‹ Le pays des AmazonesChapitre 96 sur 149 · Edifice scolaire, à Manaos · texte numérisé non relu

Edifice scolaire, à Manaos

la dépendance de la province de Pará. Elle fut établie dans le quartier Saint-Vincent de la ville de Barra-do-rio-Negro (aujourd’hui Manäos), où, dix ans après, la loi n° 151 du 25 novembre 1849 établit aussi une école primaire pour le sexe féminin.

Ainsi donc, il y a 61 ans, à l’époque où cette comarque devint une province, l’Amazone possédait tout juste deux écoles primaires publiques !

En 1852, lorque ce territoire eut une organisation séparée et cons-

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titua la province de l’Amazone, quatre écoles publiques primaires furent créées à Silves, à Itacoatiara, à Moura et à Thomar.

En 1853, neuf écoles nouvelles se fondèrent, pour les garcons seulement, à Villa-Bella, aujourd’hui Parintins, à Canuma, à Maués, à Borba, à Teffé. à Sam-Paulo-d'Olivença, à Sam-Gabriel, à Barcellos et à Coary.

L'année suivante, la loi nº 27 du 9 septembre 1854 pourvoyait enfin à l'éducation des filleset instituait pour elles une seconde école primaire à Teffé.

Nous ne possédions donc, il y a 45 ans, que seize écoles primaires sur toute l'étendue de notre grande province ; et vingt-sept ans après, en 1881, nous ne disposions encore que de 40 écoles primaires, dont un certain nombre même manquaient de titulaires. La province dépensait alors environ 53 contos pour son instruction publique et n'obtenait que d’assez maigres résultats, puisque la fréquentation se traînait entre 1,000 et 1,500 élèves.

Depuis cette dernière date, 1881, une ère nouvelle a commencé pour notre enseignement public. Une direction énergique lui est imprimée, un essor considérable se dessine. On a compris enfin l’importance capitale de créer des citoyens instruits et capables d'élever le niveau intellectuel des populations amazoniennes. Le gouvernement local n’a pas voulu que les progrès matériels, que les développements futurs de l’agriculture et de l’industrie, aillent seuls et ne reposent que sur des bases incertaines. Il s’est appliqué à vaincre l'ignorance, comme il a pris à cœur de combattre l'esclavage et d'assurer les bienfaits d'une prompte et sérieuse immigration. Il a compris qu’une nation, pour prospérer, doit en même temps avoir souci de ses intérêts moraux, intellectuels, religieux et purement matériels, et qu'il est toujours dangereux d'isoler ces quatre facteurs de toute véritable civilisation.

C’est pourquoi l’on a eu raison d'écrire: « Il existait, il y a environ

deux mille ans, au sud de l’Europe, un tout petit peuple, de deux

ou trois millions d'hommes, si pauvre, qu'il payait ses ambassadeurs 9 ,

7 fr. 5o par jour, dont les flottes se composaient de barques de cabo-

tage, et dont les armées auraient à peine formé deux ou trois régiments: il s'appelait la Grèce. Il y avait aussi, de l’autre côté de l’Egée, un empire immense, riche à milliards, qui possédait toute VAsie, de la mer des Indes au Pont-Euxin, qui avait des flottes, des milliers de vaisseaux et des armées de millions d'hommes, la Perse. Et

aux yeux de l’histoire et de la postérité, la grande nation, c'est le

petit peuple, la Grèce: et la nation barbare, c’est l'immense empire,

la Perse (1). »

Eh bien, nous n'avons pas voulu que l'immense patrie amazonienne soit un jour taxeé de nation barbare: nous n'avons pas voulu être accusés de construire sur le sable et de faire de la propagande pour la barbarie. Nos compatriotes, s'inspirant du bel exemple

donné par la plupart des nations qui sont à l'avant-garde des peuples,

n’ont pas hésité à mettre la plus belle part de notre budget au service

de l'instruction et de l’éducation des masses. Ils n’ont rien ménagé |

pour arriver à une prompte transformation de notre enseignement

primaire et pour le mettre à la hauteur des aspirations nationales.

Les crédits consacrés à l’instruction publique, sous toutes ses for- |

mes et à tous ses degrés, font le plus grand honneur aux législateurs locaux.

Les résultats qui ont déjà été obtenus font bien augurer de l’avenir de l’enseignement et de la marche évolutive des esprits.

En effet, pendant l'exercice 1898, les crédits alloués se sont élevés à 1.737 contos ou millions de réis, sans compter les sommes allouées au théâtre que nous nous refusons à considérer, étant donnée son organisation actuelle, comme un moyen d'instruction et de moralisation, et les crédits destinés à l’imprimerie de l’Etat (plus de 51 con-

tos pour celle-ci et environ 232 contos pour celui-là.) Le

(1) Voir: Les découvertes de la science sans Dieu, par Eugène Loudun.

Les recettes étant estimées pour cet exercice à la somme de 17.958 contos, il est facile de constater que " Amazone consacre aujourd’hui à son enseignement près du dixième de sa recette. Il y a des Etats en Europe qui n'atteignent pas à ce degré de libéralité bien calculée.

Les ressources de ce budget servent à pourvoir aux dépenses et à l'entretien de:

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