‹ Le pays des AmazonesChapitre 72 sur 149 · Ouvrier seringueiro saignant l'arbre à caoutchouc · texte numérisé non relu

Ouvrier seringueiro saignant l'arbre à caoutchouc

Sur la place de Manäos, toutes les affaires se traitent au comptant. Le propriétaire arrive avec sa cargaison; on la classe, selon les 4 catégories admises — fine, moyenne fine, sernamby, caucho ; — on la pèse et on la paie comptant. C'est alors seulement que le propriétaire fait ses comptes avec les ouvriers de son exploitation et rentre

dans les avances qu'il leur a faites dans l’intervalle de deux récoltes.

Ce système, tout étrange qu'il puisse paraître, ne doit pas être des plus mauvais, puisqu'il a permis à la production de s'élever constamment.

De 1858 à 1862, pendant une période de cinq ans, "Amazone a exporté 67,881 1/2 arrobes de caoutchouc, soit 997,380 kilos.

De 1863 à 1868, pendant une nouvelle période de cinq ans, l’exportation s’est accrue sensiblement, puisqu'elle a été de 229.125 arrobes, soit 3.365.848 kilos.

De 1876-77 à 80-81, pendant une troisième période de cinq ans, la quantité exportée s’est élevée à 12.280.532 kilos.

Mais, c'est surtout pendant ces neuf dernières années que l’exportation de cette matière première précieuse a pris un développement surprenant, et, bien que la production ait augmenté extraordinairement, les prix n’ont pas cessé de monter.

Le tableau suivant va nous en donner une idée:

EXPORTATION DE CAOUTCHOUC DE L’AMAZONE Par périodes de 3 ans

(PorT DE MANAOS SEULEMENT) Valeur officielle

Période de 3 ans Quantités en kilogs. Augmentation en contos. Augmentation De 1887 à 1889....... 011-094 ass ere 43:13 000 a — 1890 à 1892......- 11.272.054. 1.760.060. 56.835. 13.699.

En neuf ans, la quantité exportée a triplé et la valeur officielle en a plus que doublé.

Ces chiffres ont besoin d'être étudiés de plus prês.

En effet, le caoutchouc exporté par le port de Manãos se décompose ainsi :

1º Caoutchouc exporté à destination d'autres ports brésiliens et principalement à destination de Pará, soumis à 2: o/o de droits ad

valorem (1):

(1) Loinº 222 du 16 avril 1898, sur la Recette et la Dépense de l'Etat, Manãos, Im= prensa official, 1808.

2° Caoutchouc exporté directement de l’Amazone pour l'étranger, sans passer par l’entrepôt de Pará, et acquittant seulement 18,5 o/o ad valorem, la prime de 2,5 o/o étant destinée à favoriser l'exportation directe de l’Amazone pour les ports d'outre-mer, sans l’intermédiaire de Parà ;

3° Caoutchouc exporté directement pour l'étranger et provenant du rio Abuná et de ses affluents, 10 o/o de moins que le caoutchouc des autres provenances ;

4º Caoutchouc provenant de la rive brésilienne du Javary, qui, jusqu’à l’année 1897, payait à peine 8 o/o ad valorem, afin de décourager la contrebande qui se pratique d’une rive à l’autre, car, comme on sait, la rive droite de ce cours d’eau appartient au Pérou ;

5° Enfin, caoutchouc provenant des Républiques limitrophes (Bolivie, Pérou, Venezuela, etc.) et passant par les ports de l’Amazone sans être assujetti à aucun droit de transit. Cette dernière catégorie n'apporte aucune contribution aux recettes de l'Etat, quoique l’on y ait la certitude qu’une partie de ce caoutchouc est dénationalisée pour échapper aux impôts de sortie.

Pendant l’année 1803, sur laquelle nous possédons des chiffres officiels détaillés, voici quelle fut la répartition de ces diverses catégo-

ries :

Quant. en kilogr.

1º Exportation directe de Manãos pour l'étranger. 4.049.317 2° Exportation par Pentrepôt de Pará........... 5.496.668

Ainsi, pendant cette année là, il est sorti du principal port de PAmazone, en tout, 9.545.985 kilogr., d'une valeur officielle de 46.563 contos ou millions de réis. Dans ces chiffres ne figure pas Pexportation des Républiques limitrophes.

Bien plus : tandis que la production augmente à vue d’œil sur toutes les rivières, la contrebande opère le miracle de la diminution à jet continu sur la rive brésilienne du Javary. C’est ainsi que, pendant le premier semestre de 1806, la production de cette pro-

venance avait été de 422.332 kilogr. d’une valeur officielle de 2,392 contos. Or, pendant la période correspondante de 1897, elle ma plus été que de 112.649 kilogr..d'une valeur officielle de 825 contos, Il est urgent de mettre un terme à ces fraudes éhontées, qui dureront tant que le gouvernement fédéral n'aura pas signé de nouveaux |

traités de commerce avec les Républiques voisines.

En 1882, lorsque nous donnions pour les deux provinces = aujourd’hui Etats — de l'Amazone et de Pará, conjointement, une | exportation de 13,800.000 kilogr., le savant M. Emile Levasseur sembla mettre en doute ce chiffre, qui ne lui paraisait pas en rapport avec la population ciair-semée des deux provinces. Il peut constater maintenant que l’Amazone, à lui seul, est en train d'exporter près de. 10 millions de kilogr. par an.

Voici en effet, pour l’année 1892, la provenannce des 9.371.111. kilogr. de caoutchouc entrés dans le port de Manäos pour en être | exportés, ces chiffres ne comprenant pas les provenances des Républiques limitrophes, passées en transit, mais uniquement le caout-

chouc amazonien-brésilien :

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