient d'arborer son drapeau sur toute l'étendue du Soudan.

Toute Europe traverse une crise de croissance et fait des efforts pour s'étendre. |

Et, pour l'Etat de l’'Amazone, qui à lui seul est plus vaste que le. Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique et le Portugal pris ensemble (1); pour l’Amazone qui demande des immigrants dont les échanges profiteront tout de suite à leurs pays d’origine; pour l’Amazone, où l'on trouve déjà le terrain tout préparé, une civilisation qui s'affirme, un marché en possession d'éléments de vie et des avantages sans nombre offerts aux nouveaux venus; pour l’Amazone, situé relativement à peu de distance de l’ancien con-

(1) Superficie du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et d'Irlande. 314.052 kil. car — dela France ee in etes sus ao sep 528.401 — — defliEmpire d'Allemapne er re 539.737 — — de MALE arcar e INST PR UN CU Ce 276.322 — — de: Ja Belgique 2. rh ess na join e eee 29.457 — — du royaume de Portugal avec les Iles............ 02-9702 Formant'un total Hesse den Moro faço eee el 1.781.444 — Superficie de l’État de l’AmMazOne...............s........... 1.867.020 —> Différence en fayeur de l'AmazOne ce tis eia anos a RR RE 115 57 —

tinent et qui peut devenir l’entrepôt de la plus grande partie du commerce des cinq Républiques limitrophes et des Guyanes; pour l'Amazone, on ne tente rien, on ne fait aucun grand projet d'exploiation !

Il est vrai qu’il n’y a pas un seul coup de fusil à tirer, qu'il ne s’agit que d'exproprier là-bas des forêts et des bêtes fauves et que l’on n'a même pas à y redouter l'opposition des tribus d'Indiens, chez qui, au contraire, on trouvera ur élément précieux de main-d'œuvre.

L'Europe a peut-être une excuse à son indifférence : c'est qu'elle ignore en grande partie les ressource de cette région privilégiée. Les beaux travaux qui ont eu pour objet cette incomparable vallée sont dús pour la plupart à des spécialistes, et n’ont pu, par conséquent, pénétrer la masse du public, d'ordinaire étranger à l’attrait des écrits scientifiques. Quelques-uns de ces ouvrages, les meilleurs peut-être, comme ceux de Alex. de Humboldt, de Spix et Martius, du comte de

Castelnau et de L. Agassiz, ont paru à une époque où [attention

n'était pas encore tournée vers les pays lointains.

L'Amazone n’a pas encore été vulgarisé. La presse quotidienne, la seule qui ait prise sur les masses, ne lui a pas encore fait une publicité digne d’elle. Comme les honnêtes personnes, elle ne fait pas assez parler de ses mérites. Depuis 1883, cependant, l’Amazone fait des efforts pour se faire connaître et apprécier. Nous avons pris sur nous cette tâche aifficile autant qu'honorable. Nous nous sommes mis à l’œuvre dans la mesure de nos forces, soutenu par un grand amour pour la patrie, nourrissant les longs espoirs sinon les vastes pensées. Dans les journaux, dans les revues périodiques, dans les brochures, dans les publications de tout genre, par la plume et par la parole, nous avons cherché à répandre de notre mieux des notions exactes sur cette région brésilienne, dont nous avons exhibé les produits, sans aucune aide officielle, aux Expositions d'Anvers, de Beauvais, de Bourges, de Paris et du Musée Commercial de Paris.

Cette propagande n'a pas tardé à porter ses fruits, quelque modeste

qu’elle fût. On commence à s'occuper de |'Amazone et à s'apercevoir de son existence. En Europe, c’est le commencement de la popularité. Déjà, des milliers de demandes de renseignements nous ont été adressées de tous côtés; quelques émigrants sont partis après nous avoir lus ; d’autres se consultent et s’efforcent d'entraîner des compagnons de route, craignant avec raison l’isolement des premiers temps. Il y a l’ébranlement qui précède toute mise en marche.

Ces symptômes nous encouragent à tenter de nouveaux efforts. Mais nous avons besoin d’être secondés dans notre mission. Une seule voix est bien faible, et nous ne sommes plus au temps où elle suffisait à entraîner des peuples à de saintes aventures. L'enthousiasme n’habite plus guère que la poitrine des poètes qui ne sacrifient pas à la muse naturaliste ou le cœur des apôtres. La majorité des hommes n'est sensible qu’aux sollicitations de ses intérêts immédiats. C'estdonc à cet endroit que nous devons frapper. E

Les lecons de choses sont assez de mode. Elles introduisent la conviction par les yeux toujours prêts à se laisser séduire.

Pourquoi ne tenterions-nous pas ce moyen facile, qui Ro aux préoccupations du jour? Pourquoi ne ferions-nous pas venir PAma- . zone en Europe? Pourquoi ne ferions-nous pas toucher du doigt à cette grande incrédule tout ce que notre terre porte dans ses flancs, en

lui disant : Vide latus!

Une simple exposition permanente de nos produits et de nos indus- | : tries suffirait à réaliser ce miracle. S Un Musée Amazonien en Europe, ce serait, pour les amateurs de nouveautés, une attraction sans précédent ; pour les savants, un intéressant et facile sujet d’études ; pour les lettrés et les artistes, un régal de pittoresque; pour les industriels et les négociants, une émulation et un document; pour les économistes, un point de comparaison et de repère; pour tous, un stimulant à Pémigration féconde. º Ce Musée comprendrait deux sections principales. Dans la première, figureraient, méthodiquement classées, avec leur prix de revient et le

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