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Ce chiffre, qui tend d’ailleurs à augmenter rapidement d'année en année, donne, pour une population de 147.915 âmes, une pro= duction de 63 kil. 35 par tête d'habitant. Cette exportation avait, sun
change s’étant maintenu, pendant cette année-là, à une moyenne de
12 d. par 1 # 000 réis papier, cette exportation représentait, en tout, liv. st. 2.176.450 ou, au change de 25 fr. 10 par livre sterling, 54.628.905 francs, donnant une moyenne de près de 370 francs par
tête d'habitant !
36. — Ouvriers seringueiros recueillant le lalex de l'arbre à caoutchouc.
Cette moyenne de production par tête d’habitant ressortira encore mieux si nous la comparons à celle des pays indépendants et des colonies qui avoisinent l'Etat de l’Amazone, en faisant remarquer que, pour cet Etat, nous ne tenons compte que de l’exportation d’un seul
produit — le caoutchouc,—tandis que pour tous les autres nous englo-
bons l’exportation entière de tous les produits et de toutes les mar-
chandises :
Noms des Pays Population Montant de l'Exportation en francs Valeur de l'Exportation par tête d'habitant en francs aison avec l'Etat de l’Amazone.
Compar
Venezuela) da ee 2.323.527 hab.|86.420.615 fr. -| 1.189.800
un SORO
1.202.200 Guyane Britannique (7)| 278.328 Gouvt. de Surinam (8).| 66.037
VI LO LI Qt
Ces données révèlent sous un jour tout à fait favorable la vitalité productive du pays des Amazones.
Ce phénomène économique surprendra bien plus encore si l’on considère qu'il ne dépend aucunement de l’élément étranger, représenté dans l'Etat par un petit nombre d'hommes qui se livrent surtout au commerce. Ce sont des Brésiliens seuls — indigènes de l'Etat ou immigrants d’autres régions du Brésil, surtout de Ceará — qui ont concouru à ces étonnants résultats. Le travail esclave n'est jamais entré pour rien dans cette production. A l’époque où l’institution maudite existait encore, " Amazone comptait à peine un millier
) En bolivars, le bolivar à 1 fr.
) En bolivianos, le boliviano à 3 fr. 12.
) En pesos, le peso à 5 fr.
) En réis, le mille réis à 12 pence, change moyen de l’année 1892. (5) En soles, le sol à 3 fr. 12.
(6) En sucres, le sucre à 5 fr.
(7) En livres sterling, la livre sterling à 25 fr. 10. (8) Données insuffisantes. En 1892, la Guyane néerlandaise accusa un déficit 435.132 florins de Hollande.
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d'esclaves, affranchis, d’ailleurs, depuis le 10 juillet 1884, quatre ans avant que l'abolition totale fût décrétée au Brésil, et tous les districts producteurs de caoutchouc réunis ne possédaient pas même 500 esclaves, employés presque tous, du reste, dans le service domestique et aussi dans l’extraction des produits forestiers. Dans tous les municipes du rio Solimôes, qui comptait alors parmi ceux qui produisaient le plus de caoutchouc et qui fournissait incontestablement le plus de cacao et de poisson sec, il n’y avait, avant l'abolition, que 51
esclaves.
Les chiffres que nous avons cités plus haut méritent qu'on s’y q À
arrête un instant, et qu'on écoute attentivement leur éloquence.
Nous avons donc vu, en dix ans, de 1858 à 1868, la production du caoutchouc se développer dans une proportion extraordinaire, sans l’aide de l'immigration étrangère, l'exportation, durant cette période, ayant atteint 4.363.228 kilogr. Quelque exceptionnelle qu'ait été cette progression décennale, elle n’était pour ainsi dire que le signal
e d’une production plus exceptionnelle encore. En effet, l'exportation d’une seule année fiscale, celle de 1881-82, l’a presque égalée comme quantité, et, grâce à la hausse des prix, elle l’a dépassée de plus du
| double comme valeur.
Mais laissons de côté la production d'il y a trente ans. Considérons les années les plus rapprochées de nous. Les mêmes phénomènes sont plus caractéristiques encore, s’il est possible.
Ainsi, la valeur officielle du caoutchouc exporté pendant les deux années fiscales 1877-78 et 1878-70, années des plus prospères, fut de 6.610 contos.
Or, la valeur officielle du même produit exporté pendant un seul semestre de l’année 1882-83 dépassa le total de la valeur de ces deux
années réunies, d’une somme de près de 360 contos.
Ce n'était, malgré tout, qu'un brillant commencement.
Les trois tableaux ci-après feront mieux constater la progres-
sion des dernières années.
37. — Ouvrier seringueiro revenant de son travail dans la forêt.
Le premier de ces tableaux nous présente l'exportation faite directement de Manäos pour l'étranger, sans passer par le port de Pará.
Le deuxième tableau donne la valeur officielle de cette exportation directe.
Le troisième, enfin, montre l’exportation totale opérée par le port.
de Manäos et comprend toutes les destinations.
E xportation de caoutchouc du port de Manäos envoyé directement à l'étranger.
(en tonnes).
ETATS CO SES ee PEUT ee ie 374. tonnes.
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